La Tribune du Sport


Ronaldo, l’ambiguïté du « phénomène »

Posted in Dopage,Foot' International par Roland Richard sur 12 juin 2011
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Source : Jornal Brasileiros JBG via Flickr

Le 14 février dernier, lorsque Ronaldo Luis Nazario de Lima, dit « Ronaldo », a annoncé sa retraite sportive à 34 ans, un frisson désagréable a parcouru l’échine de tous les amoureux du ballon rond. (more…)

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Football et dopage : les révélations !

Source : LesDessousduSport.fr

Ce premier article sur le dopage dans le football a pour objectif d’expliquer, à la lumière du livre de Jean-Pierre de Mondenard, pourquoi le dopage est efficace dans le football et pourquoi les contrôles effectués par les instances du football ne le sont pas.

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L’affaire Agassi sonne-t-elle le glas du silence sur le dopage dans le tennis mondial ? (2ème partie)

Posted in Dopage par Roland Richard sur 17 novembre 2009

Lire le début de l’article…

Diagana met les pieds dans le plat…

Et c’est précisément ce qui fait désordre. Comme l’explique très bien Stéphane Diagana sur son blog, s’il a été déçu de la nouvelle, il n’en pas été étonné pour autant : « mon absence de surprise ne repose pas sur une suspicion particulière vis-à-vis d’André Agassi, mais sur le fait que je nourris depuis longtemps un soupçon systémique sur l’organisation de la lutte antidopage dans le tennis professionnel. »

Pour l’ex-double champion du monde du 400m haies, l’affaire est claire. Le tennis contient en lui les germes d’une incitation répétée au dopage. Dans son article, s’ajoutent aux critères sportifs énoncés plus haut, les enjeux financiers colossaux qui entourent la balle jaune et l’énorme pression psychologique qui pèse sur les joueurs et les joueuses au jour le jour puisque le classement mondial est modifié chaque semaine en fonction des résultats. C’était d’ailleurs cette dernière raison que Marat Safin avait avancé comme principale justification à son départ en retraite. En effet, être classé dixième mondial, trentième, soixantième ou centième n’implique pas du tout les mêmes revenus pour le sportif. C’est du simple au décuple… et le niveau de vie fait les montagnes russes (sans mauvais jeu de mots).

Pour Diagana, l’absence de contrôles positifs réguliers ne peut tenir qu’à ce qu’il appelle une « connivence » entre les joueurs/joueuses de tennis d’un côté et l’ATP/WTA de l’autre. Ayant lui même eu connaissance dans les années 1980 du procédé selon lequel le joueur dopé se verrait signifier poliment par l’institution dirigeante de ne plus se présenter pendant un certain temps dans les tournois, le Français souligne que des soupçons pèsent sur un certain nombre de joueurs/joueuses, notamment sur Justine Hénin et sur les raisons de sa retraite sportive.

L’ATP et la WTA ne révéleraient pas les cas de dopage majeurs pour protéger leur image et donc leurs finances…

Pour conclure, l’ex-athlète explique que cette opacité et ces sanctions silencieuses permettent à la fois au joueur de préserver son image et à l’institution de se « donner bonne conscience ». Or c’est précisément cette image, celle d’exemple à suivre pour les jeunes, mais également celle si précieuse sur le plan marketing, qu’il ne faudrait surtout pas ternir. Faute de quoi, la conséquence serait une sanction financière immédiate tant pour les sponsors que pour les télévisions et donc bien sûr pour les associations fédérales qui dirigent le sport en question.

Diagana termine en expliquant le fondement même du problème que nous soulevions précisément dans l’émission du 14 novembre dernier : « En « protégeant » Agassi en 1997, l’ATP a tout d’abord choisi de se protéger elle-même de conséquences financières désastreuses. Mais en agissant de la sorte, elle rend suicidaire sur le plan économique toute démarche de lutte anti-dopage honnête et transparente de la part des autres sports. L’athlétisme, le cyclisme et de nombreux autres sports qui progressent vers la transparence depuis une bonne dizaine d’années sur le plan de la lutte antidopage sont injustement stigmatisés et en paient le prix fort sur le plan économique. »

Comme l’équipe de l’émission le disait bien samedi, le problème du dopage et du cyclisme réside avant tout dans une préoccupation financière … En somme, on peut raisonnablement et assez cyniquement annoncer que l’histoire du dopage dans le tennis ne fait qu’écrire ses premières pages…

L’affaire Agassi sonne-t-elle le glas du silence sur le dopage dans le tennis mondial ? (1ère partie)

Posted in Dopage par Roland Richard sur 17 novembre 2009

Source : Fantoo.com

Star incontournable du tennis mondial, huit fois vainqueur en Grand Chelem et premier joueur de l’ère Open (1968 à nos jours) à s’imposer dans les quatre majeurs (et en l’occurrence sur les quatre surfaces), André Agassi est tout bonnement le tennisman qui fut, au-delà de son immense talent, le plus charismatique de sa génération. Loin de l’apparente froideur et du côté bien peigné de son compatriote, Pete Sampras, l’Américain avait cultivé une image de joueur rebelle et attachant. Alors que s’est-il passé ?

Les faits

1997, une année noire pour le futur détenteur du record de victoires en Masters Series (devenus Masters 1000) avec pas moins de dix-sept titres engrangés. Mais cette saison-là, le « Kid de Las Vegas » n’est pas au sommet, il s’agit même de sa pire saison sur le circuit. Aucune participation en Grand Chelem avant l’US Open où il est éliminé dès les huitièmes de finale.

Seule 1986 fut une saison moins bonne (participation à l’US Open uniquement et défaite au premier tour), mais il s’agissait de sa première année sur le circuit professionnel. Agassi s’explique sur sa pratique dopante dans une interview accordée à Reuters lundi : « J’ai dit et je redis que j’ai fait un choix pour me faire du mal, pour me détruire lors de cette horrible année où j’ai plongé dans la drogue. Je ne gagnais rien, j’abandonnais tout. En ce qui me concerne vous pouvez retirer cette année de ma vie. »

Difficile cependant de croire le champion puisqu’il s’avère que tout comme la… cocaïne, la méthamphétamine est classée avec les « S6. Stimulant » par le site dopage.com. Son effet est donc très précisément celui que recherchent, de manière classique, les joueurs et joueuses de tennis : « Ces substances visent à accroître la concentration, l’attention et diminuer artificiellement la sensation de fatigue. »

Mais alors pourquoi avouer tout cela, risquer des ennuis judiciaires et l’opprobre mondiale ?

La question a très vite émergé avant même que ne sorte le livre : pourquoi prendre un tel risque, trois ans après son retrait du circuit fin 2006 ?

André Agassi fournit lui-même un premier élément d’explication. Il voulait « partager sa vérité », une vérité qu’on entend assez facilement comme le soulagement d’une conscience troublée. Avoir tant connu de succès, avoir été tant de fois adulé et s’être drogué dans le secret, c’était sans doute trop pour un homme dont l’arrivée dans le tennis fut extrêmement précoce.

Poussé dès son plus jeune âge à la pratique du tennis par un père intransigeant qui le perçoit comme un génie promis à un avenir radieux, André voit son père, Mike Agassi, lui mettre très (trop) vite une raquette entre les mains. A quatre ans, il frappe la balle avec Connors, à six avec Borg. A la surprise de Rafael Nadal, actuel numéro deux mondial, c’est alors qu’André Agassi apprend à « haïr le tennis ».

Produit façonné par son père et voué au tennis malgré lui, cette détestation viscérale est sans aucun doute l’une des origines de cette confession. Gifler le tennis mondial pour ce qu’il génère comme violence et ce qu’il suscite comme envie.

Brutalisé dans son corps et dans son esprit, il s’agissait peut-être aussi pour Agassi de démythifier le sport mondial. Sortir d’un dopage présenté comme l’apanage exclusif du cyclisme et de l’athlétisme. En ce sens, le tennis jouit d’une propreté singulièrement admise par tout un chacun et ceci en dépit de la longueur de la saison, du nombre de matchs disputés, de la progression de la vitesse du jeu et des décalages horaires innombrables.

Or l’affaire Agassi révèle bien qu’il y a eu complaisance de la part des institutions. Contrôlé positif, l’Américain avait en effet menti sur la façon dont le produit était arrivé dans son corps. Loin de contester cette version pratique, l’ATP avait classé le dossier sans suspendre le joueur.

Lire la suite de l’article…

Dopage : une nouvelle voie est-elle possible ?

Posted in Dopage par Frédérick Bridonneau sur 28 octobre 2009

Source :Bloc.com

Le dopage perçu comme un fléau : une vision de l’esprit

Le dopage ne peut se résumer à la prise de produits illicites comme bien souvent cela nous est présenté. Bien sûr, la prise d’EPO ou autres produits dopants mal utilisés est dangereuse pour la santé mais ne constitue que la face visible du dopage moderne.

Quand on regarde le pourcentage d’asthmatiques dans une population dite « normale », le taux tourne autour de 6%. Mais lorsque l’on regarde de plus près les chiffres du Tour de France, environ un tiers du peloton souffre de cette maladie (30%). Bien évidemment les efforts consentis par les uns et les autres est différent mais cette différence ne peut être résumée à l’asthme de l’effort (un être humain respirant par le bouche respire directement l’air vers ses poumons sans qu’il soit filtré par le nez, ce qui permet en théorie d’avaler jusqu’à 200 L/M contre 80 en temps normal).

Ainsi, il est probable que dans cette population, tous ne soient pas asthmatiques ou bien alors le Parisien en mauvaise santé qui court pour attraper son métro ou son train souffrirait d’asthme (i.e. : pour souffrir d’asthme de l’effort, 6 à 8 minutes d’efforts et de respiration par la bouche suffisent).

D’un produit dopant lourd (type EPO), on peut rapidement glisser vers un dopage plus sournois parce que moins suspect tel que les prises médicamenteuses massives. A titre d’exemple, les corticoïdes peuvent avoir un effet dopant parce qu’antidouleur… Or les corticoïdes se prennent dans des quantités bien supérieures à celles de la ventoline lorsque l’asthme fait souffrir en plus d’encombrer les bronches, fait souffrir. Je ne m’attarderais cependant pas sur les effets des corticoïdes, notre bon ami Google vous en apprendra sûrement plus que moi. Mais le premier pas est fait. Le dopage n’est pas seulement la pratique obscure de la piqure Virenque ou de la drogue festive à la Peter De Villiers, sans parler du dopage technologique que Roland vous détaille à merveille dans son article sur les combinaisons.

Source : Barracudas.ca

Doit-on accepter le dopage caché ?

La réponse est bien évidemment non. Car très souvent, il nous ramène à des pratiques sordides mettant clairement en danger l’intégrité physique et parfois même psychologique du joueur. On est aujourd’hui pratiquement sûr que le joueur ignore ce qu’il prend sans avoir conscience des risques qu’il encourt. Ainsi, on lui retire son libre arbitre.

Sans parler de l’hypocrisie des instances dirigeantes qui ont constaté avec effroi l’impact négatif en matière d’image qu’a déclenché la lutte antidopage pour les sports qui l’ont instaurée, comme le cyclisme ou l’athlétisme. Ils ont ainsi délibérément fermé les yeux sur ces pratiques dopantes pour éviter de nuire au sport-business et au sport-spectacle que les compétitions proposent.

Une troisième voie est possible

A mon sens, la solution passe par une transparence totale : vis-à-vis de l’athlète, du corps médical et des instances. En assurant la communication et un échange des produits, nous pouvons ainsi mieux effectuer les suivis médicaux des sportifs et éviter sans doute des accidents graves. De plus, pousser ces « découvertes » pourrait permettre de nouvelles applications dans le monde hospitalier. Pour les athlètes, on pourrait aussi, grâce à ces découvertes, diminuer les effets secondaires des produits dopants tout en informant l’athlète des risques qu’il encourt et donc en lui rendant son libre arbitre et en le rendant responsable de ses actes.

Qu’il s’agisse des chasseurs de dopés ou des béni-oui-oui naïfs croyant encore que le dopage n’est pas généralisé, l’hypocrisie qui règne actuellement dans le monde sportif nous mène clairement vers une impasse voire vers une cassure entre le monde sportif et le spectateur. Pour éviter cela, il faut impérativement que ce dernier sorte du schéma binaire dépassé, « ils sont tous pourris » ou « j’en ai assez d’être pris pour un c** » lorsqu’il perçoit le dopage comme marginal et qu’il détruit la vision saine du sport que fabrique le monde du sport.

L’être humain a toujours cherché à domestiquer la nature et à conquérir le monde pour l’adapter à son mode de fonctionnement, recherchant une amélioration constante de son mode de vie. De la création d’outils jusqu’à une assistance informatisée, l’Homme a repoussé ses limites tout en essayant d’améliorer sa capacité de production. La question soulevée est la suivante : en quoi l’athlète est-il différent du reste de l’Humanité et de quel droit pourrions-nous le priver de la recherche de la sublimation ?

Il s’ouvre aux sportifs un nouveau monde que nous nous devons d’accompagner pour rendre à ce performeur sa dignité humaine grâce à son libre arbitre. On doit lui permettre, comme à tout être humain, l’accès à une technologie qui est au service de l’Homme. Or dans l’état actuel des choses, cette technologie est appliquée au détriment de sa santé, lui faisant pâtir d’une situation qu’il ne maîtrise bien évidemment pas.