La Tribune du Sport


Contador était peut-être innocent

Source : Republicain-Lorrain.fr

On a appris lundi dernier la suspension du cycliste espagnol Alberto Contador pour deux ans en raison d’un dopage supposé aux anabolisants (clenbutérol) en juillet 2010. Vainqueur du Tour de France cette même année puis du Giro en 2011, Contador a donc perdu ces deux titres majeurs et sera suspendu jusqu’au 5 août prochain. Comment une telle chute s’est-elle dessinée ? Retour sur les faits et remise en perspective des éléments qui tendent à faire penser que Contador n’était peut-être pas coupable. (more…)

La Grande Boucle sera-t-elle propre ? (2ème partie)

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 29 juin 2009

Source :Snapeo

Dans la première partie de ce dossier (pour la lire), nous avons montré combien il est utopique (pour l’instant) d’espérer un Tour propre. La lutte antidopage a du retard face aux avancées et ingéniosités des laboratoires pharmaceutiques et les coureurs ont mille moyens de se doper sans risquer de se faire prendre la main dans le sac.Mais le constat de la porosité de l’antidopage cache-t-il une situation en amélioration ?

Le cyclisme est le nouveau phare de l’antidopage. Vous voulez du sport propre ? Regardez le Tour de France.

Peu de sports ont pris à bras le corps la question du dopage. Le cyclisme est entré en guerre contre les pratiques consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d’augmenter artificiellement les capacités physiques ou mentales. Depuis le Tour 1998 et l’affaire Festina, chaque année a son lot de gros poissons qui tombent dans les filets de la justice sportive : Pantani et Botero (1999), Igor Gonzalez de Galdeano et l’Actovegin dans les poubelles de l’US postal (2000), mise en examen de 64 coureurs au Giro dont Ulrich et Frigo (2001), Simoni , Ulrich et Rumsas (2002), Museeuw (2003), Cofidis, Kelme et Hamilton (2004), Heras et Frigo (2005), opération Puerto et Landis (2006), Mayo, Vinokourov, Rasmussen (2007), opération Humanplasma, Kohl et Ricco (2008). Même Armstrong a été pris la main dans le sac par la passé avec un contrôle positif effacé par un certificat médical antidaté et bidon. Les pertes humaines sont nombreuses et ce ne sont pas que les petits qui tombent, les grand payent aussi un lourd tribut à l’opération nettoyage. Il faut accepter l’idée que plus on recherche, plus on a des chances de trouver. En proportion du nombre de contrôles, le cyclisme est un des sports les moins touchés par le dopage.

La démarche de recherche du dopage dans le vélo n’est pas artificielle dans une période ou beaucoup de sports communiquent plus qu’ils n’agissent. Par exemple l’EPO, substance star dans le cyclisme, l’athlétisme ou le ski de fond… n’est même pas recherchée dans le rugby lors des Coupes du Monde. Comprenez, l’amélioration de l’endurance n’est pas considérée comme utile au rugby, pour les professionnels de ce sport, c’est « trop technique » !

Source :France Football

Au foot c’est encore pire car tous les éléments sont sous notre nez, il suffit juste de les assembler et de ne pas fermer les yeux. Les exemples sont innombrables : Marcel Desailly qui explique dans son autobiographie qu’en 1992 son équipe prenait, sur le conseil du président, des cachets dont il ne connaissait pas la composition ; le procès de la Juventus qui révèle que Didier Deschamps avait des taux d’hématocrites bien trop élevés et bien trop fluctuants pour être normaux (pour rappel, en cyclisme, il n’aurait pas eu le droit de s’aligner à la moindre épreuve du fait de son hématocrite régulièrement à 52%) ; ou encore Cannavaro filmé le soir de la finale de la coupe de l’UEFA 1999 en train de se piquer (voir la vidéo) et qui, malgré cela, obtient le ballon d’or en 2006 (cf. photo ci-contre) ; ou même Sagnol qui reconnaît sur le plateau de Téléfoot avoir conseillé un produit dopant à Vieira (c’était de l’Actovegin, du sang de veau). Ce qui est incroyable, c’est que tout le monde s’en fiche, personne ne reprend l’information, laissant les sportifs se tuer à petit feu.

En cyclisme, un tel déni des faits serait impossible puisque la moindre rumeur est exposée sur la place publique et aussi parce qu’il est bien plus difficile d’enterrer une affaire. La raison ? Les médias fouinent et les organisateurs surveillent.

Mais alors, à quoi ressemblerait une lutte contre le dopage non-artificielle ?

Tout d’abord, la lutte contre le dopage dans le cyclisme est à la pointe du progrès scientifique. Le cyclisme fut le premier sport à détecter l’EPO, à mettre en place un passeport biologique puis à rechercher les transfusions sanguines, puis par la suite les auto-transfusions sanguines. Seule la petite reine innove.

Source :Sport24

La clé de la réussite c’est la guerre éclaire, il faut agir vite avant que n’apparaisse sur le marché une nouvelle substance. En 2008, cette stratégie de Blitzkrieg a permit de faire chuter le cobra et sa garde (Ricardo Ricco et ses coéquipiers de la Saunier Duval, cf. photo ci-contre) mais aussi d’adresser un signal fort au peloton en congelant les échantillons de sang pour faire des recherches de dopage au fur et à mesure de l’arrivée des nouvelles méthodes de détections de substances. Cette année, rebelote, l’AFLD annonce par la voix de son président Pierre Bordy "une méthode et un produit dopants dont les cyclistes ignorent qu’ils peuvent être détectés seront contrôlés sur le prochain Tour de France". Est-ce du bluff ? Peut être mais dans tous les cas, certains cyclistes vont se présenter au Tour avec appréhension. L’AFLD introduit du doute dans l’esprit des fraudeurs et c’est la meilleure résistance possible.

Alors qui va se faire tirer les oreilles en juillet ? Les frères Schleck ? Un Astana ? Cadel Evans ?

La Grande Boucle sera-t-elle propre ? (1ère partie)

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 26 juin 2009

Ne perdons pas de temps en vaines conjectures et soyons franc, le tour 2009 ne sera pas propre, il y aura du dopage et pas qu’un peu. La piqure, les pilules, les transfusions vont influer sur la course. Il est possible de dire cela pour plusieurs raisons :

Tous les coureurs ne seront pas testés.

Il n’y a que la veille du départ où chaque cycliste devra se soumettre à un test d’hématocrite : en cas de dépassement du taux de 50% d’hématocrite dans le sang, c’est-à-dire ce qui oxygène le sang et donc ce qui permet d’être endurant, interdiction de prendre le départ.

Après quoi, seuls quelques coureurs sont contrôlés au hasard chaque jour (dont le maillot jaune et le vainqueur d’étape). Ainsi certains coureurs ne donneront aucun prélèvement d’urine, de sang ou de phanère à l’agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

Enfin, en cas de problème, un coureur a toujours la possibilité d’abandonner s’il sent qu’il sera contrôlé prochainement, quand ce n’est pas un retrait massif de l’équipe (ex : les abandons suspect dans l’équipe Barloworld durant le tour 2008).

Un contrôle antidopage ne permet pas de chercher l’ensemble des substances interdites.

Pour chaque échantillon, on recherche certaines substances et jamais tous les produits. Exemple : si un cycliste prend de la DHEA (stéroïde qui avait été retrouvé dans les cheveux de footballeurs en mars 2009, cf. émission du 18 avril dernier) mais que le jour du contrôle, on ne recherche pas la DHEA, il n’est pas repéré. C’est aussi simple que cela et c’est pourquoi l’AFLD effectue un ciblage des substances qui seront dépistées. Par exemple, durant le tour 2008, l’AFLD avait mis l’accent sur la CERA, une EPO de troisième génération (l’EPO augmente sensiblement le taux d’hématrocrite et permet donc d’accroître l’endurance), avec le succès que nous savons.

Rien ne dit que le contrôle sera positif

Et encore, même si le cycliste est contrôlé dans une période de visibilité du produit, et que celui-ci a pris une substance ciblée (par chance !) par le contrôleur… rien ne dit que le contrôle sera positif. En effet, il existe des méthodes et des produits masquants, qui dissimulent le dopant (ex : L’albumine et le grain de riz de Manzano, qui agissent après seulement 4 minutes et 20 secondes).

Passer au travers des mailles du filet est assez facile. Un coureur qui s’y prend bien ne doit normalement pas se faire prendre. Qu’importe la volonté politique, le dopage triomphera.

Mais n’a-t-on des motifs d’espoir ? Le tour de France n’est il qu’un défilé en l’honneur des laboratoires pharmaceutiques ? L’AFLD a-t-elle perdu d’avance ? Analysons cela dans une seconde partie.

Boonen, l’empereur déchu (2ème partie)

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 18 mai 2009

Source :L’equipe

Dans la première partie de ce dossier nous avons vu combien Tom Boonen occupe une place à part dans le cyclisme belge de part son fantastique palmarès mais aussi de part sa facile victoire lors du Paris Roubaix 2009.

Aujourd’hui, un premier obstacle se dresse sur le chemin de Tommeke : Il doit s’extirper sans dégâts de son contrôle à la cocaïne et de sa déclaration sur son « lourd problème avec l’alcool ».

Tout d’abord, Tom Boonen va avoir des soucis avec la justice pénale belge. En effet, il était dans une période probatoire de trois ans suite à son contrôle positif de l’année dernière. Cette période probatoire a été rompue donc il sera renvoyé devant le juge correctionnel pour les deux infractions (celle où il a obtenu un sursis probatoire et celle de 2009). Sans les détails sur la perquisition effectuée à son domicile par la justice, il est difficile de se prononcer clairement, mais nul doute que Tom Boonen aura du mal à échapper à une peine de prison (au mieux du sursis, au pire 5 à 6 mois de prison ferme), sans oublier la très lourde amende à laquelle il sera assurément condamné.

Sur le plan du disciplinaire sportif, Tom Boonen ne risque rien suite à un contrôle positif à la cocaïne hors compétition. En effet, le règlement antidopage de l’UCI divise bien les substances et méthodes dopantes en deux familles ; celles interdites seulement en compétion et celles qui le sont également hors compétition. Ainsi, les stimulants, narcotiques, les cannabinoïdes, et les glucocorticoïdes ne sont proscrits que durant les compétions et à partir des 48 heures précédant la compétition. La cocaïne étant un stimulant, et Tom Boonen ayant été contrôlé durant une plage de repos où il ne participait à aucune compétion, il ne risque aucune sanction de la fédération belge de cyclisme.

En revanche, Boonen n’est pas à l’abri des sanctions sportives indirectes. Tout d’abord, il a été mis à pied par son équipe qui lui

Source :L’equipe

 reproche principalement une violation de son contrat et une atteinte à l’image du sponsor. Les responsables de la Quick Step ont indiqué que Boonen ne serait pas licencié mais suspendu pour une durée indéterminée. Il lui sera infligé, en plus, une lourde amende disciplinaire. Ensuite, le cycliste et son équipe sont convenus d’un suivi médical pendant au moins un an. Il aura des consultations hebdomadaires dans un centre d’aide spécialisé dans les cas de dépendance lourde où il devra régler également son « problème » avec l’alcool. Il devra en outre se soumettre très régulièrement à des contrôles d’urine et des tests capillaires.

Enfin, Tom Boonen endossera pour quelques temps le costume du pestiféré que personne ne voudra voir venir dans sa course. Le premier à dégainer fut le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, en déclarant : "Il est évidemment impossible que Tom Boonen soit au départ du Tour". Pour rappel, Il était arrivé la même mésaventure à Tom Boonen l’année dernière lors de son premier contrôle à la cocaïne, il fut exclu en amont du Tour. Christian Prudhomme justifie cette exclusion par des raisons éthiques expliquant que Tom Boonen a eu « un comportement qui n’a rien à voir avec une pratique responsable du sport ». L’avocat du Belge prévoit de déposer devant la justice française un recours contre la décision de Christian Prudhomme en invoquant l’argument que la cocaïne n’est pas un dopant hors période de compétition et donc que le Tour de France ne peut pas invoquer un préjudice d’image qui n’est constitué que par un dopage ou un début de preuve de dopage. La décision du Tour contreviendrait au droit d’exercer son activité professionnelle. Il est évident que les juristes du sport attendent avec impatience la réponse du juge car le privilège de sélection des équipes et des coureurs par les organisateurs d’une compétition sportive n’est pas encore clairement délimité. C’est alors au juge d’encadrer ce droit au choix.

L’année 2009 restera pour Tom très certainement une année noire de laquelle il aura du mal à rebondir sportivement, pris entre la fureur du public belge qui se sent trahi, la traque des journalistes à scandales, la bagarre juridique pour participer au Tour de France, le procès pour consommation de drogue (faut-il ajouter la détention ?) et le suivi médical imposé.

Un retour en 2010 est envisageable mais sur quels projets ? Quelles courses ?

Lire la première partie de l’article

Boonen, l’empereur déchu (1ere partie)

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 15 mai 2009

Tom Boonen est un cycliste belge né en 1980. Il est professionnel depuis 2002. Il intègre d’abord l’équipe US Postal (1 an) puis il rejoint la Quick Step de Patrick Lefévère. A une période où le cyclisme belge cherchait un successeur à Johan Museeuw, Tom Boonen a très vite représenté l’espoir d’un pays. Il est monté sur le podium de Paris Roubaix dès sa première année professionnelle et a accumulé les places d’honneur dans les Classiques du Nord (Het Volk, Gand Wevelgem, Ronde Van vlanderen etc.)

Source :Bicycling.com

En 2004, il montre qu’il est également un grand sprinteur, capable de triompher dans les arrivées groupées en remportant deux étapes du tour de France et de nombres courses annexes. L’année 2005 est peut-être celle de la consécration puisqu’il va gagner en maturité sur ces Classiques du Nord et être le plus rapide du peloton. Sur le pavé, Tom Boonen va écœurer ses adversaires en faisant, « à la pédale », la différence sur la Ronde Van Vlanderen et durant Paris Roubaix, exploit très rare. Il remportera deux étapes du tour de France et sera sacré champion du monde à Madrid. L’année suivante, il gagnera un second Tour des Flandres et se classera second à Roubaix. En 2007, hormis sa conquête du maillot vert sur le tour de France, il effectuera sa plus mauvaise saison. Sa saison 2008 où il gagnera un troisième Paris Roubaix sera entachée par son contrôle positif à la cocaïne le 25 mai, ce qui lui fermera les portes du Tour de France. Cette sinistre affaire a fortement ternie l’image de Tomeke et certains observateurs lui prédisent alors une destiné tumultueuse à la Frank Vandenbroucke.
Cette année 2009, Boonen, après avoir remporté le Tour du Quatar, verra sa suprématie grandement remise en cause par sa défaite dans le Grand Prix E3 face à l‘Italien Filippo Pozzato et la victoire dans le Tour des Flandres de son coéquipier Stijn Devolder qui double la mise après le trophée obtenu l’année d’avant. Tom Boonen ne parait plus si souverain, tant dans son equipe et l’emergence d’un autre leader en la personne de Devolder mais aussi de jeunes loups comme Sylvain Chavanel ou Kevin De Weert, ou enfin de solide adversaires dans les autres formations ( Cancellara, Host, Hincapie, Flecha, Pozatto et Haussler).

 

 

Source :Ouest France

Le Paris Roubaix 2009 s’annonçait épineux pour le belge. Il n’a pour autant jamais semblé particulièrement en danger et son contrôle de la course fut quasiment irréprochable. A la sortie de la tranchée d’Arenberg, première grande difficulté du parcours souvent cruelle avec ses nombreuses chutes, il surgit du secteur pavé en tête dans un groupe de 25 coureurs comptant les principaux favoris. A 67 kilomètres de l’arrivée, les Saxo Banque de Cancellara tentent un coup de poker en provoquant une bordure qui fait exploser le groupe en 6 ilots à la dérives mais Boonen ne flanche pas. Au secteur 12, dit secteur d’Orchie, Boonen relance le groupe de tête. Un kilomètre plus loin Haussler cherche à prendre la poudre d‘escampette mais Boonen le marque à la culotte. A 30 kilomètres de l’arrivée, il ne sont plus que 6 en tête, Boonen, Pozzato, Hushovd, Flecha qui ne prend aucun relais et les deux représentants de la Silence Lotto. C’est au carrefour de l’arbre que se fera la décision finale, Tomeke décide de partir seul et personne ne peut lui résister. Dans cette course, il aura géré son avantage et fait parlé autant sa science de la course que sa puissance physique.

Deux semaines après sa fantastique chevauchée sur les pavés roubaisiens, Tom Boonen est contrôlé positif à la cocaïne, comme en 2008. Ce deuxième contrôle positif hors compétition met-il en danger sa carrière ? Est-ce la fin pour Tom Boonen ? Peut il revenir et même gagner une ardennaise ou mieux encore le Tour de France ?

Lire la seconde partie de l’article

Franck Schleck, la fumée et le feu

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 11 décembre 2008

Source : KC Rosa

Franck Schleck est une des stars du peloton. Cycliste luxembourgeois de 28, il fait partie de l’équipe saxo bank ( ex csc) sorte de Real Madrid du cyclisme et s’est illustré dans sa carrière principalement dans les courses d’un jour même si il a montré une certaine prestance dans le tour de France 2008 qu’il a terminé 6ème.

Lors des championnats du monde de Varèse en septembre 2008, il fait l’objet d’une perquisition dans son hôtel suite à la découverte d’un virement bancaire de lui-même sur le compte du tumultueux professeur Fuentes. Il sera mis à pied par son équipe en attendant l’instruction de l’affaire devant la fédération luxembourgeoise.
 
Le Dr Fuentes est le cerveau d’un vaste réseau de dopage sanguin découvert au printemps 2006. Cette affaire, appelée Puerto par les medias, a entraîné les mises au placard de nombreuses têtes d’affiche de l’époque comme Jan Ulrich, Ivan Basso, Roberto Heras. Lors de cette affaire, furent cités les noms de Alberto Contador et Alejandro Valverde mais aussi les équipes de football de Valence, Séville, Ulche et Barcelone, le joueur de tennis Rafael Nadal…
Cette affaire est une tempête dans le sport espagnol qui a été bien circonscrit judiciairement au monde de la petite reine alors même que tout laissait à penser que beaucoup d’athlètes ibériques ont été suivis par Eufemio Fuentes.

Le point névralgique du problème est donc sur l’envoi d’un mandat de 6.691 euros (bizarrement deux ans après on parle de 9500 dollars !!) en mars 2006 sur le compte dénommé "Code Holdings" de la banque HSBC à Genève (Suisse) appartenant à Eufemiano Feuntes.
La défense de Schleck est simple : "Je n’ai rien fait d’illégal, je ne me suis pas dopé". Il explique qu’il a acheté à Fuentes des plans d’entraînement, des plannings de récupération bref des trucs et astuces.

Le mardi 9 décembre 2008, la fédération luxembourgeoise classe le dossier sans suite, n’ayant pas pu prouver une fraude au règlement antidopage de l’UCI.
Les autorités antidopage du Grand Duché ont annoncé au terme d’une enquête de deux mois que rien d’illégal ne pouvait être établi au-delà du fait que Schleck avait transféré de l’argent sur un compte suisse appartenant au médecin espagnol Eufemiano Fuentes.

Cette affaire révèle un problème de preuve : a qui incombe la charge de la preuve dans ce cas là ? Est-ce à la justice sportive luxembourgeoise de prouver que les milliers d’euros ont servis se doper ou est ce à Franck Schleck de démontrer qu’il a payer une prestation compatible avec le code antidopage ? Cette question de juriste est d’une importance colossale car elle fixe la limite.

A partir de quand peut on condamner quelqu’un pour dopage ?
A l’achat de la substance ? A la détention ? A l’injection? A la participation à une course sous les effets de la substance ? Le versement d’argent sans que nous ne connaissions la contrepartie réelle est il sanctionnable ? Doit il l’être ?
Globalement dans le cyclisme, les juges sont plutôt rigides : l’achat, l’injection, la détention sont punissable. Mais dans l’affaire schleck est ce suffisant ?

Source : Sport24

Il faut bien détacher le droit de sa propre conviction. On peut penser que le luxembourgeois n’a pas acheté de simples programmes d’entraînement à Fuentes et qu’il se moque de nous.
Mais c’est à la justice d’investiguer et de trouver plus qu’un transfert. Il ne faut inverser la charge de la preuve que dans les circonstances grave (un harcèlement sexuel dans une entreprise) ou quand un début de preuve a été fournis à l’accusé (une taux d’epo supérieur à la limite autorisé peut être accepté si le coureur apporte la preuve du nom apport exogène des globules rouges).
Si on n’est pas rigoureux sur la question, les sportifs de haut niveau vont devoir se justifier de tout, garder des traces de leurs moindre gestes, faire attention à leurs rencontres (croiser Fuentes dans une soirée : est ce un début de preuve de dopage ?). C’est un système prônant la paranoïa, la lutte antidopage ne doit pas nous faire perdre la tête.

Alors Franck, pas de fumée sans feu ?

La concurence Armstrong / Contador

Posted in Vie du Peloton par Jean Giraud sur 6 décembre 2008

Concurrence et régulation des conflits : le cas Armstrong / Contador

Imaginez rien qu’un instant la réaction d’un gardien phare de l’équipe de France de football à 6 mois de la Coupe du monde, l’objectif de sa vie, alors même qu’il a fait un quasi sans faute depuis qu’il a pris la succession de son prédécesseur, doit-il accepter le retour dans l’équipe de ce prédécesseur, véritable légende de son sport ? Comment réagirait il ?

La question de la concurrence dans les sports par équipe se pose avec acuité tous les jours et une des qualités principales demandées à un entraîneur est de savoir gérer les susceptibilités des différents joueurs et entretenir une concurrence saine et loyale.
Dans beaucoup de sports, la concurrence est un moteur car elle conduit à de l’émulation qui tire le groupe vers le haut mais elle est aussi nécessaire devant les calendriers surchargés.
Mais dans d’autres cas la concurrence est source de conflits en pagaille, notamment quand se produit une trop forte individualisation du sport. Les joueurs ont intérêt à tirer l’affiche vers eux, à s’approprier une part de gloire au détriment de l’équipe.

En cyclisme, peut-il y avoir plusieurs stars dans une équipe ? La profusion de leaders est-elle salutaire ou est-ce un handicap ?

Règle n°1 : Une équipe peut comporter plusieurs leaders du moment que leurs objectifs ne se croisent pas. Ne pas avoir des objectifs identiques.

La règle générale est que le leadership peut être partagé du moment que chacun n’empiète pas sur le territoire de l’autre.
Exemple : la cohabitation à la Quick Step de Boonen et Bettini ne pose pas problème car ils visent des courses différentes qui ne demandent pas les mêmes qualités. Par contre, l’existence de deux leaders de classique wallonne que sont Bettini et Schumacher n’a pas été toujours simple à gérer pour le directeur sportif.

Règle n°2 : Si plusieurs leaders cohabitent sur une même course, le directeur sportif a le choix entre deux systèmes.

L’équipe peut faire le choix d’un leader unique, l’ordre étant donné à tous les mécontents d’aller se faire cuire un œuf. C’est souvent la méthode la plus efficace sur le moment car il n’y a pas d’hésitation, tout le monde doit travailler pour le chef. Par contre, si le leader a la moindre faiblesse (une fringale, un coup de moins dans un col, un contre la montre raté etc.), il y a des risques de mutinerie. Cette solution est souvent celle des managers un peu autoritaires ou de ceux ayant un chouchou parmi les leaders.
Mais l’équipe peut aussi délibérément choisir de ne confier le leadership à personne ! Sera leader celui qui sera le mieux placé pour gagner. Cette solution est beaucoup plus flexible car elle permet de jouer sur plusieurs tableaux (exemple : le leader n°1 part en échappée pendant que le leader n°2 reste dans le peloton). En revanche, ne pas choisir est synonyme d’indécision et de flottements souvent éliminatoires. Il n’est pas toujours facile de déterminer qui est objectivement le mieux placé et cela peut aboutir à la création de clans chacun inféodés à un patron.

Quel système doit utiliser Astana ? Armstrong et Contador pourraient-ils se contenter d’un rôle de porte bidon ? Peuvent-ils cohabiter ?