La Tribune du Sport


L’Espagne est championne du Monde !

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 12 juillet 2010
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Source : LeFigaro.fr

 

Tout était prêt pour assister au sacre mondial des Pays-Bas ou de l’Espagne. Quel que soit le résultat, nous allions pouvoir admirer un nouveau visage à la tête du football. Ce destin si particulier qui caractérise les joueurs d’exception capables de remporter un Mondial a d’ailleurs semblé paralyser les acteurs de la rencontre.116 minutes, c’est en effet le temps qu’il aura fallu à Andres Iniesta et à l’Espagne (photo) pour se dépêtrer du piège, pourtant annoncé, tendu par le jeu hollandais (1-0, a. p.).

Car cette finale avait une puissante dimension dramatique. Pays-Bas – Espagne, c’était un peu les méchants contre les gentils, le football sale opposé au jeu champagne, les coups répondant aux dribbles. Et loin d’abandonner leur rôle pour proposer quelque chose de surprenant, les Néerlandais ont pleinement assumé leur statut de bouchers, charcutant à loisir le thorax, les genoux ou les pieds de leurs adversaires espagnols du soir. Au menu orange, récupération rigoureuse, défense rugueuse et jeu truqueur. Les hommes de Bert Van Marwijk ont déployé toutes les armes, souvent à la limite de l’honnêteté du jeu, qui leur avaient permis d’arriver jusque là.

Les gentils espagnols en 4-2-3-1 mettent le feu (0 – 12ème)

Comme devant un Walt Disney, on ne tardait donc pas à se ranger du côté des gentils espagnols, à l’image de leur Casper de poche, Andres Iniesta. Et en douze minutes, la messe manqua trois fois d’être dite et de sanctifier la communion espagnole. D’abord par Sergio Ramos dont la tête plongeante faisait suite à un magnifique coup-franc excentré de Xavi où il fallait toute la détente et toute la promptitude de Sketelenburg pour voir le ballon claqué sans que ni Capdevila, ni Piqué ne puissent reprendre (5ème).

Ensuite, ce fut l’une des rares constructions axiales payantes qui mettait en péril la maison orange. Busquets servait aux trente mètres David Villa. Dans un rôle de « pivot décrochant » relativement inhabituel pour lui, il décalait ensuite Ramos monté sur l’aile droite. Rentrant dans la surface, le Madrilène osait un centre-tir à mi-hauteur très fort. Trompé, le portier néerlandais ne pouvait cette fois-ci s’en remettre qu’à l’anticipation de Heitinga qui sauvait sur sa ligne (11ème). Dans la foulée, le corner joué en deux temps voyait Xavi adresser un magnifique centre au deuxième poteau à Villa qui hasardait une reprise de volée du gauche, non cadrée (12ème).

On avait à peine eu le temps de vérifier que les deux formations étaient les mêmes que la Roja avait failli ouvrir le score à trois reprises ! Du côté espagnol, Vicente Del Bosque avait ainsi reconduit la même équipe que celle qui avait vaincu l’Allemagne. Dans ce 4-2-3-1 volontairement axial, le capitaine Casillas gardait toujours les cages derrière une ligne défensive composée (de gauche à droite) de Capdevila, Puyol, Piqué et Ramos. Devant, la doublette récupératrice Xabi Alonso-Busquets avait pour objectif d’alimenter en ballons une attaque formée par le trident Pedro-Villa-Iniesta avec un Xavi à l’orientation du jeu, légèrement en retrait.

 

Pour Bert Van Marwijk, le 4-2-3-1 tenait davantage à ses deux ailiers polyvalents : Kuyt autant défenseur qu’attaquant et Robben autant artilleur que centreur. On retrouvait donc Sketelenburg dans les cages, le capitaine Van Bronckhorst au poste de latéral gauche puis Mathijsen, Heitinga et Van der Wiel. Le duo récupérateur composé par de Jong et Van Bommel allait se révéler décisif tandis que l’attaque, pourtant magnifique sur le papier, peinait toujours autant à construire avec Kuyt à l’aile gauche, Sneidjer en n°10, Robben sur le flanc droit et Van Persie en pointe.

Source : LaDépêche.fr

 

Les Pays-Bas cassent… (12ème – 29ème)

Les Oranges avaient déjà concédé trois occasions franches. Comprenant que comme face au Brésil et à l’Uruguay, ils auraient les pires difficultés à contrer un jeu technique et rapide, bref tout ce qu’ils n’ont jamais su faire durant ce Mondial, les coéquipiers du désormais célèbre Van Bommel ont donné dans le bourre-pif, la pêche, le coup de pied assassin, la provocation et même parfois la simulation…

Jamais une finale n’avait vu autant de cartons jaunes distribués par un arbitre. Monsieur Howard Webb a sanctionné quatorze joueurs différents au cours de cette rencontre dont sept en cinquante minutes (12ème – 62ème).

C’est Van Persie qui lançait les hostilités avec une deuxième faute grossière sur une récupération plus agressive (15ème). Premier carton jaune venant sanctionner déjà trois ou quatre actions hollandaises déjà très proches de l’antijeu. Il n’en fallait pas plus à Carles Puyol, déjà crispé par la tension lors des hymnes, pour lui aussi commettre une faute impardonnable. Robben commençait sa série de chutes habiles mais ce sandwich-double-marquage dont Puyol faisait partie était bien une faute jaune (16ème).

Le premier geste à la frontière du rouge fut commis, évidemment, par Mark Van Bommel. Néanmoins, soucieux de préserver l’événement que représente une finale de Coupe du monde, M. Webb hésitait et ne brandissait qu’un jaune alors qu’il s’agissait d’un fauchage des deux pieds, par derrière, d’Andres Iniesta (22ème). Comme si l’Espagne sentait l’emprise changer de dimension pour passer de la technicité vers la brutalité, l’orgueilleux Sergio Ramos répondait avec un tacle en retard sur Kuyt (23ème).

Montrant ainsi qu’elle ne se laisserait pas marcher dessus sur un terrain prétendument physique, l’équipe espagnole ne pouvait cependant pas concurrencer de Jong. Le milieu néerlandais testait encore une fois la crainte de M. Webb de condamner le match avec un carton rouge en plaçant un coup de pied frontal sauté sur la poitrine du costaud Xabi Alonso qui mettait quelques instants à s’en remettre (photo). De Jong sait qu’il pourra aisément se reconvertir dans l’Ultimate Fighting (29ème). En attendant, l’homme en noir lui mettait également un jaune.

… et cadenassent (29ème – 62ème)

Sur le plan tactique, il est évident que les Pays-Bas ne pouvaient pas « tenir » le match seulement en commettant des fautes. Le schéma récupérateur mis en place par Van Marwijk (photo ci-dessous, à d.), très gourmand en énergie, fonctionnait à merveille. On le sait, l’Espagne aime maladivement jouer dans l’axe, d’abord parce que c’est un beau football qui donne du plaisir à ceux qui le pratiquent, ensuite parce qu’avec six Barcelonais sur le terrain (j’exclus Villa qui vient seulement d’être transféré au Barça), le jeu court, rapide et à une ou deux touches de balles est déjà mis en place. L’entraîneur n’a donc pas à tenter de créer des automatismes, il se « contente » de s’appuyer sur ce que les joueurs savent déjà faire ensemble.

Mais en revanche, il peut proposer des schémas offensifs. Pourtant, la Roja a produit quasiment toutes ses actions selon quatre mêmes idées en demi comme en finale :

  1. les ballons aériens en profondeur axiaux ou vers les ailiers partant du pied du défenseur central Piqué (axe droit) et/ou du milieu récupérateur Xabi Alonso (axe gauche) ;
  2. Xavi qui redescend dans le rond central pour chercher le ballon après une récupération de Busquets (ou de Xabi Alonso) pour solliciter les une-deux rapides avec Iniesta, Villa ou Pedro et remonter ainsi le terrain progressivement ;
  3. les montées fréquentes du latéral droit Sergio Ramos qui permettent de donner de la largeur au jeu, de disposer d’une magnifique machine à centrer mais aussi d’étirer la défense adverse ;
  4. les permutations incessantes entre Pedro, théoriquement attaquant de soutien dans l’axe gauche, et Iniesta dans l’axe droit. Ces permutations ont pour dessein d’éviter que la défense adverse ne s’habitue aux dribbles ou au style de l’un ou de l’autre.

Ainsi, durant près de cinquante minutes, l’Espagne a manqué complètement de lucidité. Ne variant pas ses schémas et souhaitant prioritairement faire la différence grâce à sa colonne vertébrale Piqué-Xabi-Xavi au lieu de proposer un jeu plus au large, au moins par fragments, la sélection de Del Bosque (photo ci-dessous, à g.) a facilité le travail récupérateur des Hollandais. A la manière d’un Schweinsteiger face à Messi lors d’Allemagne-Argentine, Van Bommel n’a jamais lâché Xavi et s’est ainsi retrouvé à jouer au niveau de Sneijder, transformant le 4-2-3-1 hollandais en véritable 4-1-4-1 dans les phases défensives. Van Persie s’est quant à lui chargé de pourrir les ballons de relance de Piqué tandis que Sneijder s’occupait de manger Xabi Alonso. En trois mouvements, la Hollande a mis l’Espagne en échec par la rigueur de son placement défensif, monté de vingt mètres après le premier quart d’heure de jeu. Celui qui avait manqué de leur être fatal.

Empêtrée dans son orgueil de refuser la variation, l’Espagne a frôlé plusieurs fois la punition. Heureusement pour elle, Casillas ne relâchait pas le ballon puissant tiré par Sneijder sur un coup-franc des quarante mètres (18ème) tandis que le double-marquage était efficace au dernier moment face à Robben sur l’aile droite (20ème). Ensuite, c’est sur un ballon prétendument rendu aux Ibériques que les Hollandais manquaient de tromper la vigilance de Casillas, pratiquement lobé… (34ème). Certes les Pays-Bas ne se créaient des situations intéressantes que sur coups de pied arrêtés mais il s’en fallait de peu que Mathijsen ne parvienne à conclure une splendide combinaison sur un corner tiré par Robben de la droite et relayé par Van Bommel aux vingt mètres (38ème).

Source : Uefa.com

Conjuguée à la récupération rigoureuse, l’entreprise d’intimidation faisait son œuvre et Sneijder venait encore mettre une semelle sur le genou de Busquets, mais cette fois-ci sans prendre un carton jaune (44ème). On ne jouait donc quasiment plus puisque les Espagnols paraissaient clairement inquiets à l’idée de prendre un nouveau coup alors que les Hollandais, eux, ne parvenaient pas à produire du jeu. Ceci peut s’expliquer aisément : la Hollande jouait sur une trop grande largeur de terrain en attaque or elle ne pratiquait à aucun moment les transversales ou les diagonales permettant de brutalement changer d’aile et donc de profiter de l’oxygène que génère cette tactique… Jouant trop loin les uns des autres pour essayer de se trouver seulement au sol, les Bataves ne posaient que très peu de problèmes à l’arrière-garde espagnole. Finalement, les coups de pied arrêtés étaient les seules munitions dont ils disposaient et ils étaient toujours obtenus sur un exploit individuel de Robben ou de Sneijder…

C’est d’ailleurs Robben qui trouvait le cadre par deux fois. Dans son exercice préféré consistant à repiquer dans l’axe, dribbler deux joueurs puis frapper au but, il mettait à contribution Casillas mais sans lui causer de réelles frayeurs (45+2ème et 52ème). Van Bronckhorst prenait à son tour un jaune pour avoir stoppé irrégulièrement Ramos (54ème) avant que Heitinga n’emporte les deux jambes de Villa et ne soit lui aussi sanctionné (55ème). Ayant sorti préalablement le ballon, l’Espagne voyait la Hollande le lui rendre mais de manière détestable. Van Bommel avait en effet choisi de trouver une touche, comme en rugby, à dix mètres de la ligne de six mètres de Casillas. Et ses coéquipiers firent le pressing au lieu de laisser l’Espagne remonter au moins jusqu’à la ligne médiane !

On s’ennuyait donc sec et on se frustrait de voir la Hollande tenir. Eteint physiquement après sa grande performance face à l’Allemagne, Pedro était le premier remplacé du match, laissant Jesus Navas prendre les devants (60ème). Mais le joueur de Séville, à peine rentré, n’avait que le temps de constater l’efficacité de la nouvelle tactique mise en place par Van Marwijk à la mi-temps. Resserrant son équipe sur la largeur de la surface de réparation, les Hollandais se trouvaient bien plus facilement en attaque. Robben était ainsi lancé dans la profondeur par un Sneijder en déséquilibre. Mais le joueur du Bayern Munich tardait trop à frapper, laissant la sortie de Casillas couvrir l’angle des buts (62ème).

L’Espagne enfin victorieuse ? (62ème – 90ème)

A ce moment de la partie, on ne pouvait que constater les dégâts d’un choix tactique espagnol pour le moins surprenant. Vicente Del Bosque n’a eu de cesse d’attaquer le problème hollandais sur l’aile droite, c’est-à-dire là où sévissait l’expérimenté Van Bronckhorst. Certes, il fallait palier les problèmes de relance et de construction axiales, mais pourquoi ne pas avoir sollicité davantage Van der Wiel sur l’aile droite hollandaise et placer Iniesta de ce côté-là, c’est-à-dire sur le flanc gauche espagnol ? Van der Wiel avait prouvé qu’il n’était pas l’assurance tous-risques et, de plus, cette variation aurait tout de même pu créer des brèches dans l’axe dans un système en quinconce. Imaginez que Xabi Alonso ou Busquets effectuent des passes sur les ailes au lieu de jouer dans l’axe, et qu’Iniesta ou Pedro progressent grâce aux montées de leurs défenseurs latéraux ? Il y aurait eu des espaces pour Xavi et Villa dans l’axe…

Mais quoi qu’il en soit, le jeu espagnol a également été annihilé par le fait que l’équipe hollandaise a tassé son bloc sur quarante mètres avec une ligne défensive à trente mètres de ses buts. L’Oranje avait donc parié sur le fait que les ballons en profondeur pour Villa seraient très peu nombreux puisque Xabi et Piqué étaient mordus au milieu.

Malgré cette semi-défaite tactique, l’Espagne avait toujours le ballon et sa technicité la maintenait en vie en dépit du temps qui défilait. Mieux, elle faillit être récompensée. Penchant une fois encore sur l’aile droite, l’Espagne profitait de l’entrée de Jesus Navas qui débordait un Van Bronckhorst fatigué et centrait au deuxième poteau où Villa pouvait frapper immédiatement du gauche. Heitinga, qui s’était troué dans un premier temps, sauvait une nouvelle fois son équipe en effectuant une toupie au sol et en taclant le tir (70ème). Sept minutes plus tard, le double une-deux entre Xabi Alonso et Villa enfonçait complètement l’axe droit de la défense batave et il fallait un tacle in-extremis de Heitinga pour contrer la tentative de Villa. Sur le corner suivant, Ramos se retrouvait seul au point de pénalty mais enlevait trop sa tête (77ème).

Source : SudOuest.fr

Voyant le jeu espagnol reprendre des couleurs, Van Bommel décidait de durcir à nouveau le jeu et martyrisait la cheville d’Iniesta qui se faisait justice lui-même en poussant le Néerlandais dans le dos. Malgré la simulation navrante de Van Bommel, le meneur du Barça aurait pu être expulsé sans que l’on ait à rougir. Mais ce ne fut pas le cas tandis que Van Bommel ne se voyait pas non plus infliger un carton supplémentaire tout aussi mérité mais synonyme d’exclusion (79ème).

L’Espagne n’abandonnait cependant pas la maîtrise du jeu et continuait de croire en son style. Devant la fatigue ressentie par les Hollandais, c’est Iniesta qui déposait cette fois-ci Heitinga d’un contrôle orienté et il fallait l’intervention improbable de… Sneijder pour sauver les buts de Sketelenburg (82ème). On pensait alors la Roja intouchable… Mais sur un contre, Robben profitait de la déviation de la tête de Van Persie pour partir seul au but. Ceinturé par Puyol, il restait malgré tout sur ses jambes avant d’effacer Piqué mais il n’avait le temps de prévoir la sortie d’un Casillas très concentré (85ème). Là aussi, la faute de Puyol méritait sans doute un second jaune. Si l’on récapitule, on aurait dû théoriquement en être à deux rouges de chaque côté (Van Bommel et de Jong côté hollandais ; Iniesta et Puyol pour l’Espagne). Mais ce qui est sûr, c’est que la chronologie compte beaucoup, les Bataves ayant commis leurs deux irrégularités inexcusables en première période…

Quoi qu’il en soit, le jeu s’est étiolé devant la qualité de la défense des deux équipes. Côté hollandais, il faut tout de même souligner cette capacité à faire mal qui n’a pas sa place sur un terrain de football. Et le pire, c’est que Van Marwijk disait en conférence de presse d’après-match qu’il n’y avait aucune consigne en ce sens. Impossible d’y croire.

Un final haletant, plus ouvert et conclu par Iniesta le Malicieux (90ème – 120ème)

Lorsque les stigmates de l’effort se voient sur les visages des joueurs, la rigueur tactique cède souvent le pas à la qualité technique intrinsèque des joueurs. Dans les faits, c’est même la fatigue qui permet de voir le réel fond de jeu d’une équipe. Et, sans surprise, c’est bien l’Espagne qui a complètement dominé les prolongations.

Si à mon sens, à la 93ème minute, ni Fabregas, ni Villa, ni Iniesta n’ont été arrêtés de manière illégitime par de Jong et Heitinga, l’Espagne s’est procuré, deux minutes plus tard, une réelle occasion nette par Fabregas, rentré à la place de Xabi Alonso (87ème). Bien lancé en profondeur, le meneur d’Arsenal laissait néanmoins Sketelenburg sortir trop près de lui et le tir butait sur le pied du portier (95ème). Les Pays-Bas répliquaient dans leur registre. Sur un corner obtenu par Robben, une fois encore grâce à un exploit personnel, Mathijsen manquait de peu d’ouvrir le score de la tête (96ème).

Mais ensuite, les actions s’enchaînèrent. Puyol voyait sa tête passer au-dessus sur un corner de Xavi (98ème) puis Iniesta s’emmêlait les crayons au lieu de tirer (99ème) avant que Navas ne soit à la conclusion d’un superbe mouvement axial entre Fabregas et Villa. La frappe de l’ailier droit espagnol était cependant contrée par Van Bronckhorst au dernier moment (101ème). Fabregas, encore lui, choisissait ensuite de prendre seul la profondeur, déposant quatre joueurs par sa vitesse de percussion mais son tir à ras de terre passait, là encore, à côté des montants de Sketelenburg (104ème).

L’Espagne avait clairement pris l’ascendant et à la 109ème minute, cela se traduisait par une exclusion un peu litigieuse. En effet, Iniesta provoquait l’expulsion d’un Heitinga exceptionnel durant ce match. Je dis « provoquer » parce que la faute du central droit des Pays-Bas n’était pas si évidente. Le second carton jaune venait malgré tout sanctionner l’ensemble d’un comportement à la limite du jeu de la part des Bataves. Trois minutes plus tard, le même Iniesta simulait cette fois-ci très clairement et Van der Wiel écopait d’un jaune (112ème).

Alors qu’il avait clairement été la proie des prédateurs hollandais durant tout le match, Iniesta avait choisi de répondre sur le même terrain. Non pas en commettant lui-même des fautes odieuses mais bien en tombant dans l’antijeu de la simulation. Difficile pour autant de fustiger le Barcelonais tant la rugosité du jeu hollandais avait été manifeste. Evidemment, on regrettera peut-être que M. Webb n’ait pas expulsé un Hollandais en première période mais comment lui en vouloir ? En excluant un joueur, il aurait clairement tué la finale. Il a donc équilibré en ne sanctionnant pas plus Iniesta et Puyol en deuxième période. Le second jaune pour Heitinga était sans doute trop dur, d’autant plus qu’il était le maillon essentiel de la défense hollandaise, mais il venait sanctionner l’intention de faire mal qui transpirait du jeu batave depuis le début du match.

Quatre minutes plus tard, alors qu’Iniesta avait pris le poste d’avant-centre depuis la sortie de Villa (106ème), il se retrouvait seul au milieu de cinq Hollandais. A la suite d’un mauvais dégagement de Van Der Vaart redescendu défendre dans l’axe gauche pour suppléer Mathijsen déjà à droite, Fabregas pouvait décaler Iniesta dans la surface. Le « Malicieux » contrôlait et expédiait sa demi-volée au fond (photo ci-dessus, 116ème).

Au terme de ce véritable « drame » manichéen, les méchants Hollandais perdaient de manière assez logique tant leur jeu offensif, comme durant le reste de la compétition, a laissé à désirer.

Lorsqu’on s’appuie sur un grand réalisme, il se peut que le jour j, ça ne passe plus. C’est ce qui s’est passé avec Robben (62ème). De son côté, l’Espagne a joué son jeu, répondant à la violence batave par une certaine dureté puis par de la malice. Torres et Capdevila avaient déjà prouvé qu’ils étaient bons acteurs, Iniesta est désormais l’un des leurs. Mais à la différence des deux joueurs précités, il est selon moi l’artisan du renouveau espagnol durant cette Coupe du monde. Il y a bien eu une Roja sans lui contre la Suisse et une avec lui après. Sa complémentarité frisant la gémellité avec Xavi m’a encore procuré des sensations inouïes, notamment sur le but marqué contre le Portugal. C’est cette compréhension naturelle, hors-normes et sans pareille dans les autres équipes, qui est à l’origine du génie espagnol et de sa capacité à conserver le ballon.

En somme, l’Espagne a grandi. Si elle avait dominé par le jeu l’Euro 2008, elle avait déjà montré les premiers signes d’une immense rigueur en demi-finale contre la Russie et en finale face à l’Allemagne. En Afrique du Sud, il y aura surtout eu cette rigueur puisque la Roja n’a tout simplement pas encaissé un seul but des huitièmes de finale jusqu’en finale. Elle n’a certes marqué qu’une fois contre chaque adversaire au cours de ces quatre matchs mais elle a dominé tous ses grands adversaires : Portugal, Allemagne et Pays-Bas. Finalement, c’est un Paraguay regroupé derrière et présent dans l’axe qui l’aura fait le plus douter.

Il ne reste plus qu’à féliciter le football espagnol, qu’il s’agisse de la Roja ou du Barça, qui nous offre un spectacle d’une grande qualité depuis trois ans maintenant. Bravo à eux, ce sont de beaux champions !

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Uruguay – Allemagne : une grande petite finale

Posted in Coupe du Monde 2010 par Les amis de LTS sur 11 juillet 2010

Source : RMC.fr

Un Uruguay mordant et plein d’envie

Ce soir a Port–Elizabeth, l’Uruguay affrontait l’Allemagne. Deux monstres du football mondial cumulant les étoiles luttaient pour… la 3ème place. Ce qui aurait dû être la finale, d’un point de vu historique et logique (la finale du dimanche 11 juillet étant plus une revanche des loosers qu’une vraie grande finale où deux mastodontes s’affrontent…) n’est en effet qu’une « petite » finale.

L’Allemagne et l’Uruguay sont les deux surprises de ce Mondial. L’Allemagne, que comme d’hab’ personne n’attendait et dont personne ne parlait, s’est avérée être une équipe impressionnante, avec des jeunes joueurs de qualité, un style charmeur et offensif. Une équipe qui comptera à l’ avenir, quelle jeunesse ! Ozil, Müller ou encore Khedira forment à n’en point douter la structure d’une future machine à gagner. La Céleste même chose. La France ne devait en faire qu’une bouchée… Cette équipe, en plus d’avoir été l’une des sélections les plus attachantes et sympathiques, a été une team de choc, menée par des joueurs qui ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux : Diego Forlan, potentiel ballon d’Or et Luis Suarez, qui ne végètera plus très longtemps dans un Ajax Amsterdam impuissant.

Après une poignée de main avec Herr Blatter, le match débute. Durant le premier quart d’heure, ce sont les Teutons qui mènent la danse. Ca circule bien, le jeu Allemand est comme on l’a vu avant, avec Schweinsteiger à la baguette. Mais les Uruguayens ont des qualités et les montrent ! Malgré tout, ce sont les Allemands qui ouvrent le score. Après une occasion ratée de la tête de Friedrich qui trouve la transversale, le petit jeunot Muller ouvre la marque (19ème), plein d’opportunisme reprenant une frappe made in Patator de Schweinsteiger aux 30 mètres repoussée par le portier sud-américain. Logiquement, l’Allemagne mène.

Les Uruguayens réagissent. A la 28ème minute, Cavani réduit le score à la suite d’une action offensive rondement menée, avec des placements intelligents et une belle passe en profondeur de Suarez. Cavani n’a plus qu’à conclure. Cette égalisation nous montre un match ouvert avec des Allemands solides, rigoureux et organisés, et des Uruguayens plein de fougue et d’envie. Bienheureux qui prédira le résultat final à la demi-heure de jeu ! A la 42ème Suarez, décidément bien diabolique manque d’en mettre un autre, dans un angle fermé.

Au retour du repos, les Uruguayens poussent, bien décidés à obtenir cette 3ème place qui ferait d’eux des divinités dans leur pays (ils y sont déjà des héros…). Et ces efforts sont récompensés à la 50ème minute. Sur un centre d’Arévalo, l’immense Diego Forlan reprend de volée, écrase un peu sa reprise mais bénéficie d’un rebond décisif. Incroyable mais vrai, l’Uruguay mène face à la Mannschaft et tous les poulpes-bookmakers du monde n’y feront rien. Forlan marque son 5ème but de la compétition (photo). Joueur charismatique et décisif, il tire son équipe vers le haut. Ses coéquipiers montrent une grande détermination ainsi que de l’intelligence. La tête des Allemands tourne au vu des placements de Cavani, ailier, mais presque milieu défensif parfois !

Source : Canoe.ca

L’Allemagne reste l’Allemagne

Mais voilà, la puissance de feu allemande aura sérieusement écourté le rêve céleste. A la 55ème, grâce à un centre de Boateng, Jansen marque de la tête, bien aidé par un Muslera totalement aux fraises lors de sa sortie. 2- 2, ou les pénaltys qui se profilent à l’horizon tant les deux équipes se valent. Mais voilà, l’Uruguay est très fatigué, les Allemands tiennent et se montrent plus dangereux, malgré les soubresauts uruguayens, dangereux en contre. Cacau et Kiessling manquent de peu d’aggraver le score. La puissance et les coups de boutoir allemands auront finalement raison d’une Céleste a bout de souffle. Khedira marque a la 82ème minute, sur une cagade de la défense uruguayenne lors d’un corner. Sa tête lobe le gardien, totalement impuissant.

Les Uruguayens, motivés, vont continuer, se damner, se déchirer pour marquer ce 3ème but qui remettrait la balle au centre. Mais les Allemands restent les Allemands et à la 88ème Kissling manque le 4-2 en envoyant la balle dans les tribunes, malgré sa solitude dans la surface. Tout à l’air finit pour l’Uruguay. Mais à l’ultime minute des arrêts de jeu, Suarez s’écroule à 20 mètres. Coup-franc. Forlan s’avance pour tirer le coup-franc de sa vie. Tension. Forlan tire une magnifique frappe parfaite qui finit… sur la barre transversale. Coup de sifflet final. Le visage crispé, Forlan semble dépité. On le comprend. L’Allemagne s’impose au terme d’un match bien plus intéressant qu’on aurait pu le croire.

Ce match était a la portée de la Céleste. Mais les Allemands étaient trop forts. Ils finissent à une 3ème place tellement méritée qu’on se demande s’ils n’auraient pas pu obtenir mieux. Quant aux Uruguayens, ils finissent 4èmes, mais heureux au fond d’eux même d’avoir réalisé une Coupe du Monde exceptionnelle.

Sylvain Bezos

« Hey Coach ! » ou la fabuleuse histoire de Raymond Domenech, par William Gallas…

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 9 juillet 2010


Source : Europe1;fr

Le maître des Cinq Idiots cherche à se payer Raymond Domenech

Après que Thierry Henry, Patrice Evra, Eric Abidal et Florent Malouda se sont expliqués durant les jours passés et que la langue de bois des footballeurs a atteint un niveau de maîtrise inégalé, William Gallas (à gauche sur la photo) a choisi de changer de registre pour se rouler dans une fange aussi nauséabonde que grotesque. Le grotesque, c’est quand vous riez jaune. Et moi, j’ai bien ri jaune en achetant L’Equipe jeudi.

Préférant habituellement l’analyse approfondie au pamphlet ou aux discours critiques, j’avoue n’avoir pas pu résister cette fois-ci. Voici un petit florilège des extraits de cet interview accordée aux Inrockuptibles et relatée par le quotidien sportif.

W. G. : « Je n’ai pas été bon, on n’a pas été bon. Mais le coach n’a pas été bon non plus… » En plus du caractère tautologique d’une assertion qu’il aurait été absolument impossible à effectuer sans cet interview, c’est l’unique trace d’autocritique laissée par l’ex-défenseur talentueux des Bleus ! En trois phrases, ce commentaire se veut lapidairement efficace. On cherche même le sens caché de la phrase qui pourrait nous ouvrir l’esprit comme les Lumières en leur temps. On guette le discours entre les lignes. L’indicible vérité qui ne pourrait être affirmée qu’à demi-mots. Mais tout à coup, cette vérité implacable nous apparaît : tout le monde a juste été mauvais…

Mais loin de s’arrêter en si bon chemin, William tente d’expliquer l’inexplicable en donnant du grain à moudre à tous ses détracteurs. Lorsqu’on lui demande de justifier son doigt d’honneur adressé à David Astorga, le journaliste de TF 1, il renverse définitivement l’opinion en sa faveur en annonçant que « ce n’était pas gratuit. J’ai eu des différends avec ce journaliste. » En résumé, un différend, un majeur. Logique. Surtout en public.

Si bien parti pour rejoindre ses comparses vers le sommet des Cinq Idiots mais avec la palme du plus stupide, ce flot ne s’interrompt plus et cela deviendrait presque rigolo si ça n’était pas si pathétique… Samedi midi, alors que L’Equipe a sorti son numéro à sensations avec les insultes de Nicolas Anelka en une, Gallas et son troupeau d’amis cherche une solution : « On pense que Nico doit discuter avec le coach. Nico est d’accord. Alors, on cherche le coach mais il n’est pas là. On le cherche partout. » Mais où peut-il bien être ?? « Au bout d’une heure, on monte et on le trouve assis à l’étage. » Rama Yade avait bien souligné par ses critiques le luxe de l’hôtel Pezula (photo) et on imagine sans peine que le rez-de-chaussée doit être grand. Mais tout de même.

Envisagez la scène ! Quelques mecs habillés de bleu qui cherchent leur coach au rez-de-chaussée. Puis, après une heure passée à fureter, ils demandent à Gourcuff : « Eh toi l’intello ! T’as pas une idée ? » Ayant peur de se faire fracasser sa gueule d’ange par la tronche de cerbère de Ribéry, le Girondin hésite puis, timidement, lâche « le coach, il est peut-être juste là haut … » Et là, y a la brochette des génies -Ribéry, Anelka, Evra, Gallas, Abidal, peut-être même Henry pris dans le mouvement-, « C’est pas con… on y va. ». Lorsque Domenech voit arriver la bande à neuneus, il doit bien se marrer parce que jouer à cache-cache avec ces mecs-là, ça doit pas être compliqué. Là, il refuse bien sûr de leur parler puisque la décision est déjà prise : Anelka est exclu du groupe par la Fédé. Domenech aurait alors expliqué qu’il aurait fallu qu’Anelka dialogue avec lui pour que son destin soit différent. Et là, Gallas ne comprend rien, encore une fois : « Le coach a expliqué que ce n’est pas l’insulte qui a provoqué l’exclusion mais le fait qu’il n’y ait pas eu de dialogue après… Alors que c’est lui qui a refusé. » D’un, Domenech n’a jamais dit que c’était l’absence de dialogue qui avait causé l’exclusion d’Anelka mais le fait qu’il y ait eu une fuite médiatique. De deux, Domenech a refusé de dialoguer quand la décision était déjà prise (une fois les branques arrivés enfin à l’étage !). Le dialogue aurait dû se faire après le match, ce qu’Anelka n’a évidemment pas proposé de faire puisqu’il était trop occupé à sourire dans les douches… du moins le dit-on. Donc Gallas confond même temporellement les informations… Le dialogue avec Nicolas Anelka étant absolument inutile une fois le joueur viré de la sélection. Mais non, Gallas maintient que c’est le coach qui a refusé de parler…

Gallas the Kid

La meilleure est évidemment pour la fin du week-end. En plus d’être un joueur pas fute-fute qui éprouve les pires difficultés, ne serait-ce qu’à se repérer dans le temps, il devient l’un des « caïds » dont parlait Roselyne Bachelot, dans un emportement d’ailleurs aussi démagogique qu’irresponsable à l’Assemblée Nationale le mercredi suivant. Dimanche, dans ce fameux bus de « grévistes » (photo), indignes d’ailleurs de porter ce nom, il y a bien eu une menace latente.

Source : Leparisien.fr

« Dans le bus, commence une discussion. Le coach essaie de nous dissuader de boycotter l’entraînement… Et là, j’insiste là-dessus, on demande à tout le monde : ‘‘Qui veut descendre ? Qui veut aller s’entraîner ?’’ Personne ne se lève. Et personne n’a le couteau sous la gorge. » Ce qui me fait marrer, c’est que j’imagine quasiment la scène où Franck Ribéry, après avoir lamentablement pleurer sur le plateau de Telefoot le matin-même, fait couler celles de Yoann Gourcuff d’un regard noir. Car comment imaginer que des gars comme Toulalan, Lloris, Gourcuff ou Sagna n’aient pas eu envie de s’entraîner ? et surtout n’aient même pas émis l’hypothèse. La version de Gallas pue non seulement le travestissement de la vérité mais aussi la violence au moins verbale que ces joueurs pouvaient insuffler dans ces « discussions ».

Dans ce ramassis de stupidités qui ne font rire qu’un temps, on ne peut que constater deux choses. La première c’est qu’enfin on a des éléments tangibles, mais c’est malgré les joueurs. La seconde, c’est que « Gallas » deviendra bientôt le synonyme de l’adjectif « faible ».

Faible dans sa communication puisqu’après avoir refusé de parler à la presse pendant près de deux ans, il s’étend d’une manière excessivement maladroite sur son malheureux vécu de star à qui tous les soins et toutes les attentions ont pourtant été octroyés. Je passe le doigt d’honneur.

Faible aussi dans son attitude puisqu’en tant que cadre, il n’a jamais su dire ses quatre vérités à Raymond Domenech autrement qu’une fois le fiasco sud-africain passé et dans un journal qui n’a rien à voir avec le sport : « Je pense que la rupture a eu lieu il y a des années. Après l’échec de l’Euro 2008… Les joueurs n’avaient plus leur mot à dire. Je crois que les cadres n’étaient plus écoutés. » Etait-il vraiment un « cadre » puisque Thierry Henry, Patrice Evra et Franck Ribéry ont été entendus lorsqu’ils ont soutenu Domenech après l’Euro 2008. Pas lui vraisemblablement. A-t-il seulement parlé ?

Faible ensuite car lâche puisqu’il a participé de cette mascarade du bus qu’on essaie de nous faire passer pour une décision démocratique de groupe.

Faible enfin parce qu’étymologiquement, le mot vient du verbe « flere » qui signifie « pleurer ». En effet, Gallas conservera l’image d’un chouineur, celui qui « écrit » dans son livre (!) que voir Nasri piquer la place de Henry dans le bus des Bleus en 2008 a été l’image symbolique d’un changement irrespectueux des mentalités des jeunes joueurs… Quelle bonne blague quand on voit l’irrespect dont ce mec fait preuve vis-à-vis des journalistes, d’Arsène Wenger et maintenant d’un Raymond Domenech sur qui, décidément, tout le monde a choisi de tirer…

L’Espagne en finale, l’Allemagne en terminale

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 7 juillet 2010

Vidéo ? Non réglo !

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Pour une fois, ni les fautes d’arbitrage, ni les arnaques des joueurs ne sont venues ternir le football. Nous avons assisté à un match propre avec une marge d’erreur proche de la moyenne, ce qui est bien mais pas top. Les deux équipes ont bénéficié par le passé d’un douzième homme très actif, ou peu voyant, ce qui n’a pas été le cas aujourd’hui. Messieurs, dames : le champagne s’impose !

L’Espagne déroule !

Evidemment, la grande Espagne l’a emporté, en jouant son football habituel. Bien disposée dans un 4-5-1 solide mais quelque peu stérile comme toujours, ils ont déroulé. Une possession de balle qui frôle les 70%, victoire finale 1-0, domination sans partage au milieu de terrain, une première occasion adverse à la 68ème minute : du grand art !

Décidément, cette équipe d’Espagne, après avoir bénéficié de tant de largesses au niveau de l’arbitrage,

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a décidé de jouer au ballon. Des actions plus construites, des passes plus rapides et plus faciles, des occasions très franches.Mais finalement, dans les faits, voit-on la différence ?

L’Espagne joue un football parfait : elle garde le ballon. Dotée de joueurs techniquement et tactiquement au-dessus du lot tels que Xavi, Iniesta ou Villa, elle surnage au ras du gazon tel un poisson rouge dans son bocal.

Ca sort le seau de chicken wings, ça tricote, ça envoie des pull-overs à sa maman mais ça défend aussi très bien à l’image d’un Puyol héroïque. Dans ses cages, Casillas n’a pas beaucoup été sollicité mais il reste une valeur sûre et on se demande bien comment le titre pourrait désormais échapper aux Espagnols.

L’Espagne a cependant deux problèmes :
1- la seule fois ou elle a été menée au score, elle a perdu ;
2- elle n’est que rarement capable d’effectuer le dernier geste qui fait la différence.

Car maintenant, il faut en venir à l’essentiel : un collectif à toute épreuve, des joueurs de classe mondiale, une attaque de rêve et tout ça pour quoi ? Pour finir sur un corner que Puyol vient arracher à la force des cornes.

De plus, l’opposition allemande (on en reparlera) était digne d’un hiver à Stalingrad. Frigorifiés par l’enjeu, les petits soldats de la Mannschaft ont oublié de tirer.

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Il aurait pu en être autrement si le très virevoltant Pedro n’avait pas décidé de croquer le deuxième but tout seul, préférant s’emmêler les crayons plutôt que d’écrire l’histoire d’une belle passe.

On regarderait presque les Espagnols jouer assis sur les fauteuils de la cinémathèque en attendant Murnau. Certes, ils n’ont pas eu d’adversaires à leur pointure pour l’instant…y en avait-il un ? On ne le saura que dimanche !

En tout cas, la Roja battrait un vieux signe indien : jamais une équipe n’a gagné le mondial en perdant son premier match. Cependant, les Espagnols doivent faire attention : à force de jouer contre des chèvres, on peut finir par choper la listeria ! En même temps, Boulahrouz peut aussi la refiler à son équipe, il la tient d’Ooijer en plus.

L’Allemagne « doit faire ses preuves »

Au bout d’un moment, quand une équipe de jeunes mais talentueux toucheurs de ballons rencontrent la

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moitié du Barça, cela se voit. A trop vouloir copier sur le voisin, les Allemands ont fini par se voir trop grands, ou trop expérimentés.

Pourtant, les huit buts inscrits face à l’Angleterre puis l’Argentine donnaient d’eux l’image d’une équipe insaisissable, presque hors du temps. Malheureusement, la fatigue et la suffisance sont venues à bout d’une équipe de louveteaux paralysés par l’obstacle rouge.
Et puis quelle idée de programmer une demi-finale la veille des rattrapages du bac !

En effet, les résultats sont tombés hier et on sent que les jeunes pousses germaniques n’en sont pas sortis indemne.

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Voyez Ozil par exemple (sur cette photo, il passe son brevet !) : les yeux creusés, le pas nonchalant, la page du livre d’histoire presque imprimée sur la joue, la pépite allemande s’est noyée. On sent bien que le malheureux révisait son épreuve au lieu de dormir.

D’autres payent la fête de la veille comme Trochowski. Bien excité par une nuit blanche a la Redbull, l’ailier n’a cessé de tenter des dribbles impossibles, ne regardant que ses pieds.

Même Schweinsteiger, qui a eu son CAP de charcutier dans le même CFA que Van Bommel (qui s’est reconverti dans la boucherie depuis) n’a pas réussi à orienter le jeu. Peut-être a t-il un peu trop fêté le diplôme de son compère Khedira qui a encore montré sa valeur ce soir en travailleur de l’ombre.

Le grand absent demeure Müller, exclu pour avoir triché à l’épreuve d’Italien…ce qui aurait du arriver un peu plus aux Espagnols !

Pour finir, Klose, l’un des meilleurs buteurs de l’histoire du Mondial, n’a pas le même problème que les autres : son CDD à la Mannschaft vient de se terminer et le fait qu’il ait passé son temps sur une banquette à toucher des allocations ne plaide pas en sa faveur. Certes, il a très bien travaillé ces derniers jours et son patron, l’homme au pull-over bleu, en est content. Mais faute d’ouvriers qualifiés autour de lui, il n’a pu s’exprimer.

Au final, pour parler jeu, un match très terne où les Allemands n’ont jamais réussi à aligner trois passes consécutives, la meilleure (et la seule) occasion venant de Podolski qui, seul devant Casillas, tirait mollement en direction du but.

Gagner n’est pas dominer, les Pays-Bas en savent quelque chose…

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 7 juillet 2010

L’Uruguay dénombrait beaucoup d’absents déterminants…

Source : Lepost.fr

C’est bien sûr l’information principale qui ressortait des compositions d’équipe, il manquait trois joueurs importants à la Céleste. Privée de son capitaine et défenseur central droit Lugano, blessé au genou droit depuis la rencontre face au Ghana, la sélection uruguayenne a subi un premier remaniement important, en défense. En effet, Oscar Tabarez avait choisi de décaler Victorino dans l’axe droit, de titulariser Godin dans l’axe gauche et de placer le jeune joueur de la Juventus, Caceres, à l’aile gauche de l’arrière-garde (pour palier la suspension de l’excellent Fucile). De la même manière, l’attaque enregistrait un important changement avec la suspension de Suarez (auteur d’une double-main lamentable face au Ghana qui ne lui a valu qu’un seul match sans jouer !). On observait donc un passage du 4-4-2 en losange (ou 4-3-3 en fonction du placement de Forlan) à un 4-4-2 en ligne avec deux récupérateurs (Cargano-Arévalo) et Forlan en pointe au côté de Cavani.

En résumé, l’Uruguay était composé de Muslera dans les buts, de Caceres-Godin-Victorino-M. Pereira en défense (de gauche à droite), de A. Pereira-Cargano-Arévalo-Pérez au milieu de terrain (de gauche à droite) puis enfin de Cavani et de Forlan (capitaine) en attaque.

Du côté des Hollandais, on constatait là aussi des retours et des absences. Si Sketelenburg assurait bien sa tâche dans les cages, les Pays-Bas devaient composer avec la suspension de Van der Wiel, pas flambant lors des matchs précédents et remplacé par Boulahrouz. En revanche, dans l’axe, le bourrin Ooijer n’allait plus faire de mal à quiconque puisque Mathijsen était de retour au côté de Heitinga. En revanche, la récupération batave était entamée avec l’absence pour suspension de De Jong. De Zeeuw s’est donc substitué à lui.

En somme, Bert Van Marjwik n’avait à faire face qu’à deux changements forcés pour cause de second carton jaune, mais tous les deux dans le secteur noir de sa sélection : la défense. La feuille de match était donc la suivante : Sketelenburg dans les buts, puis de gauche à droite en défense de Van Bronckhorst (capitaine)-Mathijsen-Heitinga-Boulahrouz, ensuite des deux récupérateurs De Zeeuw et Van Bommel avant un milieu à trois composé de Kuyt, Sneijder et Robben, Van Persie dominant tout ce beau monde.

Des Hollandais brouillons, heureux et truqueurs (0 – 35ème)

Le match ne s’est pas déroulé sous le regard attendri des dieux du football puisque la partie fut tout à la fois ennuyeuse, fermée et peu enthousiasmante. Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est le caractère brouillon de l’équipe hollandaise. Incapables de se projeter avec aisance vers l’avant et mettant systématiquement quatre secondes de trop à former leur 4-1-4-1 à la récupération, les Néerlandais n’ont pas offert le visage rigoureux qui leur avait permis de s’imposer lors de la deuxième mi-temps face au Brésil.

Malgré cette apparente désorganisation, ce sont bien les Pays-Bas qui se procuraient la première occasion dangereuse par l’intermédiaire d’un centre de Robben pour Kuyt, bien à la retombée d’une sortie des poings de Muslera mal assurée. Mais l’ailier de Liverpool n’ajustait pas sa frappe en première intention (4ème).

C’était l’arbre qui cache la forêt puisque l’Uruguay a ensuite proposé un pressing toujours aussi dense et performant disposé en 4-1-3-2 avec un Arévalo un peu en retrait par rapport à Cargano. Le premier s’occupant de marquer Sneijder, le second pouvait empêcher Van Bommel de se projeter vers l’avant et d’apporter le surnombre. Evoluant près de vingt mètres dans la moitié de terrain des coéquipiers de Robben, les Uruguayens leur ont posé un problème quasiment insoluble à la relance, c’est-à-dire sur la première passe qui lance l’action de jeu.

Passant d’un 4-3-3 à un 4-1-3-2 avec souplesse selon que les offensives néerlandaises étaient orientées dans l’axe ou sur les ailes, la Céleste, rigoureuse, appliquée et disciplinée, a complètement dominé son adversaire, quant à lui désordonné et incapable de créer une brèche dans le bloc uruguayen.

Mais alors que les coéquipiers de Diego Forlan avaient un peu relâché leur emprise sur le jeu en reculant leur pressing autour de la ligne médiane, ils furent immédiatement punis par l’unique espace laissé aux Bataves. Ces derniers, rentrés dans la moitié de terrain uruguayenne, profitaient du fait que les Sud-Américains laissaient un vide entre leurs deux rideaux. Attaquant sur le flanc droit à une trentaine de mètres des buts de Muslera, le ballon était transmis de manière assez lente vers Sneijder dans l’axe puis atterrissait dans les pieds du capitaine Van Bronckhorst (photo). Sans se poser de question car pas agressé, l’ex-défenseur d’Arsenal et du Barça travaillait un véritable diamant avec son pied gauche, une frappe croisée splendide des trente mètres, en pleine lucarne. Impuissant, Muslera ne pouvait que constater les dégâts et la Hollande menait 1-0 (18ème).

Un bref instant de déconcentration et un changement tactique apparemment ponctuel venaient d’offrir la possibilité aux joueurs de Van Marwijk d’ouvrir le score contre le cours du jeu. Certes, il s’agissait d’un exploit individuel mais quel réalisme !

Après quoi, les Uruguayens ont repris leur marche en avant, broyant sur leur passage le pâle milieu de terrain hollandais. Laissant comme d’habitude à leurs adversaires la maîtrise du ballon, ils attendaient avec agressivité la mauvaise passe, la tentative trop audacieuse de rentrer au moyen d’un dribble ou bien tout simplement le ballon en profondeur. L’angoisse palpable d’être contrés par le premier rideau récupérateur replongeait les Néerlandais dans leur incapacité chronique à projeter plus de quatre joueurs vers l’avant.

Et comme souvent depuis le début de la compétition, ils s’en sont remis au laxisme de l’arbitre pour « tenir » le choc du jeu adverse, en l’occurrence les contres. Les mauvais gestes et autres actes d’antijeu se sont enchaînés. De l’inévitable Van Bommel qui mettait son pied sur le genou d’un Uruguayen (26ème) avant de faire un croche-pied à Cavani (43ème), à Sneijder qui poussait Caceres venu s’expliquer pour un retourné dangereux (photo plus bas, 28ème), en passant par Van Bronckhorst qui faisait une manchette à Cavani (33ème) ou bien encore la simulation de Sneijder alors que c’est lui qui faisait faute sur D. Pérez (34ème), toutes les irrégularités grossières étaient de la partie ! Or seul Sneijder fut gratifié d’un carton jaune pour son attitude (29ème).

L’entrejeu uruguayen récompensé ? (35ème – 69ème)

Source : Chronofoot.com

Dans ce match où les coups furent légion et les actions d’éclat rarissimes, l’Uruguay allait tout de même être payé de ses efforts dans l’entrejeu. La révolte était sonnée par les montées progressives des défenseurs latéraux uruguayens, notamment celles de Maxi Pereira dans le couloir droit. Cet apport offensif permit de contraindre les forces défensives bataves à se répartir et ainsi à libérer quelques intervalles dans l’axe.

C’est ainsi que Cavani était servi dans l’axe droit de la surface. Déposant Van Bronckhorst, le joueur de Palerme ne trouvait cependant pas de solution (35ème). Qu’à cela ne tienne ! Une minute plus tard, Alvaro Pereira était servi dans l’axe gauche par Diego Forlan. Son tir, certes trop écrasé, était une mise en garde supplémentaire (36ème). Puis, moins de cinq minutes après cette tentative avortée, c’est cette fois-ci Forlan qui était à la conclusion du mouvement pour l’égalisation. Sur une récupération haute de Gargano, le joueur de l’Atletico Madrid était servi à quarante mètres des buts dans l’axe droit du terrain. Pas agressé par un Mathijsen complètement passif, Forlan (photo) s’avançait et contre toute attente, martyrisait le cuir du pied gauche. Une frappe lumineuse que Sketelenburg, surpris, ne pouvait que toucher et l’Uruguay égalisait grâce à son maître à jouer, 1-1 (42ème).

Les Hollandais avaient beau proposé une permutation quasi-définitive entre Kuyt et Robben, rien n’y faisait. La lenteur avec laquelle ils passaient d’une aile à l’autre, au sol -jamais par des transversales ou des diagonales-, ne leur permettait pas de créer le décalage. Par ailleurs, ni Van Bommel, ni De Zeeuw n’ont eu la possibilité (ou n’ont pris le risque) de se projeter vers l’avant pour contraindre la défense uruguayenne à mobiliser davantage ses joueurs dans l’axe et libérer ainsi les ailes, un jeu que réclame pourtant le 4-2-3-1 de Van Marwijk.

En revanche, à la pause, on ne pouvait que constater la timidité des Uruguayens à aller eux-mêmes chercher les Néerlandais. En quarante-cinq minutes, ils ne sont procurés aucune occasion dangereuse et leur but, tout autant que celui de Van Bronckhorst, relevait de l’exploit individuel.

Au retour des vestiaires et pour rééquilibrer son équipe, Van Marwijk fit sortir De Zeeuw pour un joueur à caractère nettement plus offensif, Van Der Vaart. Le Madrilène n’est absolument pas fait pour la récupération, tâche qu’il a entièrement laissée à Van Bommel en seconde mi-temps. Un changement qui allait s’avérer salutaire…

Source : Lequipe.fr

Mais en attendant le salut, les Uruguayens ne se faisaient pas prier pour accentuer leur domination. De plus en plus pressants sur le porteur de balle, de plus en plus agiles et de plus en plus présents en nombre dans la moitié de terrain néerlandaise, ils maîtrisaient enfin le match. Du moins le croyait-on. Sur un ballon en profondeur de Alvaro Pereira sur l’aile gauche pour Cavani dans l’axe, Sketelenburg ratait sa sortie tandis que Boulahrouz envoyait ledit Cavani au tapis. Pereira récupérait le ballon, frappait au-dessus du portier néerlandais mais Van Bronckhorst dégageait trois mètres devant sa ligne (51ème). Cette occasion permit de mettre en lumière la nouvelle structuration de la Céleste : le jeu allait pencher sur l’aile gauche. Un véritable 4-3-3 avec Cavani et A. Pereira sur le même flanc, c’est-à-dire celui où évoluait le fragile Boulahrouz, tandis que Forlan assumait le poste d’avant-centre. Derrière, Gargano se décalait à droite, Arévalo conservait l’axe et Diego Pérez se plaçait derrière A. Pereira.

Le duel se fit plus intense, plus âpre. L’indécision était à son comble. Tendus, les Bataves tentaient de réussir dans les duels et par la technique individuelle ce qu’ils ne parvenaient pas à faire collectivement dans le jeu. Mais la Céleste n’arrivait pas pour autant à concrétiser dans les vingt-cinq derniers mètres ce qu’ils produisaient dans les soixante-quinze autres. Forlan, encore lui, avait la balle de but au bout du pied. Sur une énième faute de Van Bommel, le Madrilène pouvait enrouler son tir du pied droit des vingt-huit mètres au premier poteau. Mais malgré la qualité du coup-franc en provenance d’une zone excentrée sur la gauche de sa surface, Sketelenburg était à la parade (67ème).

Quand les Bataves en bavent… (69ème – 90ème)

… ils le font payer cher ! La débauche d’énergie uruguayenne ne fut perceptible que par fragments. Le premier leur fut fatal (18ème), le second manqua de peu de l’être (68ème), le troisième les fit plier (70ème). En effet, 68ème minute, Van Bronckhorst dégageait comme un Anglais des Eighties vers un Van Persie qui décrochait sur l’aile gauche. Son excellent contrôle lui permettait d’éliminer Maxi Pereira avant d’effectuer une remise parfaite pour Van Der Vaart. Le Madrilène qui avait plongé aux seize mètres frappait sans contrôle du gauche. Son tir croisé était repoussé de justesse par Muslera mais dans les pieds de Robben. Fort heureusement pour le portier uruguayen, le Bavarois ne trouvait que les nuages avec son pied droit.

Cependant, deux minutes plus tard, les Néerlandais agressaient la Céleste au pressing. Une récupération haute permettait finalement à Sneijder d’être servi de l’aile droite vers les vingt mètres dans l’axe gauche de la surface. Se mettant sur son pied droit, son tir enroulé était dévié tour à tour par les deux défenseurs uruguayens, Maxi Pereira et Victorino, puis, semble-t-il, par un Van Persie légèrement hors-jeu. Cette triple touche accentuait l’effet brossé et empêchait Muslera de signer un arrêt semblable à celui qu’il avait effectué quelques instants plus tôt (70ème). 2-1 pour les Pays-Bas.

Source : Lequipe.fr

Mais au-delà de la réussite hollandaise, qui plus est se provoque, c’est tout de même en changeant rapidement de jeu, en pesant sur l’aile droite sur le côté de Caceres, jeune, de retour de blessure, et pas forcément expérimenté même s’il est parfois intervenu avec brio sur Robben, que les Hollandais ont fini par créer la brèche. C’est la spontanéité, l’audace et le réalisme qui sont venus à bout d’un Uruguay au style très efficace à la récupération mais très gourmand en énergie…

Menés 2-1, les Sud-Américains ont relâché leur attention, la qualité de leur pressing et c’est logiquement qu’esseulé sur l’aile gauche, toujours après un changement brutal d’aile, Kuyt pouvait s’appliquer à offrir un bijou de centre à Robben (photo), placé au second poteau. La tête croisée du joueur du Bayern touchait le bas du montant et crucifiait un Muslera abattu… (72ème). 3-1.

Quatre minutes à peine après avoir inscrit leur troisième réalisation, les Bataves repartaient à l’assaut, décidés à laver l’affront d’avoir été si longtemps mis en échec. Et il s’en fallait de peu que Van Persie ne soit pas signalé hors-jeu et ne marque le quatrième but (76ème).

Dès lors, l’Uruguay fit valoir son titre d’équipe la plus valeureuse du tournoi en continuant d’assiéger le but hollandais. L’ailier gauche Alvaro Pereira était remplacé par le grand attaquant Sebastian Abreu (1m93). Il vint se positionner en soutien-pivot de Forlan et Cavani (78ème). Mais rien n’y faisait, Forlan fut alors à son tour contraint de sortir, se doutant qu’il faisait, à 31 ans, ses adieux à la Coupe du Monde (photo, 85ème). La Céleste poussait tant et si bien qu’il ne s’en fallait d’un cheveux que Robben ne tue le suspense. Si le Bavarois s’était appliqué sur son tir piqué du gauche, la rencontre était terminée (87ème).

Source : Lequipe.fr

Mais au contraire, ce sont bien les joueurs d’Oscar Tabarez qui crurent au miracle lorsqu’à la suite d’une intolérable faute de Van Bommel, qui simulait en plus d’être la victime (!), ils allaient réduire la marque. A trente-cinq mètres des buts de Sketelenburg, Gargano servait Maxi Pereira au sol. Le latéral droit rentrait dans la surface, se replaçait sur son pied gauche et travaillait un ballon vicieux au sol qui trompait le portier batave, 3-2 (90+2ème).

Mais les derniers instants ne permirent pas à la Céleste de rejoindre l’avenir radieux d’une égalisation. Ils fournirent juste l’occasion à l’arbitre, M. Irmatov, de mettre enfin un carton jaune à Mark Van Bommel… « pour l’ensemble de son œuvre » comme dirait l’autre, et aussi pour une ultime protestation (90+4ème).

En soi, cette victoire n’est absolument pas volée tant les Pays-Bas se sont montrés réalistes mais aussi au vu du peu d’occasions concédées (trois). Malgré cela, leur jeu truqueur (Sneijder, Van Bommel, Robben) et rugueux (Ooijer contre le Brésil, Van Bronckhorst et Van Bommel face à l’Uruguay) ne plaide vraiment pas pour le football qui avait pourtant connu de beaux jours avec l’Espagne de 2008 et le Barça de 2009. Les savoir en finale, quand on connaît le potentiel tactique et technique du pays qui a inventé le jeu total, notamment par l’intermédiaire de Johan Cruijff, c’est plus que perturbant, c’est attristant. Maintenant, comment ne pas rappeler que l’Uruguay se trouvait lui-même là par tricherie, celle de Suarez qui avait sorti, contre le Ghana, ses deux mains pour repousser un tir victorieux… à la 120ème minute. Sans dominer, les Pays-Bas ont gagné et sont en finale, that’s all.

L’Allemagne de Schweinsteiger a coulé l’Argentine de Maradona…

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 3 juillet 2010

Deux formations axiales mais avec une latéralité potentielle pour l’Allemagne

Source : Sports.fr

Nous avions émis des doutes quant à l’avenir radieux promis à Diego Maradona et à sa sélection lors de l’émission du 30 juin dernier. L’Allemagne de Joachim Low a confirmé tout le bien qu’on pensait d’elle. Il s’agit non seulement d’un collectif hors-normes mais aussi d’une équipe complète, sans faille, sans défaut et sans reproches.

Les compositions mettaient déjà la puce à l’oreille puisque le 4-2-3-1 de l’Allemagne semblait tout disposé pour détruire les offensives argentines organisées par le 4-4-2 en losange du Pibe de Oro. Neuer était reconduit dans les buts avec la même défense que celle alignée contre l’Angleterre (de gauche à droite) : le très jeune Boateng, Friedrich, Mertesacker et le capitaine Lahm. Devant ce quatuor, le duo Khedira-Schweinsteiger a été encore décisif dans une partie où l’Allemagne devait s’imposer à la récupération de balle. Ensuite, Podolski était toujours placé à l’aile gauche, Özil dans l’axe, Müller à l’aile droite et enfin Klose seul en pointe.

Du côté de l’Argentine, c’était du grand classique. La défense à quatre disposée devant Romero voyait Heinze, Burdisso, Demichelis et Otamendi être titularisés. Le capitaine Mascherano prenait le poste de milieu récupérateur avec à sa gauche, Di Maria et à sa droite, Maxi Rodriguez. Enfin, le trio offensif était formé par Messi dans un rôle mal défini oscillant entre le neuf et demi et le n°10, Carlos Tévez en « dézoneur » et Higuain en pointe.

La clef du match résidait principalement dans la capacité que l’Allemagne aurait à contrer Lionel Messi (photo). C’est Bastian Schweinsteiger qui fut préposé au marquage du Ballon d’Or, avec succès.

L’Argentine prend l’eau d’emblée (0 – 34ème)

Source : Lequipe.fr

On le craignait depuis la blessure de Walter Samuel face à la Corée du Sud, la défense argentine n’était pas au mieux. Burdisso ne représentant pas la sécurité à toute épreuve dans l’axe central gauche de la surface. Sans parler d’un Demichelis qui n’a jamais été autre chose qu’un très bon stoppeur et non un défenseur complet comme le réclament les compétitions de haut niveau, la finale de la Ligue des Champions l’a d’ailleurs prouvé. Qui plus est, Maradona avait eu les pires difficultés à trouver un latéral droit de haut niveau. Essayant d’abord le milieu de Newcastle, Jonas Gutierrez, il avait finalement opté pour Otamendi.

Or d’entrée de jeu l’Allemagne a mis à exécution son plan offensif, celui-là même qui avait détruit le plan d’attaque de l’Australie et de l’Angleterre lors des matchs précédents : marquer vite. Et alors que l’Allemagne se procurait un premier coup-franc grâce à une faute d’Otamendi sur Podolski. Schweinsteiger s’élançait, visait les six mètres où Müller devançait Demichelis et marquait. Sur cette action arrêtée, on ne peut que constater que Romero avait anticipé un arrêt dans la niche, c’est-à-dire à quatre pattes (photo). L’Allemagne menait donc 1-0 (3ème).

L’Allemagne prenait alors les devants, dominant complètement l’entrejeu, y compris par l’intermédiaire des belles montées du jeune Boateng sur l’aile gauche, donc toujours du côté d’Otamendi. Ce qui est une surprise parce que le latéral gauche de la Mannschaft était le seul joueur dont on pouvait légitimement penser qu’il serait plus faible et qu’il serait donc la cible des offensives argentines. Mais l’Argentine ne s’est pas intéressée à son cas de près, ne le mettant pas à contribution de manière systématique.

Certes le pressing exercé par l’Albiceleste était intéressant car agressif Cependant, la maîtrise technique allemande et la disponibilité des coéquipiers du porteur de balle étaient telles que les joueurs de Joachim Low n’avaient aucune difficulté à franchir le premier rideau récupérateur. Malgré cette mainmise au milieu de terrain, la Mannschaft hésitait à se projeter vers l’avant et ne montait souvent qu’avec quatre ou cinq joueurs, laissant Khedira et les défenseurs en retrait.

La seule chance que les Argentins avaient tenait à la faculté de Lionel Messi à se défaire du marquage serré de Schweinsteiger. En effet, le petit lutin barcelonais avait choisi de partir du rond central (ou bien était-ce la consigne de Maradona) pour se soustraire à cette défense individuelle. Ce qui a d’ailleurs contraint Schweinsteiger à se situer à l’animation et Özil à la récupération, les deux joueurs interchangeant leur poste. Mais de temps à autre, Messi a tout de même réussi à se débarrasser de Schweinsteiger ainsi que du second allemand collé à ses crampons, alternativement Podolski ou Khedira. Lorsque c’est arrivé, Messi manquait de peu de servir Tévez dans l’intervalle mais Neuer sortait juste à temps dans les pieds du Mancunien (23ème).

Dans la foulée, l’Allemagne se créait une situation beaucoup plus dangereuse sur un tacle défensif manqué de Heinze. Müller rentrait dans la surface côté droit, forçait Burdisso à se diriger vers lui et centrait pour Klose qui envoyait son tir dans les nuages (24ème). Les Allemands jouaient beaucoup plus haut, effectuaient un pressing plus haut. Comme les Argentins. Donc le match tournait à un duel très technique au milieu de terrain sans réelle occasion de but.

Quand Di Maria et Maxi Rodriguez… permutent et que l’Argentine y croit (34ème – 66ème)

Source : Lefigaro.fr

C’est en effet la seule transformation tactique envisagée par les Argentins. Et ce sont les Argentins eux-mêmes qui ont décidé d’effectuer cette permutation pour pouvoir être chacun sur leur pied de frappe (Di Maria à droite pour retrouver son pied gauche ; Maxi Rodriguez à gauche pour retrouver son pied droit). Mais le jeu argentin manquait cruellement de deux choses : de latéralité et de variation dans les schémas d’attaque. De latéralité car dans un 4-2-3-1, cela peut se révéler utile de distendre les étaux successifs adversaires. De la variation dans les schémas parce que face à une équipe aussi organisée et aussi collective que l’Allemagne, c’était indispensable.

Certes, Di Maria a trouvé l’espace pour rentrer dans l’axe droit et frapper (34ème), une minute plus tôt que Higuain qui tirait dans une position semblable (35ème) mais les deux tentatives étaient trop molles. Les Argentins obtenaient également des coups de pied arrêtés mais la science défensive allemande mettait en lumière les insuffisances argentines dans l’adaptation. A l’image d’un coup-franc direct tiré par les Argentins où quatre joueurs de l’Albiceleste se retrouvaient hors-jeu ! (37ème).

En contre, c’était toujours l’Allemagne qui manquait de doubler la mise. A la conclusion d’un splendide travail de débordement de Philipp Lahm sur l’aile droite, Müller voyait son tir contré au dernier moment (44ème).

La mi-temps n’a donc servi à rien puisqu’aucune transformation tactique foncière n’a été envisagée. L’Argentine ramait toujours autant pour passer le premier rideau de cinq joueurs proposé par la Mannschaft. Comme un signe d’impuissance, Di Maria essayait bien la frappe lointaine mais il ne cadrait pas (48ème). Le seul petit changement notable fut la remontée de trente mètres de Lionel Messi mais cela ne faisait que relancer Özil offensivement puisqu’il avait enfin la possibilité de monter avec le positionnement en retrait de Schweinsteiger, le Bavarois suivant toujours à la trace le n°10 argentin.

A partir de la 50ème minute, l’Argentine progressait malgré tout dans la qualité de son pressing. Le recul de Schweinsteiger ayant pour effet de faciliter la percée du premier rideau allemand. Prenant enfin la latéralité et l’aile droite, Di Maria centrait au second poteau pour Maxi Rodriguez qui remisait de la tête pour Tévez. Le taureau argentin assénait une volée sèche du gauche aux Allemands mais Mertesacker plaçait son visage en opposition, sans sourciller (53ème). Une minute après, un nouveau centre de la droite, cette fois-ci de Higuain, mettait Neuer à l’épreuve (54ème).

Comme contre l’Angleterre, l’Allemagne n’existait plus qu’en contre. Une arme qui manquait de peu d’être fatale lorsque Boateng prenait son couloir gauche et centrait pour un Klose dégoûté de voir Romero passer juste devant lui (57ème). L’Argentine se procura alors quatre situations intéressantes coup sur coup mais sans jamais être vraiment dangereux. D’abord par Tévez qui tentait un tir des trente mètres capté par Neuer (62ème), ensuite par Higuain bien trouvé dans l’espace par Messi mais sa frappe décroisée était bien stoppée par le portier germain (63ème), puis sur une frappe contrée de Messi que taclait en touche Lahm avant que Rodriguez ne puisse intervenir (64ème) et enfin sur une tentative à nouveau écrasée de Di Maria (66ème).

Quand la brèche défensive argentine se transforme en béance… pour un doublé de Klose (66ème – 90ème)

Source : Francesoir.fr

Mais ne concrétisant pas son temps fort qui n’en était pas vraiment un, l’Allemagne prenait en contre une Argentine encore à la rue défensivement. Bien servi par Müller qui taclait pour servir dans l’intervalle, Podolski rentrait dans l’axe gauche de la surface, forçait Romero à sortir avant de passer à Klose (photo). Le Bavarois marquait dans le but vide (68ème). L’Allemagne réalisait le break, 2-0. Le but avait encore été inscrit sur le côté gauche (Otamendi-Demichelis) dont on soupçonnait la fragilité en début de partie.

Et là encore, Diego Maradona ne réagissait pas ! Sortant uniquement Otamendi, faisant reculer Maxi Rodriguez au poste de latéral droit et introduisant Pastore dans l’axe gauche de l’attaque argentine (70ème). Un changement bien timide et qui ne permettait pas d’espérer quoi que ce soit. Il fallait du dynamisme aux Argentins, du sang frais ! Et comme si l’entêtement de Maradona devait être sanctionné par les dieux du football, l’Allemagne triplait la mise. Sur un exploit individuel dans le couloir gauche, Schweinsteiger osait rentrer en latéral dans la surface, passant successivement Pastore, Maxi Rodriguez et Higuain avant de centrer pour un Friedrich qui avait plongé. 3-0 pour l’Allemagne (75ème).

Dans la foulée, Maradona remplaçait enfin un joueur offensif, Di Maria, pour permettre à Agüero de fouler la pelouse et d’apporter sa fraîcheur. Malgré cela, l’Allemagne n’avait plus qu’à dérouler. Si Klose s’était montré un peu plus égoïste, il aurait pu bonifier son dribble sur le tacle de Heinze d’un tir dans un angle fermé (78ème). Tony Kroos, rentré à la place de Khedira (78ème), était servi plein axe et adressait un tir puissant, bien repoussé par Romero (81ème). Et sur un ultime contre, ce sont ces deux joueurs qu’on retrouvait pour le quatrième but allemand. Kroos lançait Özil côté gauche qui centrait au milieu d’une ligne défensive décimée par les problèmes de placement. Klose n’avait plus qu’à placer son plat du pied droit pour marquer… 4-0 pour la Mannschaft d’un Joachim Low aux anges (89ème).

Au final, l’Allemagne s’impose donc 4-0 face à une argentine dépassée tactiquement devant le pressing de Schweinsteiger sur Messi mais aussi devant son incapacité à proposer un jeu varié, changeant et donc pas seulement « technique ». Dans ce match, il faut aussi insister sur plusieurs éléments qui ont été déterminants. Le premier tient à la charnière centrale qui, à l’image de Mertesacker, a été une fois de plus extrêmement solide. Les Espagnols ou les Paraguayens sont prévenus, il seront difficiles à dépoter. Le second réside dans le changement tactique adopté par Low. Au lieu de se figer dans son 4-2-3-1 polyvalent, il a su s’appuyer sur l’axe et la partie gauche de la défense argentine (seul Lahm a pu déborder Heinze par sa vitesse sur l’aile droite et ce ne fut que ponctuellement). Le troisième, conséquence du second, c’est le replacement de Müller en soutien de Klose dans l’axe droit et de Schweinsteiger dans l’axe gauche tandis qu’Özil sacrifiait quasiment son match pour la récupération au côté de Khedira. Dernier élément d’explication à cette déroute argentine : le manque d’automatismes collectifs avec des actions essentiellement individuelles alors que les Argentins ont énormément perdu de duels lorsqu’ils attaquaient… Une victoire logique pour une Allemagne sous-évaluée et une déconvenue tout aussi rationnelle pour une Argentine quant à elle surcotée.

Un continent pleure la disparition de ses étoiles

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 3 juillet 2010

Un 4-1-4-1 ghanéen contre un faux 4-4-2 en losange uruguayen

Source : TDG.ch

Les Black Stars de Milovan Rajevak ont été confrontés au remplacement de leurs deux ailiers : André Ayew, le jeune ailier gauche champion du monde junior 2009 ; et Prince Tagoe, ailier droit. Pour faire face à ces défections, le technicien serbe des Black Stars avait décidé de titulariser deux joueurs au profil nettement plus défensif, respectivement Muntari et Inkoom. Muntari est un milieu plutôt récupérateur tandis qu’Inkoom est un arrière-latéral. D’autre part, la défense des Ghanéens enregistrait le retour du géant Vorsah (1m96) en lieu et place de Jonathan Mensah. Cette formation remaniée était ainsi composée du fantasque Kingson dans les buts puis, de gauche à droite, de Sarpei, John Mensah (capitaine), Vorsah et Pantsil. Devant ce quintet défensif, on retrouvait le récupérateur Annan. Ensuite, la ligne de quatre joueurs « offensifs » était formée par Muntari, Asamoah, Boateng et Inkoom. Enfin Gyan, l’attaquant du Stade Rennais, occupait le poste d’avant-centre.

Du côté de la Céleste, Oscar Tabarez avait choisi d’afficher son 4-4-2 en losange. Muslera était dans les cages derrière Fucile, Victorino, Lugano (photo ci-dessous) et Maxi Pereira (reculé du milieu vers l’aile droite de la défense). Ensuite, un milieu à trois était composé de gauche à droite d’Alvaro Fernandez, d’Alvarélo et de Pérez. Enfin, Suarez prenait l’axe gauche de l’attaque, Cavani l’axe droit et Forlan (capitaine) était en soutien.

Mais dans les faits, la formation ghanéenne s’est surtout appliquée à évoluer dans l’axe et sur l’aile droite avec un Muntari dans un rôle de relayeur axial. Du côté uruguayen, le jeu a plutôt penché sur la gauche avec un Suarez qui a souvent dézoné hors de l’axe, Cavani qui était au soutien et enfin Forlan qui jouait en pointe.

Une demi-heure où la Céleste a brillé (0 – 27ème)

On a déjà eu l’occasion de détailler le système uruguayen lors des analyses précédentes : gros pressing offensif autour de la ligne médiane, défense solide et contres fulgurants emmenés par Diego Forlan et conclus par Luis Suarez. Malgré la discipline ghanéenne, ce sont bien les Uruguayens qui ont dominé l’entrejeu jusqu’à la demi-heure de jeu. Serrant leur premier étau avec un pressing très agressif, la Céleste s’en est remis à son n°10 de l’Atletico Madrid pour amorcer les contres.

Se procurant une première occasion au moyen d’un centre qui passait juste au-dessus de la barre avant de revenir en jeu (3ème), c’est encore lui qui trouvait les poings de Kingson sur un coup-franc lointain (13ème) et qui obtenait un corner à la suite d’un contre initié par Cavani à quatre-vingts mètres des buts du portier ghanéen. Une actione qui ne mettait que six secondes à arriver jusque dans la surface de Kingson mais qui ne donnait rien (18ème).

Sept minutes plus tard, le pressing uruguayen était tellement intense que les Ghanéens créaient eux-mêmes les conditions de leurs angoisses. Alors qu’Inkoom avait décroché sur la gauche, il tentait une passe latérale vers l’axe à destination d’Annan. Erreur grossière puisque l’inusable Cavani anticipait la transmission et servait Forlan. En deux temps grâce à Pérez, le Madrilène pouvait frapper mais au-dessus (25ème). A la 27ème, c’était au tour de Vorsah d’inquiéter son sélectionneur avec un placement anarchique et un Suarez laissé complètement seul pour frapper. Le tir était une fois de plus repoussé par Kingson (27ème). Cette erreur tactique du défenseur central droit de Hoffenheim pouvait expliquer en partie le choix uruguayen de travailler majoritairement sur la gauche.

Quand le Ghana trouve la faille par la verticalité de ses passes (27ème – 64ème)

Source : Lequipe.fr

Alors que Vorsah ratait de justesse l’opportunité de se faire pardonner en reprenant un corner de la tête (30ème), c’est Prince Boateng qui enrhumait complètement son vis-à-vis en effectuant un grand pont. Puis, plongeant sur le flanc droit, il adressait un centre au premier poteau à Gyan qui reprenait sans contrôle mais sans cadrer (31ème).

Et là, le match s’emballa soudainement. A l’image de ce qui avait été fait contre les Etats-Unis, le Ghana a joué plus sobrement, plus simplement, dans les pieds et avec une certaine fluidité. Profitant de la blessure du capitaine et central droit uruguayen, Lugano (remplacé par Scotti à la 38ème), les coéquipiers de John Mensah ont brusquement pris l’ascendant sur le match. C’est tout d’abord Muntari et son profil de déménageur qui frôlait l’ouverture du score d’une belle tête au second poteau après un nouveau centre de la droite (39ème). Et tout d’un coup, on comprenait comment le Ghana avait repris le dessus depuis dix minutes.

Sur une action anodine, Annan acceptait de jouer le 4-1-4-1 effectif en étant coupé de ses quatre milieux offensifs qui se plaçaient après le premier rideau récupérateur. Le joueur de Rosenborg adressait une de ses nombreuses passes verticales au sol aux deux meneurs, Asamoah et Boateng, lesquels se retrouvaient ainsi avec la possibilité d’animer le jeu derrière le premier rideau récupérateur. En revanche, cette tactique comportait un risque car le pressing sur le porteur de balle –Annan– était beaucoup plus aisé à produire pour le trio Fernandez-Alvarélo-Pérez. Passé ce cap, le jeu était orienté sur l’aile droite pour Inkoom qui adressait un centre à destination de Boateng. Le jeune milieu de Portsmouth tentait un ciseau acrobatique remarquable mais malheureusement au-dessus (45ème).

A peine deux minutes plus tard, le pressing uruguayen montant offrait la possibilité à Annan de produire une nouvelle passe verticale de vingt mètres pour un Muntari disposant de près de trente mètres entre les deux rideaux. Son apport axial se montrait alors décisif. Sollicitant Gyan pour un une-deux, le joueur de l’Inter de Milan s’essayait à la frappe lointaine, précisément ce qui avait fait pêcher les Ghanéens face à l’Australie en poule. Mais cette fois-ci, ce tir surpuissant trompait un Muslera en retard et les Black Stars menaient 1-0 (45+2ème).

Les Uruguayens ayant encaissé leur premier but sur une construction de jeu de toute la compétitions, ils se frustraient et rentraient des vestiaires avec un fauchage en bonne et due forme sur Boateng. Arévalo, trop lent sur Muntari juste avant la mi-temps, n’avait visiblement pas évacué sa frustration et il était sanctionné d’un jaune.

Et alors qu’on avait le sentiment que le Ghana gérait le match à son rythme, accélérant quand il le voulait puisqu’il avait pris l’ascendant psychologique, il encaissait un but. Sur une montée d’un Fucile (latéral gauche) omniprésent au soutien offensif de ses attaquants, Pantsil ne pouvait que commettre une irrégularité, elle aussi punie d’un carton jaune. Le coup-franc qui s’en suivait, à une vingtaine de mètres près de l’axe gauche de la surface de réparation, était pour Diego Forlan. L’Uruguayen plaçait son ballon, s’élançait, frappait et remettait en selle son pays d’un magnifique tir sous la barre, bénéficiant au passage d’une mauvaise appréciation de Kingson qui avait anticipé sur sa droite (54ème). A 1-1, le Ghana plantait malgré tout une dernière brandille quand Boateng minait le premier poteau mais Muslera était bien sur la trajectoire (59ème).

Le second souffle uruguayen (64ème – 90ème)

Source : Sudouest.fr

Les hommes d’Oscar Tabarez lançaient alors la troisième phase d’un match fou, ouvert fluide et ponctué de nombreuses occasions. L’attaque uruguayenne avait retrouvé sa forme du match contre la Corée avec le retour de la permutation entre Suarez et Forlan ainsi qu’avec le soutien d’un Cavani omniprésent au soutien. Alors que justement Forlan prenait l’aile gauche, il servait son compère de l’attaque au second poteau et Kingson, ayant mal lu la trajectoire, ne pouvait que remercier Dieu. Suarez ne trouvait que le petit filet d’un but vidé (64ème).

Quelques instants plus tard, sur une nouvelle montée de Fucile dans le couloir gauche, Nicolas Lodeiro rentré à la place de Fernandez à la mi-temps, était au relai et glissait le ballon à Suarez dans l’axe gauche de la surface. Le meilleur buteur de la Céleste dans cette Coupe du Monde ne pouvait qu’expédier son ballon en tribune tant l’angle paraissait fermé (71ème). Cependant, l’Uruguay, plus percutant, dominait le jeu et provoquait des fautes. Autant de chances pour Forlan de briller sur des frappes lointaines (74ème et 78ème).

L’entrée de Stéphane Appiah en lieu et place de Samuel Inkoom permettait à la récupération ghanéenne de retrouver un peu de densité. Mais l’Uruguay renouait avec l’origine de sa tactique : le contre. Après un corner ghanéen mal négocié, l’Uruguay se lançait dans une admirable combinaison de passes rapides. Ce véritable rondo voyait pas moins de six joueurs uruguayens se jeter à l’assaut du but ghanéen. A la baguette, on retrouvait Forlan qui se servait d’Abreu comme pivot. Le remplaçant de Cavani (76ème) décalait Maxi Pereira qui ne pouvait trouver le cadre (82ème).

Boateng et Asamoah, pourtant si décisifs dans l’animation offensive des Black Stars, se montraient totalement asphyxiés, d’où le manque d’animation offensive. Mais les Uruguayens avaient également consommer beaucoup d’énergie et ils baissaient de pied.

Une étoile noire… (90ème – 120ème)

Source : Football365.fr

Alors que la prolongation débutait, on constatait que la restructuration ghanéenne était confirmée. Les Black Stars évoluèrent avec deux ailiers (Gyan et Adiyah), deux neuf et demis (Asamoah et Boateng) et deux récupérateurs (Annan et Appiah). Ce système devait permettre de proposer sans cesse des solutions axiales tout en continuant de distendre la défense adverse grâce aux ailiers mouvants.

Et s’il fallut attendre la 98ème minute pour voir la première réelle occasion de cette prolongation, elle annonçait pratiquement un quart d’heure de souffrances à une Céleste qui ne tenait plus qu’en reproduisant son schéma récupérateur du début de match. Enfonçant l’axe droit dans la surface, Gyan était repris juste avant de tirer par Scotti (98ème). Le Rennais enchaînait alors les appels déroutants et se retrouvait à la réception d’un centre pour une tête au premier poteau, complètement ratée (110ème). Juste le temps pour Forlan de manquer un contre tout fait en tirant au-dessus (114ème) puis la marée africaine reprit. Gyan encore une fois ratait de peu son contrôle dans la surface (115ème) avant d’obtenir deux corners (117ème). Boateng ne cadrait pas sa tête à l’issue d’une touche longue (119ème) avant d’effectuer un ultime passement de jambes magique. Il centrait et voyait sa passe se transformer en tir, bien capté par Muslera (120ème).

Si l’Uruguay avait essayé de forcer la décision à la fin de la deuxième période du temps réglementaire, c’était bien le Ghana qui semblait déterminé à accomplir son destin. Car sur un ultime coup-franc long excentré sur la droite, près de la ligne de touche, Pantsil envoyait le ballon dans la boîte et Asamoah coupait la trajectoire de la tête. Mais Muslera arrêtait sur sa ligne ! Adiyiah s’élevait alors pour tenter de marquer à son tour du haut de son crâne mais Suarez repoussait le ballon… illicitement. L’arbitre n’hésitait pas, il excluait le joueur pour une main volontaire commise sur la ligne (120ème). A ce moment crucial, Gyan avait le ballon du but au bout du pied mais, la pression n’aidant pas et alors qu’il avait déjà brillé deux fois dans l’exercice (contre la Serbie et l’Australie), il allumait la barre transversale (photo)…

La séance des tirs au but commença quelques instants plus tard. Forlan, Victorino et Scotti permettaient à l’Uruguay de marquer à trois reprises. De son côté, le Ghana voyait Gyan, courageux, se présenter en premier avant qu’Appiah ne transforme son pénalty. L’Uruguay menait donc 3-2. Moment choisi par le capitaine ghanéen, John Mensah, pour désespérer tous les espoirs africains de voir pour la première fois une équipe du continent aller en demi-finale de Coupe du Monde. Prenant trop peu d’élan, il faisait une passe de plage et Muslera bloquait sans problème. Mais dans la foulée, Pereira était lui aussi rattrapé par l’enjeu et tirait au-dessus, 3-2 toujours. Adiyiah, quatrième tireur allait alors au charbon et Muslera signait l’exploit d’arrêter un second tir. Derrière, Abreu ne tremblait pas et envoyait sa formation en demi-finales d’une « panenka » (petit ballon lobé plein axe) insolente mais efficace. 4-2.

Les Pays-Bas affronteront donc l’Uruguay dans une demi-finale rugueuse et serrée. Les deux équipes joueuses engagées vendredi ont donc quitté la compétition. Espérons simplement que les joueurs de la Céleste soient remis physiquement du combat qu’ils ont livré vendredi soir. Inutile d’insister sur la stupidité du geste de Suarez mais son attitude demeure indigne d’une Coupe du Monde…

Du sang, de la sueur et des larmes

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 2 juillet 2010

L’Oranje doit murir ou mourir !

Source :foot365.fr

Ce match semblait déjà joué d’avance dans l’esprit de beaucoup, dont moi-même. Tant la faiblesse défensive que la désorganisation offensive hollandaises paraissent ne pas pouvoir tenir le choc. De plus, Ooijer prend la place de Matijsen en défense, celui-ci s’étant blessé à l’échauffement. La défense hollandaise gagne encore et toujours en poids et en brutalité.

Le Brésil ne change rien à l’équipe qui avait étrillé le Chili, à l’exception de Ramires, suspendu. Felipe Melo arrive au milieu de terrain avec Dani Alves et Gilberto, ce qui va amener de la stabilité dans le jeu brésilien. Deux questions concernent néanmoins cette formation favorite du mondial : Michel Bastos constitue une inconnue sur le côté d’Arjen Robben et on se demande s’il pourra résister à la pression du buteur. La seconde est aussi cruciale : Kaka va-t-il confirmer dans ses combinaisons avec Luis Fabiano et Robinho face à une défense oranje digne d’unee mimolette mal conservée : dure et trouée.

Too fast, too furious

Dès les premières minutes, les éternels adversaires se frottent avec le client Van Bommel et un Daniel Alves toujours dans les bons coups.

Dans les cinq premières minutes, les Pays Bas sont placés assez haut et tentent d’étouffer le Brésil. Les quelques premières combinaisons brésiliennes laissent augurer la souffrance que va endurer la nation orange.

A la 7ème minute, Juan récupère le ballon assez haut et sert Alves, signalé hors-jeu, le joueur de Barcelone sert Fabiano qui passe le ballon à Robinho devant le but vide.

Source :

Deux minutes plus tard, Robinho est lancé dans la profondeur par Melo et passe dans un trou laissé par Ooijer. Il marque d’un plat-du-pied sécurisé sur la gauche de Stekelenburg. Le score est logique et n’annonce rien de bon pour les Néerlandais qui prennent l’eau.

D’ailleurs, ils commencent à faire des fautes et déjà, à la 13ème minute, Heitinga manque d’être sanctionné d’un carton rouge pour un coup de pied à Luis Fabiano.

Dans leur organisation offensive, Kuyt récupère souvent le ballon sur son aile mais n’est pas un grand centreur, comme à la 15ème où Van Bommel ne parvient pas à la récupérer. On sent que l’équipe s’appuie beaucoup sur Robben ou sur les coups de pieds arrêtés. Dans la foulée, Bastos commet une faute sur le joueur du Bayern mais Van Persie vendange le coup-franc. Peu à peu, le match s’envenime dangereusement et l’arbitre va devoir se faire respecter, il peine à sortir les cartons.

Les défenseurs brésiliens sortent très bien sur les attaquants hollandais, notamment Van Persie qui souffre toujours autant dans son rôle de pivot. Il tente de décrocher mais sans succès. De manière générale, l’attaque hollandaise peine toujours à s’organiser et ne trouve pas les intervalles.

A la demi-heure de jeu, les Pays-Bas se font littéralement passer dessus par le rouleau-compresseur brésilien.

Il faut d’ailleurs attendre la 29ème minute pour voir la désespérante première tentative France Telecom de Robben qui repique et tente sa frappe contrée par l’étau Juan – Lucio. Dans la foulée, une splendide construction commence par Robinho qui transmet pour la talonnade de Luis Fabiano vers Kaka. L’ancien ballon d’or enroule son ballon mais le magistral Stekelenburg sort la balle. Les Brésiliens pourront regretter cette occasion même s’ils ne montrent rien de bien probant. D’ailleurs, à la 33ème minute, une action va faire la preuve de la force collective hollandaise : Robben tente une combinaison illisible sur corner mais celle-ci n’est suivie par personne (peut-être parce qu’ils ne l’ont pas comprise).

A la fin de cette mi-temps, le match est terriblement haché par les fautes. L’engagement positif est brésilien et l’engagement négatif est hollandais, d’un côté le jeu, de l’autre les fautes.

Les nerfs de la guerre

Au retour des vestiaires, le Brésil semble bien parti mais n’a pas creusé l’écart, ce qui fait qu’il s’expose à une égalisation néerlandaise. Cependant, on ne voit pas comment les Oranjes vont se réorganiser pour apporter de la cohérence à leur jeu. Pas de changements des deux côtés en tout cas. Au début de la seconde période, Robben continue dans sa solitude et ne parvient toujours pas à créer l’exploit. Les fautes continuent avec Van Der Wiel qui sera suspendu au prochain match suite à une simulation inutile.

Le jeu continue lui-aussi d’être désorganisé avec Van Persie qui décroche et Kuyt qui soutien Robben a droite ce qui fait que l’équipe hollandaise manque le dernier geste. Les Pays-Bas sont désorganisés.

Tandis qu’au Brésil, tout semble calme…anormalement calme.

A la 52ème , Julio Cesar, gêné par Felipe Melo, se troue sur un centre de Sneijder. Ce but improbable dû à une erreur défensive brésilienne

Source :lequipe.fr

arrive totalement contre le cours du jeu et bouleverse le match.

Dès lors, les Auriverdes sont dans une situation délicate où, suite à une erreur, ils sont dans une position de doute. Evidemment, les Oranjes prennent le jeu à leur compte dans cette période et prennent le dessus mentalement sur le Brésil. Ils pressent beaucoup plus haut et ont davantage de mordant sur les contacts.

Les imprécisions commencent à se faire sentir côté brésilien et leur jeu perd en spontanéité. A la 65ème , Kaka ne parvient pas à sauver son équipe suite à un contrôle de la poitrine avec frappe enchaînée mais le ballon passe de peu à côté.

Et deux minutes plus tard, les Pays-Bas tuent le match sur l’un de leurs points forts : les coups de pieds arrêtés. Le corner de Robben est dévié par Kuyt pour Sneijder qui marque à bout portant. A 2-1, les Pays-Bas ont bien l’intention de garder ce score. Cependant, ils compensent leurs lacunes défensives en hachant le jeu, ce qui énerve les brésiliens. Quelques minutes plus tard Felipe Melo piétine Robben et se fait expulser.

Source :lequipe.fr

Même si la décision est logique, l’arbitre est totalement dépassé par les actions et sort les cartons quand cela lui chante. Il n’y a aucune cohérence dans les sanctions. Van Bommel va être le principal bénéficiaire de cette largesse. Multipliant les fautes jusqu’à la fin du match, il ne reçoit pas son deuxième carton jaune logique qui redonnerait une égalité numérique à ce match.

Le Brésil craque mentalement et ne parvient plus à avoir la percussion qui les caractérisait. Ils terminent ce match dans le désespoir et pouvaient à plusieurs reprises prendre ce troisième but par manque total de combativité.

A Rio, le silence doit régner après cette défaite malheureuse alors que la musique a retentit pendant les 45 premières minutes.

Les Pays-Bas se retrouvent donc en demi-finale face au vainqueur de Uruguay – Ghana, ce qui nous donne un finaliste surprise.

Décidément, cette Coupe du Monde reste pleine d’incertitudes, de surprises et de destins tragiques…du sang, de la sueur et des larmes.

Résultats des huitièmes et programme des quarts !

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 30 juin 2010

Résultats des huitièmes de finale

Source : Come4news.com

Uruguay – Corée du Sud (2-1) : résumé.

Etats-Unis – Ghana (1-2) : résumé.

Allemagne – Angleterre (4-1) : résumé.

Argentine – Mexique (3-1) : résumé.

Source :lequipe.fr

Pays-Bas – Slovaquie (2-1) : résumé.

Brésil – Chili (3-0) : résumé.

Paraguay – Japon (0-0) : résumé.

Espagne – Portugal (1-0) : résumé.

Programme des quarts de finale

Vendredi 2 juillet 2010

16h : Pays-Bas – Brésil à (Port Elisabeth).

20h30 : Uruguay – Ghana (Johannesburg).

Samedi 3 juillet 2010

16h : Argentine – Allemagne (Le Cap).

20h30 : Paraguay – Espagne (Johannesburg)

Quand l’Espagne joue comme ça…

Posted in Coupe du Monde 2010 par Roland Richard sur 30 juin 2010

Un 4-4-2 en ligne espagnol pour faire face au 4-3-3 défensif portugais

Source : Lequipe.fr

On le savait, l’Espagne était sur une pente ascendante. Après sa défaite inexplicable face à la Suisse (0-1), la Roja avait disposé du Honduras (2-0) puis d’un Chili agressif mais en infériorité numérique (2-1).

La formation alignée par Vincente Del Bosque (à droite sur la photo) était attrayante sur le papier. Avec Iker Casillas dans les buts et une défense à quatre constituée de Capdevilla, Puyol, Piqué et Ramos (de gauche à droite), la place forte espagnole avait de la gueule. Disposés juste devant eux, un Xabi Alonso relayeur et un Busquets plus défensif. En attaque, le quatuor avait un placement très singulier. Si Iniesta évoluait bien sur l’aile gauche, du moins au départ, Xavi n’a que très peu pris l’aile droite. Torres a quant à lui joué dans la surface de réparation avec une préférence pour l’axe droit tandis que Villa n’a pas hésité à se déporter sur le flanc gauche. Au finale, le 4-4-2 en ligne ressemblait davantage à un 4-2-2-2.

Du côté du Portugal, Carlos Queiroz (à gauche sur la photo) avait choisi une formation hybride entre celle qui avait écrasé la Corée du Nord et celle qui avait fait match nul contre le Brésil. Persistant dans son choix d’un 4-3-3 très défensif, on retrouvait en défense le gardien Eduardo puis de gauche à droite, Coentrão, Bruno Alves, Carvalho et Ricardo (titulaire contre le Brésil). Autre grand vainqueur du système choisi contre les Auriverde, Pepe qui assumait seul le poste de tour de contrôle à la place de Pedro Mendes. Devant ce milieu défensif plus défenseur que milieu, Raul Meireles et Tiago étaient les deux têtes de pont d’un entrejeu très technique. Enfin, en attaque, Cristiano Ronaldo était positionné sur la gauche, le vieux brisquard Simão sur la droite tandis que le solide Hugo Almeida culminait seul en pointe.

Mais ne nous y trompons pas, si la formation de Del Bosque paraissait plus défensive en raison de la présence de deux milieux récupérateurs et si le schéma de Carlos Queiroz en 4-3-3 avait l’air plus ambitieux offensivement, ce fut exactement l’inverse qui se produisit. Comme quoi, les schémas…

Aucun round d’observation pour une Espagne qui penche à gauche (0 – 20ème)

Source : Chronofoot.com

En effet, l’Espagne n’a pas laissé ses spectateurs s’ennuyer une seconde puis qu’elle se créait immédiatement trois occasions semblables. On a pu le constater lors des matchs précédents, le Portugal n’a pas de latéral droit titulaire. Paulo Ferreira, Miguel et Ricardo se sont succédé et c’est finalement ce dernier, le Lillois de 29 ans, qui a emporté la décision. Mais du haut de ses huit sélections, il fut d’entrée la cible des actions des coéquipiers de Xabi Alonso.

Basculant pour la seule fois du match sur l’aile gauche, Torres d’une frappe enroulée du droit (2ème), puis Villa (photo) d’une frappe à ras de terre du même pied droit (3ème) et enfin Villa une seconde fois, toujours de l’angle gauche de la surface (7ème), mettaient d’emblée Eduardo sur orbite. Le portier lusitanien ne le savait pas encore, mais il allait signer une prestation époustouflante face à une Espagne intrépide et joueuse.

Comme je l’expliquais dans le détail des compositions, l’Espagne a fortement insisté sur l’aile gauche avec un Xavi assumant un rôle de n°10, Iniesta et Villa à l’aile gauche tandis que Torres se déplaçait dans l’axe de la surface.

Après dix minutes, on était déjà convaincus que le Portugal n’allait que peu toucher le ballon durant la partie. Variant entre un 5-4-1 où Pepe occupait un poste de libéro au milieu de la charnière Carvalho-Alves, et 4-5-1 où Pepe était un réel milieu récupérateur, le Portugal a défendu avec un collectif digne des plus grands clubs européens. Démontrant ainsi une cohérence collective admirable après si peu de matchs joués ensemble. Offensivement, et contrairement à ce qui a été dit, c’est quand les coéquipiers de Ronaldo avaient joué en contres en deuxième période qu’ils avaient inscrit six buts aux Nord-Coréens (LIEN). Pour leur quatrième match dans cette Coupe du Monde, ils n’ont pas proposé une animation et une production de jeu plus efficace. Seul point « intéressant », le placement de Ronaldo qui occupait le flanc droit, préférant sûrement être opposé à Capdevilla plutôt que de se coltiner Ramos.

Après vingt minutes de jeu, rien n’avait bougé. Même circonstances de jeu pour une possession espagnole outrageuse : 62 %. Mais un signe inquiétant : la défense portugaise s’était adaptée. Non seulement il était plus difficile de passer le premier rideau en raison du recul de celui-ci, et donc du rapprochement avec celui des défenseurs, mais en plus, on observait régulièrement Tiago soutenir Ricardo sur l’aile droite.

Une discipline tactique hors-normes et une domination « mourinhesque » des Portugais (20ème – 58ème)

Source : Fifa.com

Dominer ne consiste pas nécessairement dans le fait de se procurer des occasions. Une maîtrise du jeu peut aussi se caractériser par la destruction du style adverse. Les Portugais ont réalisé cela pendant près de quarante minutes.

Après vingt minutes passées sur la gauche, on a vu l’Espagne s’appuyer sur Ramos qui prenait son couloir et formait un joli duo avec Fernando Torres aux abords de la surface de réparation. Cette diversité d’attaques entre gauche et droite n’a pourtant pas eu l’effet escompté. Au contraire, le Portugal se créait sa situation la plus dangereuse du match. A la suite d’une énième permutation, Ronaldo reprenait son poste habituel à l’aile gauche et lançait le une-deux avec Coentrão qui prenait l’intervalle, rentrait dans l’axe du terrain et talonnait pour Coentrão. Le latéral du Benfica avançait plein axe avant de décaler sur la droite Tiago, poue une frappe instantanée des vingt mètres. Mais Casillas rappelait au monde entier qu’il était l’un des meilleurs gardiens du monde en sortant une parade de grand standing. Almeida tentait alors de reprendre de la tête mais le portier du Real s’interposait une nouvelle fois avec brio (21ème).

Ce qui a considérablement gêné l’Espagne durant la première mi-temps, c’est le placement baroque de Pepe. Positionné en libéro, le défenseur central du Real a été préféré à Mendes, pourtant meilleur à mon sens face à la Côte d’Ivoire et à la Corée du Nord. Mais ce choix était emblématique de toute la tactique souhaitée par Queiroz : une triple présence axiale permettait aux Lusitaniens de toujours défendre à deux joueurs sur l’avant-centre espagnol qui avait la balle.

Avec le recul de Tiago sur l’aile droite pour doubler le marquage et l’absence trop fréquente de Xavi de l’autre côté du terrain, l’Espagne n’est plus parvenue à créer le surnombre, où que ce soit. Même si l’on a de plus en plus retrouvé Iniesta sur l’aile droite au fil du match. En bref, jusqu’à ce « dézonage » du petit « fantôme » barcelonais qui n’est survenu qu’après trente-trente-cinq minutes de jeu, le Portugal a toujours eu à défendre de la même manière.

Et le Portugal s’est appliqué à bien exploiter les contres et à les coups de pied arrêtés. C’est d’ailleurs Ronaldo qui, de trente-cinq mètres, forçait Casillas à repousser le ballon en catastrophe. Heureusement pour la Roja, aucun Lusitanien n’était à la retombée du ballon (28ème).

Après quoi, la Seleçao portugaise n’eut que deux contres à se mettre sous la dent mais le centre de Meireles ne trouvait la tête ni de Ronaldo, ni d’Almeida (39ème) et le contre initié par Simão voyait Casillas anticiper très intelligemment (42ème). La tête de Tiago de loin à côté (43ème) ne venait pas faire frémir davantage une Roja qui rentrait aux vestiaires sans sourciller mais sans avoir marqué.

Source : Melty.fr

La principale évolution du jeu portugais qui a annihilé les velléités espagnoles tient au resserrement des deux rideaux défensifs. Avec initialement une défense allongée sur soixante mètres, le Portugal a fini dans ses quarante mètres, un espace qui empêchait à la mobilité espagnole d’être aussi décisive que d’habitude.

Et si la deuxième période commença avec des montées franches de Capdevilla pour soulager Villa de la tâche d’aller seul sur l’aile gauche face à deux joueurs, c’est bien le Portugal qui manquait d’ouvrir le score. A la manière de la Grèce de Samaras, Hugo Almeida était à nouveau lancé seul en profondeur. Complètement isolé, l’attaquant du Werder Brême gardait le ballon, attendait l’arrivée de Ronaldo, centrait mais le contre de Carlos Puyol du genou au premier poteau manquait de lober Casillas… (52ème).

La tactique « mourinhesque » de Carlos Queiroz semblait devoir payer. Et comme le disait Bixente Lizarazu, « on avait le sentiment de voir un remake de Barcelone – Inter en Ligue des Champions ». Une analogie pertinente puisqu’on voyait non seulement Simão et C. Ronaldo défendre mais ils le faisaient à bon escient, quelle que soit l’aile sur laquelle ils s’étaient retrouvés lors de l’attaque précédente. Mais la comparaison s’arrêta là chronologiquement. Car si Coentrão obligeait une nouvelle fois Casillas à intervenir (57ème), ce fut la dernière fois que le Portugal s’approchait dangereusement du gardien espagnol. Et les Lusitaniens n’eurent plus de contres fulgurants car ils n’en étaient pas réellement capables tant la défense espagnole faisait bonne garde.

Un exploit collectif et technique puis une conservation de balle hors-normes (59ème – 90ème)

A l’heure de jeu, Queiroz faisait sortir un Almeida courageux pour faire rentrer l’ailier Danny. Ronaldo reprenait l’axe du terrain, comme contre le Brésil, tandis que Simão et Danny continuaient de permuter. De son côté, Del Bosque remplaçait Torres pour lancer l’autre Fernando, celui de l’Athletic Bilbao, Fernando Llorente (59ème).

Et alors que depuis cinq minutes, le pressing exercé par les Portugais était monté d’un cran et que les Espagnols n’existaient quasiment plus autrement que par des frappes axiales toujours contrées, Llorente ratait de justesse l’ouverture du score. A la réception d’un centre-diagonale splendide de Ramos de l’aile droite, le tout jeune international (6 sélections) mais très grand (1m93) assénait une tête plongeante à bout portant. Malheureusement trop sur Eduardo et celui-ci avait le réflexe de la dégager sur le côté (61ème). Dans la foulée, Villa s’essayait à la frappe lointaine. D’une bonne vingtaine de mètres, le nouvel attaquant du FC Barcelone expédiait un missile brossé du droit mais non-cadré. Quoi qu’il en soit, Eduardo semblait être là aussi sur la trajectoire.

Source : Leparisien.fr

L’entrée de Llorente a redynamisé toute l’animation offensive espagnole et c’est très logiquement que la Roja a ouvert le score deux minutes plus tard. Mais il fallait un véritable exploit pour ouvrir une brèche au sein de cette défense portugaise. Ce chef-d’œuvre ne fut pas individuel mais collectif. Au départ de l’action, on retrouvait Busquets qui adressait une passe verticale puissante à Iniesta aux seize mètres dans l’axe droit. Ledit Iniesta contrôlait magnifiquement avant de solliciter Llorente, lui-même aux seize mètres, pour un une-deux. Iniesta servait ensuite Xavi qui talonnait pour Villa dans l’intervalle légèrement sur la gauche. Le n°7 espagnol, parti dans le dos de l’infortuné Ricardo, frappait une première fois du gauche entre les jambes d’Eduardo qui repoussait mais la seconde frappe du droit, en lob, avait raison du héros portugais du jour (63ème). 1-0 pour l’Espagne (photo).

A ce moment du match, on ne pouvait qu’être admiratif de la créativité espagnole. Si l’on avait été jusque là fascinés par la qualité de la défense portugaise, le plaisir de la rigueur cédait le pas à celui du jeu. Après ce but, les joueurs de Queiroz ont naturellement changé de tactique et joué nettement plus haut, que ce soit au pressing, ou bien dans la production du jeu. Mais l’Espagne n’est pas seulement douée pour animer offensivement, elle sait aussi récupérer le ballon. Et c’est sur une récupération lointaine que la Roja passait de peu à côté du break. A trente mètres du but, Xabi Alonso était au relai de Capdevilla. A l’origine de la relance, le Madrilène effectuait ensuite un magnifique travail de fixation pour servir Iniesta dans l’axe. Celui-ci déboulait sur trente mètres puis décalait ensuite Ramos sur la droite droite. Le latéral madrilène repiquait dans la surface et frappait du pied gauche. Sans Eduardo qui claquait du bout des doigts ce tir décroisé, l’Espagne aurait doublé la mise (70ème).

Carlos Queiroz sortait alors coup sur coup deux joueurs. En premier lieu Pepe pour Pedro Mendes (72ème), un changement qui mettait en lumière la nouvelle stratégie offensive d’un Portugal qui n’avait plus besoin d’un libéro mais d’un relayeur au milieu de terrain. Ensuite, il substituait Liedson à Simão. Ces changements obligeaient le dispositif espagnol à la récupération à se mettre en route pour la première fois du match. On observait donc un 4-1-3-2 avec Busquets légèrement en retrait pour couvrir une éventuelle erreur défensive ou doubler le marquage sur Ronaldo.

Mais le Portugal avait consommé trop d’énergie à défendre et c’est l’Espagne qui allait de l’avant. Excentré dans l’axe gauche, Villa osait une nouvelle frappe des trente mètres, à nouveau repoussée par un Eduardo toujours en état de grâce -9 arrêts sur l’ensemble du match (77ème). La Roja faisait désormais tourner le ballon, faisant preuve d’une maîtrise technique hors du commun. Sans doute supérieure à celle du Brésil et de l’Argentine… Dans son coin, Ronaldo payait pour toutes les simulations de son précédent Mondial car l’arbitre argentin, Hector Baldassi, n’a sanctionné qu’une seule fois les pourtant nombreuses irrégularités espagnoles sur le Ballon d’Or 2008…

L’ultime occasion fut pour l’Espagne. Juste avant d’être remplacé par Pedro, David Villa adressait un caviar de diagonale en profondeur pour Llorente qui ne faisait qu’effleurer de la tête le ballon mais Eduardo paraissait, cette fois-ci, battu. Le tir n’était cependant pas cadré (87ème).

De manière anecdotique et en même temps symbolique de la seule fragilité portugaise, Ricardo Costa était exclu pour un mauvais geste sur Capdevilla (89ème). Trois minutes plus tard, Puyol intervenait une dernière fois de la tête sur un centre de Ronaldo, prouvant ainsi aux yeux du monde que l’Espagne était définitivement, et en tous points, supérieure à son adversaire ibérique du soir.

Les quatre meilleurs joueurs sur la pelouse furent indéniablement Eduardo (portier) et Pepe (milieu défensif) côté portugais ; Xavi (meneur de jeu ayant couru 11,7 km) et Villa (buteur) côté espagnol.

En quarts de finale, l’Espagne d’un Del Bosque qui devrait être moins critiqué ces jours prochains affrontera donc le Paraguay.

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