La Tribune du Sport


Une finale aux frontières du réel

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 13 novembre 2013
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Source : MetroNews

Source : MetroNews

Une anomalie. J’ai beau avoir retourné la chose dans tous les sens, la finale du Masters de Londres lundi a accouché d’un résultat absolument inexplicable. Ce n’est pas tant la défaite de Nadal qui m’a surpris que la manière : 6-3, 6-4 en une heure et demie pour Djokovic. « Le café et l’addition » aurait pu résumer Frédéric Bernès de L’Equipe. Et encore, le score aurait pu être plus lourd. (more…)

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Magnifique cuvée que cet Open d’Australie 2012

Posted in ATP Tour,La Tournée du Patron par Roland Richard sur 25 janvier 2012
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Source : Tennis.si.com

La première levée du Grand Chelem a déjà tenu toutes ses promesses. Certes l’Open d’Australie n’a pas encore fait tomber le rideau sur ses vainqueurs mais l’on a désormais la certitude qu’il s’agit d’un grand cru. (more…)

Us Open : « Djokovnic » domine Nadal en finale !

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 13 septembre 2011
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Source : RTBF.be

Dans la nuit de lundi à mardi, le numéro un mondial serbe Novak Djokovic s’est imposé face au numéro deux, Rafael Nadal, en finale de l’Us Open de tennis au terme d’un match époustouflant qui aura dépassé les quatre heures de jeu (6/2, 6/4, 6/7, 6/1). Analyse de la rencontre. (more…)

Deux titans en finale mais c’est Rafael Nadal qui l’emporte à Roland Garros

Source : Ouest-France.fr

Au bord des larmes. Rafael Nadal allait servir pour rentrer définitivement dans l’histoire de la terre battue lorsque l’émotion a manqué de le submerger. Un peu trop tôt. Mais quelques coups de boutoir plus tard, Rafael Nadal pouvait s’effondrer. Tout à la joie d’avoir remporté son sixième Roland Garros, le quatrième face à Roger Federer en finale. (more…)

Open d’Australie 2011 : Roger Federer est-il en « déclin » ? (deuxième partie)

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 27 janvier 2011
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Source : SportMagazine.be

L’ex-numéro un mondial s’est incliné ce jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie 2011 face à Novak Djokovic (6-7, 5-7, 4-6) en un peu moins de trois heures de jeu. Après un an sans finale de Grand Chelem, Roger Federer est-il en « déclin » ? Retour sur cette demi-finale proprement dit. (more…)

Open d’Australie 2011 : Roger Federer est-il en « déclin » ? (première partie)

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 27 janvier 2011
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Source : LeFigaro.fr

L’ex-numéro un mondial s’est incliné ce jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie 2011 face à Novak Djokovic (6-7, 5-7, 4-6) en un peu moins de trois heures de jeu. Après un an sans finale de Grand Chelem, Roger Federer est-il en « déclin » ? Rappel historique et statistique. (more…)

L’ouragan Federer embourbé dans le fond du court par Simon

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 19 janvier 2011
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Source : Ouest-France.fr

Après trois heures de jeu, Roger Federer a finalement réussi à se défaire du Français Gilles Simon 6-2, 6-3, 4-6, 4-6, 6-3. Il se qualifie ainsi pour le 3ème tour de l’Open d’Australie, première levée du Grand Chelem de l’année. (more…)

Masters Cup : une finale de rêve remportée par Maître Federer

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 28 novembre 2010
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Roger agresse Nadal et prend tous les risques (6-3, 32 minutes)

 

Source : Mirror.co.uk

Le maître, c’est bien lui. A 29 ans, le Suisse Roger Federer (photo) a glissé à l’oreille du tennis mondial un rappel cinglant. Pour le plus grand joueur de l’histoire de la petite balle jaune, le fait d’être le meilleur ne se conjugue pas qu’au passé. Il a non seulement remporté le tournoi le plus difficile à gagner après les Grands Chelems mais il l’a fait en ne perdant qu’une seule manche. Il l’a fait en balayant Murray puis Djokovic, respectivement 4ème et 3ème joueurs mondiaux. Il l’a fait en infligeant un 6-1 à Rafael Nadal, n°1 mondial et vainqueur de trois Grands Chelems cette année, lors du dernier set de la finale.

Et pourtant, les deux protagonistes ont commencé les débats avec une concentration semblable. Chacun proposait un panel excessivement varié sur son engagement et enquillait les jeux blancs ou presque. Au milieu du sixième jeu, Federer avait déjà claqué dix coups gagnants et les deux joueurs rivalisaient de virtuosité.

La première frayeur fut pour le n°2 mondial quand dans le septième jeu, il fut mené 0-30 sur sa mise en jeu. Un moment rêvé pour sortir sa perle de service extérieur côté égalité, sur le revers de l’Espagnol. Deux montées au filet le remirent dans le droit chemin et il s’en sortait pour mener 4-3. Malgré ce frisson, on sentait Federer un ton légèrement au-dessus, à la fois physiquement mais aussi mentalement.

Pendant tout le tournoi, on a effet cru percevoir les signes d’une certaine crispation dans l’attitude de Rafael Nadal : son énervement contre Carlos Bernardes à la fin du premier set contre Tomas Berdych en poule en fut très certainement la plus belle expression. Jamais on n’avait vu le protégé de Toni Nadal menacer de ne pas poursuivre un match…

Malgré cela, le Majorquin a su, face à Federer, rehausser son taux de premières balles d’un cran (77 %) par rapport au match contre Murray. Son service fut varié, bien plus que face à l’Ecossais où il avait mis en place une tactique singulière (le service extérieur côté égalité et au corps côté avantage). Là, les services à plat au T et les slices du gaucher s’alternaient à loisir avec les gros kicks extérieurs.

Ce n’est donc pas là que Nadal se montra inférieur. C’est surtout dans le jeu que l’on fut un peu surpris de l’idée que l’Espagnol s’était fait du match. Rafael Nadal a en effet harcelé le Suisse sur son revers comme il a pu le faire par le passé. Mais malgré le fait que Federer tenait l’échange de son revers face au lift monstrueux de Nadal pour la première fois depuis des années, le n°1 mondial n’a pas changé de tactique, un peu à l’image de ce qu’avait choisi de faire Murray la veille. Ainsi, la puissance, la précision et la vitesse d’exécution de Federer sur son revers à plat ébranlèrent complètement Nadal qui tenta alors de varier en distance. Une mauvaise idée face à l’autre joueur le plus véloce de la planète avec lui. Federer rentrait dans la balle, obtenait sa première possibilité de break à 4-3 et la convertissait d’un revers croisé gagnant. Tout un symbole… A 5-3, Federer restait uni et enfonçait le clou avec deux grosses premières, une montée au filet et surtout un coup droit décroisé qui laissait Nadal à trois mètres.

Le doute s’était insinué déjà auparavant chez le téléspectateur mais la crainte devait se confirmer, Nadal était blessé à la cuisse droite. Une cuisse essentielle pour un gaucher qui frappe fort en coup droit puisque c’est celle-là qui sert d’appui au moment de la frappe.

En trente-deux minutes, Federer remportait la première manche avec notamment 100 % de points gagnés derrière une première qu’il avait réussi à passer deux fois sur trois. Avec 14 points gagnants (contre 2 pour Nadal) et 9 fautes directes (4 pour Nadal), le Suisse s’est certainement inspiré de ce qu’avaient fait les adversaires de Nadal, Roddick en poule et ses montées au filet incessantes (6/7 réussies dans le premier set pour Federer), mais aussi Murray en demi-finale qui avait tenté énormément de coups gagnants, quitte à commettre des fautes. Car l’objectif était de raccourcir le plus possible les échanges en visant des zones bien particulières, pas tellement en abusant de puissance. En termes de précision, on ne fait pas mieux que Roger Federer, en tous cas pas ce dimanche.

A son tour, Nadal s’efforça d’aller de l’avant (3-6, 34 minutes)

 

Source : DailyMail.co.uk

Comprenant que le match était en train de complètement lui échappé tactiquement, le n°1 mondial hissa son niveau de jeu, se focalisa sur sa première (qui ne descendit plus sous les 83 % lors des deux sets suivants) et alla de l’avant. Comme à l’accoutumée, Federer quitta son nuage et baissa d’intensité. Sa première se fit plus rare (42 % sur l’ensemble du 2ème set) mais demeura toujours aussi efficace (88 % de points gagnés lorsque la première passait). Nadal s’accrocha à ce que le Suisse lui laissait. A 2-1, Federer dut servir mais avec sa panne de mises en jeu, il ne parvint plus à faire la différence. Ses attaques mal préparées et ses montées mal initiées, il concédait le break sur un coup droit décroisé monumental de Nadal qui menait 3-1, puis rapidement 4-1. A ce moment du set, Federer n’était qu’à 25 % de premières…

C’est l’occasion d’insister sur le fait que les deux joueurs se sont appliqués à rester dans des schémas très linéaires avec des diagonales croisées : le revers de Federer sur le coup droit de Nadal (et réciproquement) et son coup droit sur le revers du Majorquin. Ce qui fait que les rares fois où l’un des deux parvenait à tourner autour de son revers pour frapper en coup droit, cela faisait souvent mouche. Car le coup droit décroisé offre souvent davantage d’angle et il provoque une certaine surprise chez l’adversaire, d’autant plus si le match se déroule principalement dans les schémas classiques des diagonales croisées comme ce fut le cas dimanche.

Au-delà de cet aspect tactique, c’est une idée plus générale du tennis qui a été validée lors de cette finale : les joueurs agressifs ont gagné. Dans la deuxième manche, Federer a été contraint de céder l’espace offensif à son opposant. Par ailleurs, Julien Boutter, consultant technique au côté de Fred Viard, expliquait que les agressions répétées de Nadal sur les secondes de Federer avaient fini par avoir raison de sa concentration sur les premières. L’inquiétude d’avoir à jouer une seconde avait pris la place de la relative sérénité affichée dans le premier épisode du match.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le revers de Federer a alors commencé à flancher. Mais c’est plus généralement quelque chose dont le Suisse est coutumier : sortir un premier set de génie et ne pas pouvoir « tenir » ce niveau de jeu en raison de ce qu’il suppose comme degré d’implication, de concentration et d’énergie. On l’a vu notamment à Roland Garros face à Robin Söderling en quarts de finale cette saison.

Nadal encaissait le deuxième set sur une amortie réussie (6-3) malgré un ratio négatif points gagnants/fautes directes (4/8), semblable à celui de Federer d’ailleurs (5/9). Mais pour mesurer la proximité du niveau des deux joueurs, il suffit de dire que le Suisse ne s’était alors procuré qu’une seule balle de break (celle qui lui permit d’empocher le 1er set) et l’Espagnol seulement deux (la seconde lui fournit l’occasion de remporter le 2nd).

Federer allongea les échanges et étrilla un Nadal épuisé (6-1, 32 minutes)

 

Source : Sport365.fr

Malgré cette manche concédée, le vainqueur de l’Open d’Australie paraissait plus frais que le détenteur des trois autres Grands Chelems de la saison. Au même moment où le Suisse avait craqué dans la seconde manche, à 2-1, Nadal volait en éclats à son tour. Alors qu’il menait 40-15, il lâchait prise avant d’envoyer un coup droit dans le couloir, offrant ainsi une occasion inespérée à Federer de prendre l’avantage. Sur la seconde balle de service de l’Espagnol, Federer tenta le retour-coup-volée et Nadal expédia son passing hors des limites du terrain, 3-1.

Et alors que Julien Boutter s’inquiétait des zones où retournait Federer, un mètre derrière sa ligne de fond de court, je crois humblement qu’il s’agissait d’un choix délibéré. Car Nadal avait ralenti la puissance de ses premières pour maintenir son taux de réussite (83 % dans le 3ème set) mais aussi pour s’économiser. Le nombre de points gagnés derrière sa première s’en est d’ailleurs terriblement ressenti puisque celui-ci a chuté à 47 % dans cette ultime manche. Sans exagérer, on peut dire que Federer a achevé un Nadal qui était à l’agonie. La tension éprouvée toute la semaine par le n°1 mondial dans un tournoi où il n’avait jusque là même pas gagné un set, sur une surface qui le désavantage grandement puisque le rebond bas de Londres l’empêche de lifter facilement comme à son habitude ; les matchs marathons contre Roddick en poule (plus de deux heures et demie) puis face à Murray en demi (plus de trois heures) ; tout cela avait participé d’une fatigue physique tout autant que mentale, insurmontable face à un Federer de ce niveau.

Les commentateurs de Canal + l’ont répété toute la semaine : sur une telle surface, cela ne sert à rien de frapper très fort, excepté au service où cela sert toujours, il faut ici prendre la balle de manière précoce (ce dont Nadal est difficilement capable) et jouer les zones plus que la puissance (ce qui a été rendu compliqué par le fait que Nadal avait moins de temps pour se placer entre chaque point car lifter sur un tel rebond nécessite plus de temps pour s’ajuster au moment de la frappe).

Federer a donc eu raison d’allonger progressivement les échanges, notamment en reculant sur les premières de Nadal, plutôt que de tenter des coups gagnants comme lors des deux premiers sets. L’Espagnol concédait même une seconde fois son engagement alors qu’il s’entêtait à frapper sur le revers de Federer, ultime bouée de sauvetage face à un Suisse des très grands jours. Pour que la curée soit complète, à 5-1, balle de match, Federer envoyait un magnifique coup droit bombé gagnant dans la diagonale croisée… la spécialité de Nadal.

Federer a été clairement récompensé de tous ses choix tactiques (ratio de +11 sur l’ensemble de la partie avec 32 coups gagnants et 22 fautes directes contre un 11/19 inhabituel chez Nadal). Mais ce qu’on retiendra, c’est que les montées au filet payent sur cette surface lente où les joueurs ont le temps d’utiliser le kick et la montée à la volée derrière. Federer est ainsi allé au front à 19 reprises face à Nadal (13 fois avec réussite). Par ailleurs, on notera que sa constance dans les points importants est redevenue, l’espace d’un match, celle qui était la sienne encore en janvier en Australie (3 balles de break, 3 converties).

En somme, c’est un Federer plus fort que jamais que l’on devrait retrouver la saison prochaine. Les jeunes que sont Nadal, Djokovic et Murray n’ont qu’à bien se tenir, le vieux « maître » est de retour !

Masters Cup : Nadal s’est épuisé avant d’affronter Federer

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 28 novembre 2010

Quand Nadal remporte set que personne n’a dominé (1er set)

Source : Sports.fr

Il n’est plus temps pour moi de vous livrer un récit exhaustif de la demi-finale qui a opposé samedi Rafael Nadal à Andy Murray. Au contraire, à quelques heures de la finale où l’Espagnol affrontera Federer, il me semblait plus pertinent de mettre en lumière les qualités et défauts de l’Espagnol, avec en perspective le match de Federer contre Murray lors des poules que j’avais commenté cette semaine.

Malgré le suspense haletant qui a caractérisé la demi-finale entre le n°1 et le n°5 (qui redeviendra n°4 lundi), le niveau de jeu n’a pas toujours atteint des sommets. Lors du premier set, chacun des deux joueurs a tenu sur ses points forts. Murray a réussi à maintenir le cap grâce à une première balle de service en or. Prenant tous les risques, l’Ecossais a malgré tout réussi à frôler les 65 % de premières, un taux monstrueux lorsqu’on tente autant. Signant au passage 9 aces, le protégé d’Alex Corretja a ainsi réussi à ne concéder aucune balle de break.

Mais son jeu du fond du court s’est restreint à frapper sur le revers de Nadal (qui est gaucher) et à éviter tout autant le coup droit du n°1 que le sien. Ainsi amputé de la moitié de son jeu et refusant systématiquement de monter au filet pour essayer de pousser l’Espagnol à la faute, Murray n’avait rigoureusement pas mis les chances de son côté pour gagner ce set. Il a certes beaucoup tenté (18 coups gagnants) mais il a aussi beaucoup raté (15 fautes directes). De son côté, Nadal a lui frapper fort mais avec une tension qu’on ne lui connaissait plus. S’appliquant à allonger les échanges pour faire craquer son adversaire, il ne connaissait aucune difficulté du fond du court mais souffrait toujours sur sa première. C’est dans la fin du set et notamment pour égaliser à 6-6, ainsi que dans le tie-break, que l’Espagnol a réglé son service pour atteindre les 67 % de premières sur l’ensemble de la manche.

Ce qui était très intéressant, c’était de constater que si Murray a systématiquement cogner sur le revers de Nadal et servi puissamment au T en première balle, l’Espagnol avait quant à lui mis en place des stratégies un peu plus diversifiées pour pousser son adversaire à commettre des erreurs. On notera notamment la faculté de comprendre que Murray n’aime pas qu’on serve sur son coup droit côté égalité (service extérieur donc pour Nadal) et pas au corps (c’est-à-dire sur lui) côté avantage. L’issue de la manche ne s’est décidée qu’à la volonté tant les deux joueurs été malgré tout très proches. A ce jeu-là et malgré la crispation lisible sur le visage de Nadal, c’est bien le n°1 qui est « allé chercher son tie-break » (dixit Fred Viard). Montant au filet et insistant sur son schéma au service, c’est bien au mental que tout s’est joué. Car alors que Nadal menait 5-4, Murray a sorti un point d’une vingtaine de coups pour égaliser en ayant forcé l’Espagnol à jouer une amortie (!). Mais derrière, Nadal a malgré tout gagné les deux points suivants, comme si cette passe d’armes n’avait eu aucun effet sur lui. 7-6 (7-5) en une heure de jeu.

Quand Murray est survolté (2nd set)

Source : Racing-1

Le deuxième set est reparti ainsi sur des bases semblables jusqu’au septième jeu. Fameux septième jeu si cher aux grands joueurs et dont on dit qu’il donne la couleur d’une manche. Pour arriver à recoller à 3-3, Murray a sorti son premier coup droit phénoménal du match. Un coup droit gagnant irrésistible qui a sonné comme un changement. Dans le jeu suivant, sur l’engagement de Nadal, l’Ecossais est reparti de plus belle et a asséné des coups terribles, notamment en coup droit. Il n’en pas fallu plus pour déstabiliser un Nadal tendu et émoussé par la force mentale dont il a dû faire montre quelques temps plus tôt pour remporter le premier set. Malgré trois services exceptionnels, la quatrième était trop difficile à effacer et

Murray breakait pour la première fois de la partie d’un revers croisé époustouflant, quelques instants après s’être offert sa première balle de break du match. Fait rare, Nadal semblait touché physiquement et mentalement. Il perlait de grosses goutes de sueur et les gros plans de la télévision indiquaient qu’il souffrait. Murray est survolté, il joue sur une autre planète et double-breake dans la foulée pour glaner le second set, 6-3.

Au courage, les deux joueurs seraient morts sur le court (3ème set)

A partir de ce moment-là, les deux joueurs ont accusé le coup. Les stigmates de la fatigue se traduisaient désormais dans le jeu. Alternativement, le duo a offert à voir le meilleur et le pire. Mais c’est tout d’abord Nadal qui a profité légitimement de la baisse de régime de l’Ecossais. Commettant huit fautes directes en trois jeux, le n°1 a pu le breaker sans effort et mener 2-1, puis rapidement 3-1.

Mais il semblait écrit que Murray ne lâcherait rien. Celui-ci est encore reparti à l’attaque, a mis de côté la douleur qui le lançait dans sa cuisse droite et a repris son travail de sape sur le revers de l’Espagnol. Tour à tour, les deux joueurs manquaient de craquer, Nadal s’en est sorti de justesse à 3-2 et a sauvé une balle de break pour confirmer son avance, 4-2. Juste derrière, Murray fatiguait à son tour pour égaliser à 4-3. Le n°1 parvenait à se hisser jusqu’à 5-4 et devait servir. Il a certes recollé de 0-30 à 30-A mais il a ensuite concédé une balle de break sur un schéma court qui n’a pas fonctionné. Après quoi, Nadal tentait un service-volée un peu désespéré sur une seconde en s’appuyant sur un service au corps, côté avantage, mais cette fois-ci, Murray ne se faisait pas piéger et tirait un passing de génie pour égaliser à 5-5. Mais ce qui a été impressionnant, c’est la constance dont Andy Murray aura fait preuve jusqu’au bout.

Source : Welovetennis

Avec 52 % de premières balles de plus en plus puissantes tout au fil du match, il a réussi à tirer 22 aces tout en préservant son taux, ce qu’il n’était pas parvenu à faire contre Federer en poule. Nadal égalisait et le tie-break survenait, comme dans une pièce de théâtre dont le terme se doit d’être absolument insoutenable. Murray prenait rapidement le large pour arriver jusqu’à 4-1. Le meilleur joueur du monde de l’année a alors sorti deux gros points sur ses mises en jeu et est revenu à 4-3. Là, on ne put que se dire qu’aucun des deux joueurs n’allait finir par gagner cette rencontre, qu’on y serait encore dans une heure. Ils ne tenaient plus grâce à leur jeu mais sortaient des coups dignes du plus haut niveau car ils restaient tenaces, opiniâtres, accrocheurs, en un mot, éternels. Au final, Nadal s’imposait au prix d’un ultime coup droit décroisé à vingt centimètres de l’angle du terrain. Un dernier coup exceptionnel qui envoyait Murray en vacances, d’une manière cruelle mais pas illégitime. 7-6 (7-5).

Aucun des deux joueurs n’était supérieur mentalement à l’autre, ce qui est une performance en soi pour Murray. Et si ce dernier a mieux servi, son jeu du fond du court n’aura été agressif et réellement percutant que par fragments. Dans ces fragments-là, aucun joueur ne pouvait rivaliser avec le Britannique. Mais Nadal avait pour lui la constance de son jeu du fond du court et ses stratégies plus diversifiées. Trois heures, onze minutes, auront été nécessaires pour départager deux joueurs qui ont offert surtout une demi-finale dense, intense et remarquable par le spectacle qu’était leur combat. Mais le niveau de jeu n’aura été réellement époustouflant que dans la deuxième moitié du second set pour Murray et pour les deux joueurs à partir de 3-2 dans le dernier set. La surface aura posé des problèmes à tous les joueurs durant la semaine.

Quoi qu’il en soit, Roger Federer et l’humiliation qu’il a infligé au Serbe Novak Djokovic quelques heures plus tard dans l’autre demi-finale doivent inquiéter Nadal qu’on a senti épuisé. Pour la première fois depuis des années, on a le pressentiment que le complexe d’infériorité sera du côté du protégé de Toni Nadal car il n’a jamais disputé de finale de Masters Cup, car il n’est pas complètement à l’aise sur cette surface et car son service ne sort plus aussi régulièrement qu’avant de sa raquette (63 % sur l’ensemble du match face à Murray). Enfin, parce que Federer est à un niveau de jeu exceptionnel. Il a balayé Murray puis Djokovic en deux petits sets et une heure, vingt minutes à chaque fois. Mon pronostic allait initialement en faveur de Rafael Nadal. Mais après cette semaine, je ne peux plus me dédire cependant je crains pour ma prévision. En tous les cas, je n’aurais pas été si mauvais puisque mes trois favoris (Nadal, Federer et Djokovic) étaient en demis et que mes deux grands favoris sont en finale. A présent, profitez-en et que le meilleur gagne !

Masters Cup : Un Federer offensif a battu un Murray sans première

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 23 novembre 2010

Source : 24heures

C’était le premier très gros choc, comprendre entre deux joueurs du top 4, de cette Masters Cup 2010. Alors que Söderling avait été éreinté par Murray dimanche, que Federer avait gentiment écarté Ferrer de sa route quelques heures plus tard et que Djokovic n’avait fait qu’une bouchée de Berdych lundi, nous attendions un premier vrai match à la fois très disputé – ce fut le cas de celui entre Nadal et Roddick lundi soir – et de grande qualité.

Le match commence tambour battant avec un Federer très agressif (ci-contre), qui monte souvent au filet et qui assène des coups violents mais surtout extrêmement précis. Julien Boutter, le consultant technique qui commentait ce mardi au côté du divin Fred Viard, expliquait d’ailleurs à la fin de la rencontre que « sur cette surface, c’est inutile de frapper fort pour remporter des points. Ce qu’il faut, c’est prendre la balle tôt et jouer en timing. »

Ceci vous explique en partie pourquoi un Nikolay Davydenko a pu, à la surprise générale, remporter le tournoi l’an dernier. Mais aussi pourquoi Rafael Nadal a tant souffert pour se débarrasser d’Andy Roddick, l’Espagnol ayant une préparation très longue pour expédier ses lifts.

L’autre constante de ces deux matchs que j’ai regardés, c’est qu’aucun joueur, pas même Rafael Nadal, n’a pu servir plus de 60 % de premières balles sur l’ensemble d’un match. Andy Murray n’a même jamais dépassé les 44 % de moyenne. Un taux bien trop faible pour espérer gêner Roger Federer. Le Suisse prenait ainsi l’engagement de l’Ecossais dès le troisième jeu de la première manche sur un coup droit puissant plein axe, transformé en coup gagnant par un Murray le pensant faux. A ce moment de la partie, Federer culmine à 33 % de premières, Murray à 26 %.

Pourquoi les deux joueurs ont-ils éprouvé tant de difficultés à servir ? Parce que la surface étant lente, aucun de nos deux protagonistes ne souhaitait s’exposer aux contres phénoménaux dont l’un comme l’autre sont capables lorsque la première n’est pas suffisamment appuyée et précise. La différence s’est donc faite dans l’échange que le Suisse parvient systématiquement à écourter grâce au caractère offensif de son jeu. La statistique est impressionnante, en 1h16 de match et en seulement dix-huit jeux disputés, Federer est monté dix-sept fois au filet et a remporté quatorze points. Son ratio coups gagnants / fautes directes est positif (19/14 soit +5) alors qu’il a pourtant pris tous les risques en ce qui concerne les zones recherchées.

Mais le problème insoluble pour Andy Murray résida majoritairement dans l’engagement du Suisse. Pas tellement pour le taux de premières mais bien pour le nombre de points que l’ex-numéro un mondial a remporté sur sa mise en jeu : 36 points gagnés sur 44. En ayant breaké à deux reprises très tôt dans le match, à 1-1 dans le premier set et à 0-0 dans le deuxième et avec cette force sur sa propre mise en jeu, « Rodgeur » était intouchable dans le schéma de la partie.

Source : Gigsport

Si je dis « schéma », c’est que dans le jeu lui-même, l’Ecossais a fait plus que résister. Si le 6-4 de la première manche ne reflétait pas tellement le niveau de jeu d’un Murray asphyxié par le service ainsi que par les angles trouvés par Federer, le 6-2 ne fut pas davantage représentatif du niveau de jeu du n°5 mondial, alors très efficace. Allongeant les échanges, Murray a réussi à créer un faux rythme mais aussi à se donner les moyens de pouvoir varier les longueurs, les effets (spécialement le slice qui ne rebondit pas, idéal donc sur une surface qui ne rebondit pas de base) et ainsi à installer une certaine léthargie dans l’échange, façon de faire dont il a le secret et qui vise à amener l’adversaire où il le veut et à agir par fulgurances.

Car si ce premier jeu du deuxième set, perdu par Murray sur sa mise en jeu, a duré près de neuf minutes, Federer a ensuite su enfoncer le clou et ôter tout espoir de retour au Britannique en réussissant le double-break à la première occasion pour mener 3-0 puis 4-0 sur un nouveau jeu blanc sur son propre service. Ce qui a été frappant, c’est qu’on a senti Federer dominer mentalement Murray, très vite agacé par son jeu. Malgré cela, les deux hommes ont offert aux spectateurs de l’O² Arena (ci-contre) un magnifique spectacle lors de la deuxième manche, rivalisant d’ingéniosité tactique pour pousser l’adversaire à la faute. A ce petit jeu-là, Murray a malgré tout eu le dessous (10 coups gagnants pour 26 fautes directes, soit un ratio de – 16) mais les deux joueurs se sont donnés sans compter.

En conclusion, on peut clairement dire que Roger Federer a vraiment confirmé les résultats encourageants qu’il avait obtenus auparavant et qu’il est désormais tout désigné pour atteindre une nouvelle fois les demi-finales de la Masters Cup. En effet, en remportant ses deux matchs en deux petits sets secs, il n’a quasiment plus aucune chance d’être éliminé. A l’inverse, Andy Murray devra batailler ferme pour s’imposer face à Ferrer lors de son dernier match et tenter ainsi de décrocher sa qualification aux dépens de Robin Söderling.

Demain mercredi, nous assisterons au choc tant attendu, revanche de la finale de l’US Open, entre Novak Djokovic et Rafael Nadal en fin de soirée. A demain !

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