La Tribune du Sport


Juventus – Inter Milan : l’honneur est sauf.

Posted in Serie A Italienne par Les amis de LTS sur 27 avril 2009

L’Inter commence le match tambour battant. Très vite, les Intéristes se montrent entreprenants, à l’image de Mario Balotelli, le très jeune attaquant de cette formation. Dès le début de la rencontre, à la 10è minute, « Super Mario », comme il est déjà surnommé, échappe à une pourtant solide défense turinoise et tire de près sur Buffon qui ralentit une balle poursuivant sa course faible vitesse vers la ligne de but. Tiago plonge de toutes ses forces et sauve la Juve d’une ouverture du score qui apparaissait logique.

Une occasion de but qui aura au moins fait réagir une Juve, qui augmente la cadence, mais qui pêche par trop de classicisme, trop d’actions téléphonées. Sur les coups de pieds arrêtés, les hommes de Ranieri se montrent plus inspirés, la maladresse de Grygera suite à un corner de Del Piero empêche la Juve d’ouvrir la marque. L’Inter contrôle sans forcer. Des joueurs sortent du lot : Zanetti fera une excellente rencontre. Dynamique, percutant et intraitable en défense, ce n’est pas un hasard s’il est capitaine de la formation milanaise. La défense milanaise sera d’ailleurs impeccable, avec une ligne composée de Zanetti, Chivu, Cordoba et Samuel, pouvait-il en être autrement ? En attaque et au milieu, c’est du même niveau, Balotelli fait des merveilles, et pique presque la vedette a Ibrahimovic, pas très convainquant ce soir-là. Bonne prestation également du vétéran Stankovic, réalisant deux grosses frappes dangereuses.

Mais la Juve a du cœur et le montre. Elle tente, se bat, fait preuve d’une remarquable combativité. Mais elle manque de réussite et la mayonnaise ne prend pas. Iaquinta est désespérément seul devant. Peu de ballons car l’Inter les confisque. Et se montre dangereux. Il faut attendre malgré tout la 64ème minute pour que Balotelli, sur un contre rudement bien mené et via une passe de Muntari, ne fasse trembler les filets.

Cela réveille, une fois de plus, la Juve. Iaquinta semble bouger un peu plus. Tiago aussi. Mais voilà, les fautes se multiplient, on frôle la boucherie. Tiago se fait expulser pour une faute débile sur un Balotelli un peu fanfaron. Balotelli, c’est le talent, mais c’est aussi une certaine arrogance. A 18 ans, c’est un peu tôt, serait-ce la nouvelle donne chez les jeunes joueurs ?
A dix, l’addition risque d’être salée si la Juve ne s’active pas. Les Interistes ont une baisse de régime, les Turinois poussent. Trezeguet et Giovinco entrent pour rafraîchir la Juve. Trop tard. Les carottes sont cuites. Del Piero sort, après une prestation transparente. Trezeguet ne fera pas mieux.
Buffon est là. Heureusement, sinon bonjour la fessée pour les Turinois. Viera, entré a la place de Muntari, fera lui aussi apparition… disons plutôt une non-apparition. Il ne fait décidément pas toujours bon d’être français dans le championnat transalpin…

On s’endormirait presque quand sur un corner bien servi de Giovinco, Grygera, bien placé et oublié par le mur milanais égalise a la dernière minute. Un but pour la Juve qui fait figure de Deus Ex Machina. Un petit point pour les deux équipes qui ne changera pas grand chose. La Juve n’a pas perdu, l’Inter sera probablement champion.
Une rencontre bien sympathique, animée et tendue qui se finit logiquement par un nul. Le football italien aurait besoin de matchs comme ça pour redorer son blason, terni par des contre-performances en C1 et en UEFA.

Sylvain Bezos