La Tribune du Sport


Le triomphe du milieu parisien face à Benfica

Source : Eurosport

Thiago Motta (Source : Eurosport)

Pour son deuxième match de groupe de Ligue des Champions, le PSG n’a mis qu’une demi-heure à rappeler qu’il est une des huit meilleures équipes d’Europe. Trois buts en trente minutes venus d’une domination sans partage de son trio Thiago Motta-Verratti-Matuidi au milieu, de l’influence d’Ibrahimovic mais aussi de la science de Laurent Blanc sur coup de pied arrêté.

 

 

On joue la 70e minute hier soir lorsque sort Marco Verratti. Standing ovation pour le milieu italien de bientôt 21 ans. Une scène qui illustre parfaitement la reconnaissance du Parc des Princes pour un joueur, symbole du renouveau tactique du PSG.

 

Le système qui fonctionne le mieux, le plus « équilibré » pour Laurent Blanc, c’est ce 4-3-3 avec trois milieux à vocation plutôt défensive, du moins en apparence. Ce cœur du jeu si cher à l’ancien sélectionneur des Bleus. C’est d’ailleurs peut-être dans ce passé international qu’il faut chercher l’origine de ce choix. Septembre 2010, la France affronte la Bosnie-Herzégovine pour les matchs qualificatifs à l’Euro 2012. Un match qui restera à mes yeux comme le plus abouti tactiquement de l’ère Laurent Blanc. La France ne s’était imposée que 2-0 mais avec une maîtrise absolue sur le jeu.

 

A l’époque, les trois milieux soi-disant « défensifs » s’appelaient alors Alou Diarra, Abou Diaby et Yann M’vila. Aujourd’hui, dans ce nouveau Paris, il s’agit de Thiago Motta, positionné en retrait, de Marco Verratti et de Blaise Matuidi.

 

Marco Verratti (Source : LeNouvelObservateur)

Marco Verratti (Source : LeNouvelObservateur)

Dépasser sa fonction pour un jeu ultra offensif

 

Un trio qui a éteint le bien trop pâle Benfica. Malheureux l’an passé car trois fois deuxième (championnat du Portugal, coupe du Portugal et Europa League), le club lisboète m’a paru d’une invraisemblable faiblesse sur le plan du placement.

 

Au départ, on constate que le club de Jorge Jesus oscille entre deux schémas : 4-4-2 quand Paris est à la relance ; 5-3-2 quand Paris est dans les trente derniers mètres du Benfica.

 

Le pressing est très intense et le club portugais évolue très haut avec un objectif : empêcher le PSG de jouer dans l’axe avec des passes rapides ou des dribbles. Mais les trois milieux parisiens, bien aidés d’Ibrahimovic, vont transpercer régulièrement et sans difficultés cette défense haute du vice-champion du Portugal.

 

En outre, le rôle d’Ibrahimovic a été fondamental hier. Avec Matuidi, il est le joueur qui a le plus « dépassé sa fonction » selon l’expression en vogue en ce moment chez les observateurs de football. Comprendre, un joueur qui ne fait pas seulement ce qu’implique son placement de départ sur la feuille de match.

 

Si Matuidi s’est projeté très fréquemment devant, Ibrahimovic a lui décroché d’entrée de jeu. Le PSG a alors évolué régulièrement selon le schéma suivant, particulièrement offensif :

 

Cavani

Maxwell – Lavezzi – Ibrahimovic – Matuidi – Van der Wiel

Verratti (ou Thiago Motta)

Alex – Thiago Motta (ou Verratti) – Marquinhos

Sirigu

 

Source : LeFigaro.fr

Source : LeFigaro.fr

Une sorte de 3-1-5-1 où Paris a baladé sa maîtrise grâce à une abondance de solutions proposées au porteur de balle dans la moitié de terrain portugaise. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Dès la 2e minute, Ibrahimovic sert d’entrée Cavani dans la profondeur mais l’Uruguayen est un peu court.

 

Trois petites minutes plus tard, le jeu collectif à trois touches de balle maximum du PSG fait plier le Benfica. Zlatan Ibrahimovic transmet à Verratti plein axe, talonnade de l’Italien pour Matuidi qui décale tout de suite Van der Wiel sur la droite. L’international néerlandais remet à Matuidi en retrait qui passe à nouveau à Verratti dans l’axe. Cette fois, l’international italien sert Van der Wiel dans l’espace (dans l’axe droit de la surface). Centre de la droite vers la gauche et au 2e poteau surgit Zlatan ! 1-0 (5e).

 

Le Benfica est assommé. Son pressing et son positionnement haut n’ont eu aucun effet. Le PSG n’a même pas eu besoin de la profondeur pour ouvrir le score. C’est sa qualité technique et la grande disponibilité de tous ses joueurs offensifs qui a fait la différence.

 

Immanquables coups de pied arrêtés

 

Deuxième caractéristique de Laurent Blanc sur le plan tactique : sa grande affection pour les phases arrêtées. Thiago Motta avait marqué deux fois face à l’Olympiakos lors du premier match, il est cette fois le tireur du corner à l’origine du deuxième but.

 

Le centre de l’ancien intériste arrive au 2e poteau où Ibrahimovic le récupère. Nouvelle talonnade sans contrôle pour Verratti dans la surface. Superbe petite passe du plat du pied fouettée pour Matuidi qui centre et Marquinhos est à la réception. Le 3ème but en cinq matchs toutes compétitions confondues pour le défenseur central brésilien de 19 ans. Et surtout, une nouvelle avant-dernière passe décisive de Verratti. 2-0 (25e).

 

Cinq minutes plus tard, le PSG écœure définitivement les hommes de Jorge Jesus sur un nouveau corner de Thiago Motta. Cette fois, c’est Ibrahimovic qui assène une tête puissante. Elle rebondit sur le dos d’un Lisboète avant de plonger dans le but du portier Artur. 3-0 en trente minutes de jeu. Pile.

 

Source : MetroNews.fr

Source : MetroNews.fr

L’art majeur de la verticalité

 

Trois hommes se sont particulièrement illustrés dans cette première demi-heure : Ibrahimovic (premier et troisième buts inscrits ainsi qu’une talonnade à l’origine du deuxième) ; Verratti (deux fois avant-dernier passeur décisif et étincelant dans l’entrejeu) ; et Thiago Motta (deux corners très bien tirés qui amènent les deuxième et troisième buts).

 

Au-delà du caractère décisif de ces joueurs, au-delà de leur positionnement haut et de leur volume de jeu, c’est aussi leur technique qui m’a intéressé. Laurent Blanc est un adepte de la passe verticale, cette passe qui permet à un défenseur central ou à un milieu « défensif » de traverser le premier rideau à ras-de-terre. Thiago Motta et Verratti ont cette arme dans leur arsenal technique. C’est cette passe qui évite à une équipe les innombrables transmissions latérales pour contourner le pressing adverse.

 

Ebranlé, le Benfica n’a jamais soutenu la comparaison techniquement et tactiquement face à un PSG signant sa prestation la plus solide depuis le début de saison (65 % de possession de balle sur l’ensemble du match, 414 passes contre 171 en première période).

 

Y a-t-il un problème Cavani ? Pas du tout !

 

Seule ombre au tableau, la contre-performance d’Edinson Cavani qui a souvent effectué les mauvais choix (62e, 65e, 74e, 87e). Mais je ne trouve pas ça du tout inquiétant. D’abord parce que contrairement à ce qu’on nous serine à longueur de colonnes de journaux et de résumés de télévision, l’Uruguayen évolue presque tout le temps… dans l’axe ! Le fait qu’il n’ait marqué « que » cinq buts (4 en Ligue 1, 1 en C1) n’est donc pas lié à un exil supposé sur l’aile droite. Et puis, cinq buts pour un joueur censé vivre mal sa situation, ça me fait sourire…

 

Source : MaxiFoot.fr

Source : MaxiFoot.fr

Ensuite, si l’on regarde de plus près la fameuse absence de complémentarité entre lui et Ibrahimovic, elle relève du fantasme. Le problème n’est absolument pas Ibrahimovic qui l’a servi à plusieurs reprises hier (2e, 62e, 90+2e) même s’il l’a oublié une fois (23e). Non, le problème réside davantage chez les neuf autres joueurs alignés. Quand Zlatan et Edinson se retrouvent tous les deux dans la surface, les passeurs cherchent prioritairement le patron, c’est-à-dire le Suédois (même Lavezzi, ancien Napolitain comme Cavani, a cherché Ibra à la 43e).

 

Il faut donc être patient avec Cavani. Car si le patron du PSG le sert avec autant de régularité lors des matchs à venir (il est tout de même le passeur décisif sur les buts de l’Uruguayen contre Nantes et Valenciennes et à l’origine de sa réalisation face à l’Olympiakos), ses partenaires vont naturellement s’en remettre, eux aussi, à l’Uruguayen (comme ce fut le cas avec Verratti et Van der Wiel à la 65e).

 

Pour conclure, le Benfica n’a émergé que quand le PSG a relâché la pression en deuxième période. Mais à chaque fois, Sirigu s’est retrouvé sur la trajectoire (61e, 67e) ou bien les phrases lisboètes n’étaient pas cadrées (56e, 64e). C’est donc un deuxième match référence pour le club de la capitale après la victoire à Bordeaux. Or c’est précisément depuis ce 13 septembre que le PSG évolue avec ce milieu à trois. Bilan : cinq victoires et un nul contre Monaco. Bravo à Laurent Blanc d’avoir assumé ce système malgré les critiques sur le positionnement, supposé mais erroné, de Cavani sur la droite.

 

Roland Richard

@rolandrichard

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