La Tribune du Sport


Une finale aux frontières du réel

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 13 novembre 2013
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Source : MetroNews

Source : MetroNews

Une anomalie. J’ai beau avoir retourné la chose dans tous les sens, la finale du Masters de Londres lundi a accouché d’un résultat absolument inexplicable. Ce n’est pas tant la défaite de Nadal qui m’a surpris que la manière : 6-3, 6-4 en une heure et demie pour Djokovic. « Le café et l’addition » aurait pu résumer Frédéric Bernès de L’Equipe. Et encore, le score aurait pu être plus lourd. (more…)

Us Open : « Djokovnic » domine Nadal en finale !

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 13 septembre 2011
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Source : RTBF.be

Dans la nuit de lundi à mardi, le numéro un mondial serbe Novak Djokovic s’est imposé face au numéro deux, Rafael Nadal, en finale de l’Us Open de tennis au terme d’un match époustouflant qui aura dépassé les quatre heures de jeu (6/2, 6/4, 6/7, 6/1). Analyse de la rencontre. (more…)

Deux titans en finale mais c’est Rafael Nadal qui l’emporte à Roland Garros

Source : Ouest-France.fr

Au bord des larmes. Rafael Nadal allait servir pour rentrer définitivement dans l’histoire de la terre battue lorsque l’émotion a manqué de le submerger. Un peu trop tôt. Mais quelques coups de boutoir plus tard, Rafael Nadal pouvait s’effondrer. Tout à la joie d’avoir remporté son sixième Roland Garros, le quatrième face à Roger Federer en finale. (more…)

Masters Cup : une finale de rêve remportée par Maître Federer

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 28 novembre 2010
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Roger agresse Nadal et prend tous les risques (6-3, 32 minutes)

 

Source : Mirror.co.uk

Le maître, c’est bien lui. A 29 ans, le Suisse Roger Federer (photo) a glissé à l’oreille du tennis mondial un rappel cinglant. Pour le plus grand joueur de l’histoire de la petite balle jaune, le fait d’être le meilleur ne se conjugue pas qu’au passé. Il a non seulement remporté le tournoi le plus difficile à gagner après les Grands Chelems mais il l’a fait en ne perdant qu’une seule manche. Il l’a fait en balayant Murray puis Djokovic, respectivement 4ème et 3ème joueurs mondiaux. Il l’a fait en infligeant un 6-1 à Rafael Nadal, n°1 mondial et vainqueur de trois Grands Chelems cette année, lors du dernier set de la finale.

Et pourtant, les deux protagonistes ont commencé les débats avec une concentration semblable. Chacun proposait un panel excessivement varié sur son engagement et enquillait les jeux blancs ou presque. Au milieu du sixième jeu, Federer avait déjà claqué dix coups gagnants et les deux joueurs rivalisaient de virtuosité.

La première frayeur fut pour le n°2 mondial quand dans le septième jeu, il fut mené 0-30 sur sa mise en jeu. Un moment rêvé pour sortir sa perle de service extérieur côté égalité, sur le revers de l’Espagnol. Deux montées au filet le remirent dans le droit chemin et il s’en sortait pour mener 4-3. Malgré ce frisson, on sentait Federer un ton légèrement au-dessus, à la fois physiquement mais aussi mentalement.

Pendant tout le tournoi, on a effet cru percevoir les signes d’une certaine crispation dans l’attitude de Rafael Nadal : son énervement contre Carlos Bernardes à la fin du premier set contre Tomas Berdych en poule en fut très certainement la plus belle expression. Jamais on n’avait vu le protégé de Toni Nadal menacer de ne pas poursuivre un match…

Malgré cela, le Majorquin a su, face à Federer, rehausser son taux de premières balles d’un cran (77 %) par rapport au match contre Murray. Son service fut varié, bien plus que face à l’Ecossais où il avait mis en place une tactique singulière (le service extérieur côté égalité et au corps côté avantage). Là, les services à plat au T et les slices du gaucher s’alternaient à loisir avec les gros kicks extérieurs.

Ce n’est donc pas là que Nadal se montra inférieur. C’est surtout dans le jeu que l’on fut un peu surpris de l’idée que l’Espagnol s’était fait du match. Rafael Nadal a en effet harcelé le Suisse sur son revers comme il a pu le faire par le passé. Mais malgré le fait que Federer tenait l’échange de son revers face au lift monstrueux de Nadal pour la première fois depuis des années, le n°1 mondial n’a pas changé de tactique, un peu à l’image de ce qu’avait choisi de faire Murray la veille. Ainsi, la puissance, la précision et la vitesse d’exécution de Federer sur son revers à plat ébranlèrent complètement Nadal qui tenta alors de varier en distance. Une mauvaise idée face à l’autre joueur le plus véloce de la planète avec lui. Federer rentrait dans la balle, obtenait sa première possibilité de break à 4-3 et la convertissait d’un revers croisé gagnant. Tout un symbole… A 5-3, Federer restait uni et enfonçait le clou avec deux grosses premières, une montée au filet et surtout un coup droit décroisé qui laissait Nadal à trois mètres.

Le doute s’était insinué déjà auparavant chez le téléspectateur mais la crainte devait se confirmer, Nadal était blessé à la cuisse droite. Une cuisse essentielle pour un gaucher qui frappe fort en coup droit puisque c’est celle-là qui sert d’appui au moment de la frappe.

En trente-deux minutes, Federer remportait la première manche avec notamment 100 % de points gagnés derrière une première qu’il avait réussi à passer deux fois sur trois. Avec 14 points gagnants (contre 2 pour Nadal) et 9 fautes directes (4 pour Nadal), le Suisse s’est certainement inspiré de ce qu’avaient fait les adversaires de Nadal, Roddick en poule et ses montées au filet incessantes (6/7 réussies dans le premier set pour Federer), mais aussi Murray en demi-finale qui avait tenté énormément de coups gagnants, quitte à commettre des fautes. Car l’objectif était de raccourcir le plus possible les échanges en visant des zones bien particulières, pas tellement en abusant de puissance. En termes de précision, on ne fait pas mieux que Roger Federer, en tous cas pas ce dimanche.

A son tour, Nadal s’efforça d’aller de l’avant (3-6, 34 minutes)

 

Source : DailyMail.co.uk

Comprenant que le match était en train de complètement lui échappé tactiquement, le n°1 mondial hissa son niveau de jeu, se focalisa sur sa première (qui ne descendit plus sous les 83 % lors des deux sets suivants) et alla de l’avant. Comme à l’accoutumée, Federer quitta son nuage et baissa d’intensité. Sa première se fit plus rare (42 % sur l’ensemble du 2ème set) mais demeura toujours aussi efficace (88 % de points gagnés lorsque la première passait). Nadal s’accrocha à ce que le Suisse lui laissait. A 2-1, Federer dut servir mais avec sa panne de mises en jeu, il ne parvint plus à faire la différence. Ses attaques mal préparées et ses montées mal initiées, il concédait le break sur un coup droit décroisé monumental de Nadal qui menait 3-1, puis rapidement 4-1. A ce moment du set, Federer n’était qu’à 25 % de premières…

C’est l’occasion d’insister sur le fait que les deux joueurs se sont appliqués à rester dans des schémas très linéaires avec des diagonales croisées : le revers de Federer sur le coup droit de Nadal (et réciproquement) et son coup droit sur le revers du Majorquin. Ce qui fait que les rares fois où l’un des deux parvenait à tourner autour de son revers pour frapper en coup droit, cela faisait souvent mouche. Car le coup droit décroisé offre souvent davantage d’angle et il provoque une certaine surprise chez l’adversaire, d’autant plus si le match se déroule principalement dans les schémas classiques des diagonales croisées comme ce fut le cas dimanche.

Au-delà de cet aspect tactique, c’est une idée plus générale du tennis qui a été validée lors de cette finale : les joueurs agressifs ont gagné. Dans la deuxième manche, Federer a été contraint de céder l’espace offensif à son opposant. Par ailleurs, Julien Boutter, consultant technique au côté de Fred Viard, expliquait que les agressions répétées de Nadal sur les secondes de Federer avaient fini par avoir raison de sa concentration sur les premières. L’inquiétude d’avoir à jouer une seconde avait pris la place de la relative sérénité affichée dans le premier épisode du match.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le revers de Federer a alors commencé à flancher. Mais c’est plus généralement quelque chose dont le Suisse est coutumier : sortir un premier set de génie et ne pas pouvoir « tenir » ce niveau de jeu en raison de ce qu’il suppose comme degré d’implication, de concentration et d’énergie. On l’a vu notamment à Roland Garros face à Robin Söderling en quarts de finale cette saison.

Nadal encaissait le deuxième set sur une amortie réussie (6-3) malgré un ratio négatif points gagnants/fautes directes (4/8), semblable à celui de Federer d’ailleurs (5/9). Mais pour mesurer la proximité du niveau des deux joueurs, il suffit de dire que le Suisse ne s’était alors procuré qu’une seule balle de break (celle qui lui permit d’empocher le 1er set) et l’Espagnol seulement deux (la seconde lui fournit l’occasion de remporter le 2nd).

Federer allongea les échanges et étrilla un Nadal épuisé (6-1, 32 minutes)

 

Source : Sport365.fr

Malgré cette manche concédée, le vainqueur de l’Open d’Australie paraissait plus frais que le détenteur des trois autres Grands Chelems de la saison. Au même moment où le Suisse avait craqué dans la seconde manche, à 2-1, Nadal volait en éclats à son tour. Alors qu’il menait 40-15, il lâchait prise avant d’envoyer un coup droit dans le couloir, offrant ainsi une occasion inespérée à Federer de prendre l’avantage. Sur la seconde balle de service de l’Espagnol, Federer tenta le retour-coup-volée et Nadal expédia son passing hors des limites du terrain, 3-1.

Et alors que Julien Boutter s’inquiétait des zones où retournait Federer, un mètre derrière sa ligne de fond de court, je crois humblement qu’il s’agissait d’un choix délibéré. Car Nadal avait ralenti la puissance de ses premières pour maintenir son taux de réussite (83 % dans le 3ème set) mais aussi pour s’économiser. Le nombre de points gagnés derrière sa première s’en est d’ailleurs terriblement ressenti puisque celui-ci a chuté à 47 % dans cette ultime manche. Sans exagérer, on peut dire que Federer a achevé un Nadal qui était à l’agonie. La tension éprouvée toute la semaine par le n°1 mondial dans un tournoi où il n’avait jusque là même pas gagné un set, sur une surface qui le désavantage grandement puisque le rebond bas de Londres l’empêche de lifter facilement comme à son habitude ; les matchs marathons contre Roddick en poule (plus de deux heures et demie) puis face à Murray en demi (plus de trois heures) ; tout cela avait participé d’une fatigue physique tout autant que mentale, insurmontable face à un Federer de ce niveau.

Les commentateurs de Canal + l’ont répété toute la semaine : sur une telle surface, cela ne sert à rien de frapper très fort, excepté au service où cela sert toujours, il faut ici prendre la balle de manière précoce (ce dont Nadal est difficilement capable) et jouer les zones plus que la puissance (ce qui a été rendu compliqué par le fait que Nadal avait moins de temps pour se placer entre chaque point car lifter sur un tel rebond nécessite plus de temps pour s’ajuster au moment de la frappe).

Federer a donc eu raison d’allonger progressivement les échanges, notamment en reculant sur les premières de Nadal, plutôt que de tenter des coups gagnants comme lors des deux premiers sets. L’Espagnol concédait même une seconde fois son engagement alors qu’il s’entêtait à frapper sur le revers de Federer, ultime bouée de sauvetage face à un Suisse des très grands jours. Pour que la curée soit complète, à 5-1, balle de match, Federer envoyait un magnifique coup droit bombé gagnant dans la diagonale croisée… la spécialité de Nadal.

Federer a été clairement récompensé de tous ses choix tactiques (ratio de +11 sur l’ensemble de la partie avec 32 coups gagnants et 22 fautes directes contre un 11/19 inhabituel chez Nadal). Mais ce qu’on retiendra, c’est que les montées au filet payent sur cette surface lente où les joueurs ont le temps d’utiliser le kick et la montée à la volée derrière. Federer est ainsi allé au front à 19 reprises face à Nadal (13 fois avec réussite). Par ailleurs, on notera que sa constance dans les points importants est redevenue, l’espace d’un match, celle qui était la sienne encore en janvier en Australie (3 balles de break, 3 converties).

En somme, c’est un Federer plus fort que jamais que l’on devrait retrouver la saison prochaine. Les jeunes que sont Nadal, Djokovic et Murray n’ont qu’à bien se tenir, le vieux « maître » est de retour !

Nadal-Djokovic, une finale de l’US Open céleste !

Posted in ATP Tour par Roland Richard sur 14 septembre 2010
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Nadal rejoint Federer dans l’histoire du tennis et du beau jeu

 

Source : LEquipe.fr

L’image restera à jamais figée dans les livres de sport. A l’instar de Roger Federer à Roland Garros l’an passé, voir Rafael Nadal s’écrouler de bonheur après avoir remporté l’ultime levée du Grand Chelem qui lui manquait avait quelque chose d’unique (photo). New-York fut donc le terrain de jeu d’une page de l’histoire du tennis. 7ème joueur à remporter les quatre tournois du Grand Chelem, 3ème homme à les gagner sur quatre surfaces différentes mais tennisman le plus jeune à réaliser cette performance, le Majorquin de 24 ans a conquis un public acquis depuis six ans à la cause de son grand rival suisse.

Et pourtant, la report de la finale du dimanche au lundi fournissait l’occasion à son adversaire du soir, l’excellent n°3 mondial, Novak Djokovic, de récupérer pendant un jour de plus après sa victoire impériale mais épuisante face au roi Federer en demi-finale samedi. La fraîcheur retrouvée venait ainsi raviver un passé récent défavorable à l’Espagnol, vaincu lors de leurs trois dernières confrontations, qui plus est toutes trois sur dur.

Mais de son côté, Rafael Nadal étincelait de certains chiffres qui peuvent inquiéter : aucun set perdu pour arriver jusqu’à la finale, un service transformé qui a atteint le sommet de 217 km/h durant cette quinzaine et quatorze victoires en tout sur les vingt-et-une oppositions qui ont eu lieu entre les deux hommes.

Ce qu’il faudra retenir de cette incroyable finale, plus que la victoire de Nadal ou bien la défaite de Djokovic, c’est la perfection du jeu touchée par la nouvelle génération du tennis mondial. A respectivement 24 et 23 ans, les deux joueurs sont venus relayés la rareté de la pureté fédérerienne. Le niveau de jeu fut d’ailleurs tel qu’aucun des deux finalistes n’a jamais, avant le milieu de la quatrième manche, dominé l’autre d’une manière constante et outrageuse. Combien de 30-A et de 40-A ont-ils eu à disputer ? Combien de fois ont-ils dû batailler plus de raison pour gagner ne serait-ce que leur mise en jeu ? Combien de fois ont-ils fait planer sur cette dizaine de lignes blanches un parfum de magie ?

De cette manière, les statistiques ne rendent malheureusement pas tout à fait hommage à Djokovic pour sa combativité mais traduisent en revanche l’inéluctable supériorité dont a fait preuve Nadal sur certains points décisifs qui l’ont emmené jusqu’au sacre américain.

Le coup droit de Nadal, clef d’un premier set remporté par l’Espagnol 6-4

 

Source : Sports.fr

Le premier set commençait tambours battants avec un break d’entrée au profit de « Rafa ». Et les spectateurs ainsi que les téléspectateurs, impatients après une journée d’attente, furent immédiatement parcourus d’une sueur froide lorsqu’ils virent le Serbe, raide comme un piquet, tenter d’échauffer sa cheville gauche. Confirmant son break, le n°1 mondial ne fit qu’accuser cette crainte de voir une finale déjà terminée avant même d’avoir commencé. Mené 0-30 sur son engagement, « Nolé » – surnom que lui ont donné les supporters serbes –, a alors repris les choses en main en signant les deux premiers aces du match et rassuré tout le monde. La rencontre était enfin lancée et il revenait à 2-1.

Novak Djokovic avait mis en place un premier schéma très visible car particulièrement surprenant. Au lieu de pilonner le revers de son adversaire, il se mit au contraire à oser travailler l’Espagnol sur son coup droit et à jouer la diagonale. Pratiquement irrésistible sur son revers à plat, le n°3 mondial semblait en mesure de remporter cette première bataille tactique et il recollait d’ailleurs légitimement au score, 2-2. S’en suivit alors le premier jeu d’anthologie de cette partie. Sauvant cinq balles de break sur sa mise en jeu, le Serbe dût finalement s’incliner sur ce qui allait être l’arme fatale de l’Espagnol durant ce premier set : le coup droit décroisé effectué de l’axe du court, voire en tournant autour de son revers. 3-2. Cinq jeux et trente-et-une minutes d’un combat sauvage, intense, imprévisible mais frustrant pour le « Djoker » qui en cassait sa raquette.

La lourdeur du coup droit décroisé du Majorquin fut donc la clef de cette première manche. Incapable de redresser la puissance du lift giclant de Nadal sur son propre coup droit et malgré une abnégation hors-normes, Djokovic ne put faire mieux que maintenir l’écart. Tentant de remettre l’échange dans les deux diagonales « classiques » du revers de Nadal sur son coup droit et du coup droit de l’Espagnol sur son revers, il a de cette manière glané ses engagements suivants pour arriver jusqu’à 5-4. En 50 min, c’est bien le coup droit de Nadal qui fut la clef du premier set, d’abord parce que trop timoré et ensuite parce qu’incontrôlable.

Mais deux chiffres témoignent du caractère aérien de la rencontre dans l’échange. Car avec respectivement 73 % et 63 % de points gagnés derrière leur deuxième balle, Nadal et Djokovic ont éteint, l’espace d’un match, l’importance grandissante qui commençait à prévaloir ces dernières années sur dur : celle du service. Mieux, les deux hommes se sont rendus coup pour coup lors de rallyes du fond du court d’une rare violence et les statistiques soulignent la proximité de niveau des deux joueurs dans ce premier set. Nadal a en effet claqué 11 coups gagnants mais Nolé 9. Les fautes directes sont également très proches, 7 pour l’Espagnol, 12 pour le Serbe.

Une deuxième manche interrompue par la pluie, 7-5 pour Djokovic

 

Source : LExpress.fr

La rencontre s’est jouée sur tous les tableaux et c’est aussi cela que l’on attend d’une finale de Grand Chelem. Dominant tour à tour tactiquement mais aussi techniquement au prix d’une longueur de balle chirurgicale, les deux hérauts du tennis ont crié haut et fort qu’il existe bien un tennis au-delà du tennis. Et cet héritage, nous le devons à Roger Federer qui a su tirer la balle jaune vers des pics d’intelligence, de précision, d’endurance et de tactique probablement jamais franchis jusque là.

Et dans la seconde manche, c’est bien Novak Djokovic qui agressait Rafael Nadal. Plus concentré, il entamait le set sur un jeu de services blanc. Appliqué à exercer une pression énorme grâce aux deux diagonales « classiques » décrites plus haut, le Serbe a rapidement étouffé le Majorquin. Car on observait une nouvelle fois que même Nadal, pourtant réputé joueur le plus solide du circuit mentalement, pouvait se montrer fragile devant la virulence des attaques de son adversaire et donc de la violence qu’il devait infliger à son propre corps pour parvenir à faire jeu égal. Arrivant à retourner la météorite qu’est le coup droit de l’Espagnol, Djokovic le poussait à la double-faute pour s’offrir trois balles de break à 2-1. Un break gagné blanc dans la foulée, 3-1. Et la domination du n°3 s’accentuait. Choisissant désormais de ne pas donner de rythme à Rafa – un comble alors que c’est théoriquement la propension naturelle des joueurs de dur –, Novak insistait alternativement sur l’un des côtés de l’Espagnol. Enfin, fixant Nadal plein axe, c’est lui qui s’offrait trois balles de jeu d’un coup droit décroisé implacable. Enchaînant avec un schéma court à deux coups, il menait désormais 4-1.

C’est alors que la machine serbe s’est grippée. Certainement éprouvé par les efforts consentis pour parvenir à un tel level, Djokovic a alors vu baisser son pourcentage de premières. Facilitant la tâche d’un Nadal à présent dans un temps fort, il ne put que constater les dégâts. Revenant d’abord à 4-2, l’Espagnol s’essayait à la variation avec les premiers slices de revers répétés du match. Une tactique payante mais qui n’empêchait pas Djoko d’arriver jusqu’à 40-15. Cependant, le cycle des points gagnés par l’un et par l’autre continua de tourner et le Serbe commettait une nouvelle faute directe avant de voir l’Espagnol renouer avec son coup droit long de ligne. A 40-A, c’est une défense spectaculaire qui une balle de débreak au Majorquin et faisait du même coup hurler « Rafa » aux spectateurs du Court Arthur Ashe, et ce pour la première fois dans toute la vie de Nadal. Djokovic l’effaçait d’une belle variation au service et les supporters de « Nolé » répondaient à la joute du soutien engagée dans le public. Mais Rafa restait dedans, le combat devenait épique et une gifle de coup droit décroisé court venait martyriser les nerfs d’un Novak qui n’en passait à nouveau plus sa première. L’épique flirtait dès lors avec le génie lorsque les variations de Nadal, avec quatre slices de revers long de ligne puis un, supersonique, dans la diagonale et enfin une accélération de revers long de ligne, avaient raison du break d’avance de Djokovic qui ne menait plus que 4-3. On jouait déjà depuis une heure et demie…

Source : AFP

Le combat était tout autant technico-tactique que physico-mental dans la mesure où les deux joueurs ont été capables du meilleur comme du pire dans un même jeu. Ils ont éprouvé les pires difficultés à trouver la constance qui les caractérise d’habitude. Mis sous pression en permanence, la longueur de balle de l’un allait souvent de paire avec la baisse d’intensité de l’autre. En jouant tour à tour à un niveau exceptionnel, ils se sont fatigués pour répondre, inlassablement. Dans ce combat des chefs, Nadal et Djokovic ont exercé leurs plus belles bottes et l’Espagnol égalisait à quatre jeux partout. A 30-A sur la mise en jeu de Nolé, la pluie vint malheureusement interrompre ce duel des dieux (photo ci-dessus). Près de deux heures d’attente, entre 00h08 et 1h58 (heure française), où les deux hommes ont patienté pour pouvoir en découdre. Nadal avait déjà enregistré 22 coups gagnants (contre 19 pour Djokovic) et 18 fautes directes (contre 16).

Après cette attente insoutenable pour les téléspectateurs, les maîtres revinrent et continuèrent comme si rien n’avait changé. Mais le repos forcé proposé au Serbe (photo) le servit très certainement. Se déplaçant mieux et frappant plus fort la balle, il se montrait plus agressif qu’un Nadal de plus en plus contraint à défendre. 5-4 pour Djokovic puis 5-5 avec une variation désormais caractérisée dans la hauteur des coups de l’Espagnol. Mais loin de décontenancer le n°3 mondial, celui-ci s’attardait cette fois-ci à frapper sur le revers de l’Espagnol, quelque chose qu’il n’avait sans doute pas assez fait jusqu’ici et que son coach de substitution lui avait certainement conseillé. A 6-5 pour Djokovic, 30-A sur l’engagement de Nadal, ce dernier tremblait et jouait trop court. Acculé, il concédait sa mise en jeu sur la première balle de break-set obtenue par son adversaire, 7-5 en 1h11’ (2h01’ en tout).

La fraîcheur fut ainsi l’élément-clef de cette seconde manche où Nolé a dominé les statistiques avec 17 coups gagnants (7 fautes directes) contre un 16/13 pour Nadal.

Une troisième manche héroïque mais perdue par Djokovic, 6-4

 

Source : Suite101.com

En confiance, le Serbe remportait aisément son jeu à quinze au début due la troisième manche mais Nadal répliquait immédiatement d’un jeu blanc. Sans doute émoussé par l’âpreté du match, Djokovic concédait alors trois balles de break et son service sur la seconde. Nadal densifiait son jeu de services qu’il remportait pour la seconde fois du set, 3-1. Le n°1 avait choisi alors d’utiliser davantage son coup droit long de ligne, toujours pour contraindre Djokovic à reculer – le geste de coup droit du Serbe nécessitant davantage de préparation que son revers. En fait, c’est bien la même tactique que celle employée par Novak en début de match que l’Espagnol utilisait désormais. Mais malgré cela, il ne parvenait pas à s’engouffrer dans l’une des neuf autres occasions qui lui furent donner de signer un double-break sur l’ensemble du troisième épisode de cette finale (1 seule balle de break convertie sur 11 arrachées).

Car la combativité de Novak frisait avec la pathologie dont Nadal était jusque là le seul patient connu au monde avec peut-être en son temps, Lleyton Hewitt. Acharné, il défendit contre les supplications de son corps, toutes les occasions que Nadal s’était offertes. Malheureusement, il ne s’en procurait quant à lui pas une seule de la manche. Réalisant même un troisième jeu blanc sur trois jeux de services – et mener ainsi 4-2 –, le Majorquin a clairement montré qu’il s’était forgé les armes pour défier les meilleurs joueurs du monde sur ciment : montée à la volée (photo), service beaucoup plus puissant avec un pourcentage sous la barre des 70 %, inédit pour un homme coutumier du 80 % et enfin, une variation – entre accélérations de coups à plat purs, légèrement recouverts et lifts – totalement destructrice pour le rythme dans lequel essayent toujours de se mettre les joueurs de dur (Del Potro, Davydenko, Nalbandian, Berdych, Djokovic).

Pour conclure cette troisième manche, le jeu à 5-4 service Nadal, fut là encore un moment de bravoure en soi. Lâchant les chevaux, le Serbe égalisait à 15-A au prix d’un échange de vingt coups à une cadence d’éperonnage. Mais à 30-A, l’Espagnol claquait deux aces au meilleur des moments, prouvant que sa concentration et son envie étaient supérieures à l’opiniâtreté du Serbe, 6-4 en 57’ (2h58’ en tout).

Un quatrième set remporté largement mais difficilement par Nadal, 6-2

 

Source : UsOpen.org

Digne de son statut de nouveau n°2 mondial devant Roger Federer au classement ATP de cette semaine, Novak Djokovic a mérité pleinement les applaudissements assourdissants du public américain tant il a montré de choses durant cette finale où il semblait pourtant, de manière inéluctable, voué à être dominé physiquement. Marchant entre les points à l’entame de la quatrième manche, il ne fit plus très longtemps illusion. Seul son courage et sa tête le maintenaient en vie mais son corps ne pouvait plus répondre à la violence exigée pour poursuivre le combat. Effaçant une balle de break d’entrée, il concédait son engagement à 1-1 sur la deuxième occasion de l’Espagnol, 2-1 pour le n°1.

S’appuyant de toute sa force sur son coup droit, Nadal prenait le large et menait rapidement 4-1 avec un double-break en poche. Mais Nolé s’accrochait, encore et toujours, comme si sa vie en dépendait. Je ne sais plus quel analyste disait au terme de Roland Garros, après la défaite de Söderling face à Nadal, que cette génération de jeunes joueurs, excepté Nadal, était prête à mourir dans une salle de musculation pour se renforcer mais pas sur un court. Djokovic a prouvé le contraire la nuit dernière, allant même jusqu’à se procurer une balle de débreak à 4-1. Nadal connaissait certainement mieux que personne la capacité à se révolter de son adversaire et tint bon, coûte que coûte. Et malgré des mines surpuissantes expédiées par le Serbe, malgré l’énergie du désespoir dont il fit preuve, l’Espagnol parvenait à remporter sa mise en jeu et confirmer ainsi son double-break.

A 5-1, Djokovic se battait encore pour recoller à 5-2. La tension à son comble, Tony Nadal exhortait son protégé à rester calme alors qu’il semblait presque moins maître de lui-même que Rafa. Sur une ultime faute directe de Djokovic, Nadal s’imposait enfin avec un jeu à trente, s’effondrant face contre terre sur le sol du court central de Flushing Meadows…

Source : Ouest-France.fr

Il aura donc fallu 3 heures et 43 minutes au n°1 mondial pour décrocher la dernière couronne du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. Mieux, il se sera offert 26 balles de break et n’en aura remporté « que » 6… A lui seul, ce chiffre souligne la qualité de la rencontre. Témoignant des progrès affichés par l’Espagnol dans un secteur décisif pour remporter ce titre, les 16 montées à la volée réussies sur les 20 tentées. Mais ce qui marquera sans doute les amateurs de statistiques, c’est que les deux joueurs furent pratiquement en positif dans la balance points gagnants-fautes directes au terme du match avec un +18 pour Nadal (49/31) et seulement un -2 pour Djokovic (45/47). Statistiques accusées par le quatrième set nettement favorable au n°1.

Et comment ainsi ne pas rendre hommage au tennis pratiqué par les deux joueurs ? Comment mettre en exergue l’un plus que l’autre même si, c’est une évidence, le niveau de Nadal n’a probablement jamais été aussi élevé dans un registre hybride entre ses forces habituelles (le lift, la puissance, l’opiniâtreté) et ses forces nouvelles (service puissant, montée à la volée, variation de hauteur dans le troisième set, de profondeur dans le quatrième, de types de prises sur l’ensemble du match) ?

Djokovic ne peut nourrir aucun regret tant il a bien joué et tant la supériorité physique de Nadal fut manifeste. Et Federer était donc seul prophète en son pays puisque lorsqu’après avoir gagné l’US Open en 2008, alors qu’il avait cédé face à Nadal à Roland Garros et à Wimbledon, il avait affirmé en substance, « les titres du Grand Chelem seront beaucoup plus difficiles à gagner maintenant ». Parti pour tenter le premier Grand Chelem – comprendre remporter les quatre tournois du Grand Chelem la même année – sur quatre surfaces différentes, le Suisse n’a finalement décroché « que » l’Open d’Australie. Nadal qu’on croyait moribond à l’issue de la première partie de saison sur ciment, a tout simplement gagné les trois autres…

Emission Roland Garros – 15 mai 2010

Source : fr.academic.ru

Voici la 22ème émission de LTS consacrée à Roland Garros 2010 !

Quels sont les favoris ? Les Français ont-ils des chances de remporter le tournoi ? Bref, toutes les questions que vous vous posez systématiquement chaque année à l’approche du tournoi de la Porte d’Auteuil et de son célèbre Court central, le Philippe Chatrier (photo fr.academic.ru) !

Pour écouter l’émission, veuillez cliquer (vous pouvez aussi la télécharger avec Real Player) : 20100515_Emission_RG_entiere

Présentateur : Steven

Chroniqueurs : Frédérick, Guillaume et Roland