La Tribune du Sport


Manchester-Arsenal (2-1) : différence de concentration et donc de constance

Van Persie ne célèbre pas son but (Source : TeamTalk)

Les Red Devils se sont imposés 2-1 à Old Trafford face à des Gunners plombés par les errances de leur charnière centrale (10ème journée). (more…)

Publicités

Barcelone s’impose dans un climat délétère face à Arsenal (3-1)

Source : Actualidad.rt.com

Pour ce huitième de finale retour de la Ligue des Champions 2010-2011, Barcelone s’est imposé sur ses terres face aux Gunners d’Arsenal (3-1). Pourtant, on a bien cru pendant une heure qu’Arsenal, après sa victoire au match aller (2-1), pouvait créer la surprise. Analyse tactique d’un match qui a mal tourné à cause des joueurs. (more…)

Prem. League : Chelsea trop fort pour Arsenal (2-0)

Posted in Premier League Anglaise par Roland Richard sur 3 octobre 2010
Tags: , , , ,

Source : iol.co.za

Trop d’absents chez les Gunners contre des Blues pratiquement au complet

 

Si la défaite d’Arsenal paraissait inéluctable, on a pourtant senti des choses prometteuses du côté des joueurs d’Arsène Wenger. Car en dépit de l’absence des titulaires Almunia dans les buts, Vermeulen au poste de défenseur central gauche, de Fabregas à l’animation offensive et de Van Persie devant, les Gunners affichaient des arguments nouveaux avec la présence de deux joueurs imposants physiquement et bons dans le domaine aérien, péché structurel de la formation londonienne l’an passé. Chamakh et Diaby devaient cette fois permettre de densifier l’entrejeu et d’éviter à Arsenal de se faire broyer par l’étau que représente le milieu de terrain des Blues (Ramires – Malouda – Obi-Mikel – Essien).

Mais Carlo Ancelotti ne comptait pas non plus sur un effectif au grand complet puisqu’il lui manquait sa recrue, Yossi Benayoun, ainsi que son vice-capitaine et maître à jouer, Franck Lampard. C’est sans doute cette défection qui impliquait à la fois la titularisation d’Obi-Mikel pour tenir la baraque à la récupération ainsi que celle de Ramires pour apporter de la créativité. L’entraîneur des Blues avait donc conduit une formation dans un 4-3-3 avec des ailiers déportés au point de laisser penser à un 4-1-4-1 où Obi-Mikel tenait le rôle de sentinelle devant l’arrière-garde. En défense justement, on retrouvait un quintet classique depuis le départ de Carvalho pour le Real Madrid : Cech dans les buts puis de droite à gauche, Ivanovic, Alex (photo, à gauche), Terry et A. Cole. Obi-Mikel assurait donc le relai entre la défense et le milieu, juste derrière un quatuor formé d’Anelka sur le flanc droit puis d’Essien, Ramires et Malouda. Drogba (photo, à droite) culminant seul en pointe.

Arsène avait quant à lui choisi d’assumer son 4-1-4-1 avec Chamakh en pointe, assisté derrière du duo Wilshire-Diaby. A droite, on retrouvait l’ex-Marseillais, Samir Nasri et à gauche l’autre lutin, russe celui-là, Andrei Arshavin. Alexandre Song avait la charge de la récupération devant un quatuor 100 % français : Sagna à droite, Squillaci, Koscielny et Clichy à gauche. Dans les buts, le gardien remplaçant était Polonais, Fabianski remplaçait donc Almunia.

Dominer physiquement, c’est gagner (1ère période)

 

La rencontre a donné à voir un spectacle assez particulier. On a assisté à un match très intense à la récupération, peuplé de tirs en tous genres mais finalement assez pauvre en occasions franches, notamment en première période. A l’image de Chamakh qui, à la réception d’un centre de Sagna, ouvrait le bal d’une belle tête plongeante détournée en corner (1’). Débridé, le match tournait d’un côté à l’autre du terrain, le lob de Malouda au-dessus répondait à l’occasion de l’international marocain (6’).

Au vu de la possession de balle frisant les 60 % pour les Blues de Chelsea en première mi-temps, on a très vite pu constater l’efficacité de ce que Marcel Desailly appela à la pause avec justesse, « la force des trois ». Car sur l’ensemble des quarante-cinq premières minutes, Chelsea s’est appuyé offensivement sur son trio d’attaquants Malouda-Drogba-Anelka, laissés seuls devant, y compris dans les phases défensives où ils ne participaient pas du tout au travail du premier rideau récupérateur. Et c’est d’ailleurs à ce premier rideau qu’il faut rendre hommage car c’est probablement à lui que Chelsea doit sa victoire de dimanche. Et si le positionnement d’Essien, légèrement désaxé sur la droite, ne me semble pas forcément le plus approprié, que dire malgré tout de sa prestation, ainsi que de celles de son compère Obi-Mikel et du jeune Ramires qui s’est battu comme un chien sur tous les ballons ?

Malgré cette domination tactique assez nette caractérisée par le duel Ramires-Song largement à l’avantage du jeune Brésilien durant pratiquement tout le match, Arsenal a su se glisser dans les rares trous laissés par la défense de fer de Chelsea. Ainsi, Arshavin a forcé Cech à deux parades remarquables, une dans son angle fermé (8’) et une des vingt mètres qui filait vers la lucarne (28’). On a aussi vu Chamakh produire beaucoup d’appels et contre-appels afin de déstabiliser la charnière Terry-Alex. Il fallut d’ailleurs tout le sang froid de Cech pour se saisir de la tête de l’avant-centre des Gunners à la suite d’un corner (24’). Enfin, Nasri offrait à ses partenaires le plus grand frisson après un dribble-feinte de passe, associé d’un tir du gauche, frôlant le poteau gauche (31’).

De son côté, Chelsea a réussi à contourner la belle solidarité de la défense d’Arsenal grâce à Drogba qui, renvoyant Koscielny à ses gammes, parvenait à déborder sur l’aile droite de la surface et à centrer pour un Malouda repris in-extremis par Sagna (12’). Un contre de feu emmené par le trio Essien-Drogba-Anelka n’eut pas plus de succès trois minutes plus tard car Sagna veillait toujours au grain (15’). La première occasion franche de Chelsea ne survint qu’à la 19ème minute lorsque le corner de Didier Drogba épousait la tête de Michael Essien. Heureusement pour Arsenal, ça n’était pas cadré.

Refusant de tenter de distendre la cohérence et la discipline du premier rideau de Chelsea en passant davantage par les ailes, les Gunners ont progressivement perdu le ballon de plus en plus proche de leur cages. La récupération très agressive de Chelsea fit le reste. Et après la demi-heure de jeu, on ne vit quasiment plus Arsenal à l’attaque. Car jusqu’ici, il faut bien le reconnaître, aucune des deux formations n’avait vraiment pris le dessus.

Source : timeslive.co.za

Et en réalité, si Arsenal ne s’est plus procuré d’occasion jusqu’à la mi-temps, Chelsea n’a pas pour autant été étincelant comme l’an dernier. Drogba, bien lancé dans l’axe droit de la surface, se débarrassait de Clichy avant d’allumer les poings d’un Fabianski aux mains fermes (34’). Loin d’être un avertissement, la frappe ressemblait davantage à un échange de tennis où chacun s’essaye, ponctuellement, au coup décisif.

C’est d’ailleurs à la fois par hasard et en même temps d’une manière très cohérente que Chelsea a ouvert le score. Si les Blues ont mis une mi-temps à bonifier leur domination au milieu de terrain, c’est à cause d’un manque de latéralité. Ivanovic n’a pas pris une seule fois son couloir, trop occupé à contenir Arshavin. Et A. Cole, en dépit de toutes ses qualités, n’a été en mesure de le faire qu’à deux reprises. La seconde fut décisive.

Après un coup-franc rapidement joué à trente-cinq mètres des buts de Fabianski par Didier Drogba, Malouda faisait montre d’une magnifique conservation de balle face à trois joueurs adverses côté gauche, puis servait en retrait pour Ramires. Le Brésilien s’arrachait alors pour passer, d’un tacle, à Obi-Mikel. Sollicitant le une-deux, Ramires héritait une nouvelle fois du ballon avant de servir dans l’intervalle A. Cole, monté pour l’occasion. Le défenseur anglais s’avançait et centrait fort au premier poteau, à ras de terre, pour une reprise improbable du talon de l’homme du match; Didier Drogba… Squillaci impuissant, Fabianski également, le ballon flirtait même avec le poteau avant de rentrer (41’).

Ce qui est terrible, c’est que sur le plan des duels, Arsenal a plutôt fait jeu égal avec Chelsea : si Ramires a pris le pas sur Song et si Drogba a globalement dominé les deux défenseurs centraux Squillaci et Koscielny, Malouda et surtout Anelka ont quant à eux été asphyxiés respectivement par Sagna et Clichy. Au milieu de terrain en revanche, Diaby manquait de rythme devant et la tâche d’animer offensivement qu’Arsène lui avait conféré au côté de l’international espoir anglais, Wilshire, ne pouvait être remplie. De ce fait, on a trop vu Nasri et Arshavin quitter leur aile pour venir solidifier les prises de balle axiales, facilitant de cette manière la récupération de Chelsea.

Enfin, l’ultime élément fut tout de même le leadership physique où Chelsea a toujours une, sinon deux, longueur d’avance par rapport à Arsenal. Avec Alex – encore plus physique que ne l’était Carvalho –, Terry, Obi-Mikel, Essien, Drogba et même Malouda, on ne peut qu’attendre avec impatience le retour de Lampard pour revoir l’équipe la plus forte physiquement du monde briller à nouveau de tous ses feux.

Chelsea fatigué, Arsenal aurait dû en profiter (2ème période)

 

Après la pause, on a senti que la consigne de Carlo Ancelotti (photo ci-dessus) concernant le pressing avait bel et bien changé car Chelsea a reculé. Les Blues n’avaient en effet plus les ressources physiques pour agresser le porteur de balle adverse. Ils se sont donc contentés d’effectuer un pressing en lignes avec un Anelka reculant et faisant quitter le 4-4-2 de la première mi-temps où le Français restait en pointe à côté de Drogba (photo ci-dessous), pour un 4-5-1 plus passif. Avec la vitesse d’exécution des passes et l’inspiration souvent géniale des lutins, Nasri et Arshavin, Arsenal aurait dû égaliser.

Je ne dis pas « pu » mais bien « dû ». C’était une obligation, mieux une logique. La domination fut telle pendant presque vingt minutes qu’il est incompréhensible qu’Arsenal n’ait pas marqué. Alors la faute à quoi ? à qui ? A personne en particulier. Mais cette inspiration, cet esprit fait de multiples passes a ses limites. Ou pire, il a son revers de médaille dans la mesure où lorsque les joueurs sont menés, ils peuvent manquer de lucidité et donc de spontanéité. La jeunesse est aussi au premier rang des problèmes que Wenger doit régler depuis deux ans déjà. Frapper au but est une nécessité en football. Or on a souvent vu les joueurs redoubler les passes et ne prendre que très peu de risques au shoot. Finalement, ce sont les centres à destination d’un Chamakh – qui a trouvé à qui parler avec le duo Terry-Alex – qui furent les plus belles occasions pour Arsenal.

Car malheureusement pour les Canonniers, on n’a trop peu vu de frappes directes. Quand Diaby a tiré à l’heure de jeu, c’était pour signer la trêve des tergiversations. Un tir du droit, contré (56’). Deux minutes plus tard, c’est l’arbitre de la rencontre, Mark Dean, qui dégoûtait Chamakh en jugeant le tacle de Ramires dans la surface légitime alors que l’ex-Girondin n’avait plus qu’à frapper (58’).

Source : cdn.bleacherreport.net

Durant ce cycle positif pour Arsenal, Chelsea ratait de peu de doubler la mise. Si Anelka ne s’était pas déconcentré après avoir dribblé Fabianski, il aurait cadré son tir dans les buts vides (60’). Mais après cette alarme, seuls les centres continuèrent de pleuvoir sur la défense de Chelsea qui se régalait. Et même si Chamakh vaut mieux qu’Arshavin dans le domaine aérien – Arshavin était titulaire en pointe de l’attaque à Stamford Bridge l’an dernier –, il n’en demeure pas moins seul à pouvoir disputer des ballons de la tête.

Après ce bon passage des Gunners mais non concrétisé, Arsenal a progressivement levé le pied. Les actions sont donc survenues de part et d’autre à nouveau, comme lors de la première demi-heure. On peut d’ailleurs signaler que durant ce dernier tiers du temps, Arsenal s’est beaucoup appuyé sur le hors-jeu. Technique utile qui permit à A. Cole se voir refuser un but de manière justifiée (70’). De l’autre côté, l’entrée de Rosicky fournissait au Tchèque l’occasion – une seule – de se mettre en valeur mais sans inquiéter Cech tant la frappe était écrasée (74’). Au moins avait-il eu l’audace de tirer.

Chaque formation eut alors une ultime chance de marquer. Et à l’instar du match, Arsenal ne fut pas en réussite, Chelsea si. A moins que ce ne soit le réalisme d’une équipe en confiance. Si Rosicky trouvait parfaitement Chamakh au premier poteau d’un magnifique centre, le coup de boulard du Marocain, maudit ce dimanche, frôlait une fois encore la base du montant gauche de Cech, comme à la 1ère minute (80’).

Et quelques instants plus tard, Nasri adressait une passe excessivement dangereuse vers sa défense axiale. Anelka récupérant le ballon, Koscielny se sacrifiait et commettait une faute logiquement sanctionnée d’un carton jaune. Sur le coup-franc plein axe à trente mètres qui suivit, Drogba joua l’intox’ en faisant mine de vouloir le frapper alors que c’était finalement le défenseur central Alex, 92 kg, qui s’élançait et signait un pétard lumineux de l’extérieur du droit. La lucarne nettoyée, les Gunners démoralisés, Arsène Wenger dépité, c’est le bilan d’un après-midi désastreux avec en perspective le pari tenu par le coach français du club d’Arsenal. Le titre de champion d’Angleterre s’éloignait peu à peu avec ce score de 2-0, indéniable, sonnant comme un rappel (85’).

Le rappel que cette équipe manque d’expérience, notamment en défense centrale, mais aussi de poids physique. Chamakh est certes une bonne recrue mais il pèse 78 kg alors qu’il mesure 1m88… Si tant est qu’il ne grossisse pas le chiffre. Idem pour les poids légers que sont à leur poste Nasri, Arshavin, Wilshire, même Song ou bien encore Koscielny. Le rappel enfin, que la spontanéité est encore ce qui doit prévaloir au football. Ces jours-ci, on a beaucoup loué Saint-Etienne et sa simplicité dans le jeu, c’est bien ce qu’Arsenal doit appréhender. Bien jouer, cela doit d’abord être fait pour être efficace. Sinon, à part séduire le public et les téléspectateurs, ça ne sert à rien. De plus, malgré toute sa bonne foi dans l’interview accordée à L’Equipe fin septembre, il y a un problème de blessures chez Arsenal (encore quatre absences décisives dimanche). Soit la préparation physique n’est pas optimale, soit les Gunners sont effectivement davantage victimes de fautes « sales » en raison de leur aisance technique frustrante pour les adversaires, soit… je vous laisse imaginer. Enfin, il faut souligner le manque de rythme insufflé à la partie par les joueurs d’Arsenal. Ils n’ont pas su accélérer autrement que pendant quinze-vingt minutes en deuxième mi-temps. Ils n’ont pas non plus suffisamment varié leur jeu. Face à un tel bloc défensif au milieu de terrain, il aurait fallu davantage changer d’ailes, de manière à tenter de déborder sur un côté puis de l’autre… Variation, rythme, expérience sont les trois mots-clefs pour comprendre l’inaptitude d’Arsenal à forcer la décision face à un Chelsea classique.

Essien venait conclure un début de soirée cauchemardesque pour Arsenal avec une ultime grosse occasion, heureusement détournée par Fabianski (90’). A l’issue du match, Arsenal pointe à la quatrième place du classement (11 pts), à sept points du leader Chelsea (18 pts). Les deux Manchester occupant le reste du podium, City à la 2nde (14) et United à la 3ème (13). Malgré cette belle avance, Chelsea ne m’a non plus fait une très forte impression. Je pense qu’ils peuvent encore progresser mais ils ne sont plus au niveau de l’an passé, lorsque le milieu était agrémenté par Lampard et Ballack. Mais pire, à terme, j’ai peur que la science de Carvalho finisse par faire défaut à l’arrière-garde de Chelsea. Malgré cette impression « négative », à Stamford Bridge Chelsea n’a été défait que trois fois en six ans et demis et n’a pas encaissé de buts depuis mars…