La Tribune du Sport


Mauvais son de cloche pour l’Espagne

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 16 juin 2010

Un avant match aux allures d’après…

Source :

La voilà ! La grande Espagne, championne d’Europe en 2008, arrive tel Belmondo dans un repère de loubards. Au beau milieu de cette Coupe du Monde tristement défensive et riche en rencontres bloquées, il faut dire qu’on l’attend de pied ferme. Avec un banc de titulaires, la moitié du FC Barcelone, une série de 18 matchs sans défaite et le statut de favori, l’Espagne a tout pour briller, ou s’écrouler.

Le 4-5-1 affiché par Del Bosque en l’absence de Torres est rarement efficace et on sait l’Espagne en difficulté dans ce système. Néanmoins, le monde du football espère que cette équipe de grande classe fera le spectacle, marquera des buts et montrera les dents dès ce premier match.

Mais comme dans la plupart des rencontres depuis le début de ce tournoi, en face de la furie se dresse le mur. Les Pays-Bas ont par chance forcé le verrou Danois, Le Brésil est venu péniblement à bout de la Corée du Nord, l’Italie a buté sur le Paraguay, l’Angleterre sur les USA (et vice-versa), on ne parle même pas de la France et de l’Uruguay qui ne savent pas eux-mêmes s’ils ont défendu ou attaqué.

En l’occurrence, les Suisses, adeptes du match nul, entendent bien bloquer la marche de l’empereur rouge, ou du moins la ralentir. Le bloc d’attaquants N’Kufo – Derdyiok, quasiment quatre mètres à eux deux, montre déjà l’étendue de la muraille qu’il va falloir franchir.

Les matchs se suivent et se ressemblent.

Et comme prévu, la Suisse se bloque dans les vingt mètres, laissant l’antichambre du Barça gérer le ballon. Une domination qui s’avèrera stérile tout au long de cette première période, malgré du beau

Source :lequipe.fr

football espagnol. La Roja enchaîne passes lumineuses, gestes parfaits, et occasions mais sans marquer. Une performance qui peut rappeler…le FC Barcelone des mauvais jours : 66% de possession de balle mais pas de but. La supériorité des Champions d’Europe est criante, tant balle au pied que dans la tactique mais seul le but leur manque. Villa est esseulé en attaque et n’arrive pas à briller sans son ami El Niño.

Les suisses, eux, prouvent qu’ils ont non seulement les montres mais aussi le temps : ils ne stressent pas et se créent des situations sur coups de pieds arrêtés, sans vraiment mettre en danger l’Espagne.
En résumé, une première mi-temps qui ressemble en tous points à beaucoup de celles qu’on a vues depuis le début de ce tournoi. On s’oriente vers un 0-0 de fort belle facture.

Quand soudain !

Source :lequipe.fr

Au retour des vestiaires, l’Espagne continue son jeu de domination, sans voir poindre l’orage près de ses buts.

Mais à la 52ème minute, sur un long dégagement de Benaglio, Huggel dévie le cuir de la tête pour Derdiyok. Ce dernier efface Casillas mais Piqué freine le ballon en se couchant. Gelson, qui a bien suivi l’action, se trouve en position idéale pour pousser la balle dans le but. En quelques mots, un but de raccroc pour un plan suisse qui se déroule, lui, sans accroc. 1-0 pour la Suisse.

Le score reflète le hold-up que l’on attendait depuis le début de la compétition, la question est de savoir si l’Espagne va réussir à égaliser.

Irréversible

L’Espagne va se livrer davantage…mais finalement, cela ne se voit que très peu. En vérité, la Roja continue son jeu de passes dans la latéralité sans jamais percuter dans l’axe, ce qui aurait bien plus inquiété les Suisses.
Ils attendent donc cette petite brèche dans la défense qui n’arrivera jamais alors que Xavi et Iniesta se posent la même question : où est Lionel Messi ?

La rentrée d’un Torres boiteux ne change rien à la donne et seul le magnifique tir aux dix-huit mètres du madrilène Xabi Alonso qui s’écrase sur la barre alimentera le rêve d’une égalisation.

Pire encore, à la 75 ème minute, Derdiyok, le géant turc, slalome dans cette défense réputée comme imprenable avec l’aisance d’un albatros pour finalement tenter un extérieur du pied qui vient mourir sur le poteau de Casillas. La balle du chaos est manquée et une nouvelle cloche vient taper le crane des Espagnols.

Et pourtant, le quatrième arbitre a laissé cinq minutes aux Champions d’Europe pour revenir. Mais les armoires suisses, réglées comme des horloges, dégagent ballon sur ballon jusqu’au coup de sifflet libérateur.

Une bonne opération…pour beaucoup de monde !

L’Espagne est la seule grande équipe à perdre son premier match du tournoi. Elle se met donc en très mauvaise posture et serait amenée, si elle finissait deuxième du groupe à rencontrer…le Brésil dès les huitièmes de finale.

A l’inverse, les Suisses évitent la Seleçao et rêvent d’un huitième contre le Portugal ou la Côte d’Ivoire (voire la Corée du nord).

Une autre équipe se frotte les mains : l’Italie. En cas de succès dans son groupe, elle éviterait le Brésil et l’Espagne pour réitérer un parcours analogue à celui de 2006 où elle avait rencontré l’Australie en huitièmes et l’Ukraine en quarts.

Et sinon, côté piquant ?

Le Chili a logiquement battu une équipe du Honduras très limitée (1-0). Panorama de ces deux équipes :

Le Chili : qui s’y frotte s’y pique !

Source :lequipe.fr

Une équipe surprenante qui a fait le spectacle, ce qui n’est pas souvent arrivé depuis le début de cette compétition.

Avec cette insouciance et cette fougue qui caractérisait également le Mexique et l’Afrique du sud, cette formation du sud de l’équateur a laissé parler le jeu sans prudence. Ils disposent d’un trio d’attaquants inspiré mené par un Alexis Sanchez virevoltant, un Valdivia intelligent et un Beauséjour efficace. Derrière eux, Mati Fernandez a montré toute sa capacité à créer des espaces et les latéraux Vidal et Isla n’ont pas ménagé leurs efforts pour épauler l’attaque des piments rouges.

Naturellement, le seul but du match viendra d’une action à trois : Mati Fernandez lance Isla dans le couloir qui centre pour…Beauséjour du fessier, bien aidé par son vis-à-vis Hondurien (34ème). 1-0 pour le Chili.

Le problème de cette équipe vient du fait qu’ils ont été trop gourmands dans leurs attaques, ratant à plusieurs reprises le deuxième but. Certes, le gardien Hondurien Valladares a sauvé son équipe à plusieurs reprises mais on sent bien que les Chiliens pouvaient enfoncer le clou. Equipe à suivre et outsider de choix pour la deuxième place.

Le Honduras : désolation…

Malheureusement, cette équipe vient sur ce match de détrôner la Corée du Nord au poste de plus faible équipe de ce tournoi (mais talonne le Cameroun). Totalement désorganisée offensivement, elle a réussi à s’en sortir à bon compte offensivement sans toutefois rester imperméable. Ils ont été dépassés par les capacités individuelles, collectives et essentiellement techniques des adversaires chiliens et n’ont jamais semblé pouvoir sortir la tête de l’eau.

Groupe H :

1 – Suisse 3 (+1)
1 – Chili 3 (+1)
3 – Espagne 0 (-1)
3 – Honduras 0 (-1)

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Comme une bamba triste

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 15 juin 2010

Source :lequipe.fr

L’école des champions

Le Brésil de Dunga est venu avec ses grands joueurs, parmi lesquels Kaka, Robinho, les champions d’europe Maicon et Julio Cesar mais aussi avec une réputation de mur qu’on ne lui connaissait pas. Ce cru 2010 a la réputation d’une formation compacte et capable de jouer le contre, la défense, alors que la folie du football seule leur permettait jadis de briller. L’émergence de joueurs comme Felipe Melo, Elano ou Ramires a mis en valeur le milieu défensif du Brésil.

A l’inverse, les Nord-Coréens sont les illustres inconnus de cette Coupe du Monde. Cependant, ils avaient déjà fait un beau parcours en 1966 où ils avaient notamment battu l’Italie. En définitive, on attend ce match pour juger le football de cette nation obscure.

Le coffre-fort est fermé

Dès le début de la rencontre, on sent un Brésil sur ses bases nouvelles : sur la défensive. Le bloc brésilien, à l’image des Anglais et des Italiens, peine à rentrer dans les 18 mètres adverses et à se créer des occasions. Elano, Kaka, Bastos, Robinho, se mettent à l’ouvrage sans efficacité tout au long de la première période. Ca passe de droite à gauche, sort la pelote de laine à tout va mais sans pour autant faire rêver. La faute à un pack nord-coréen bien organisé et un gardien inspiré (photo).

Et pourtant, la première occasion de but est l’oeuvre de Jong Tae-Se sur une belle frappe cadrée. En vérité, au fur et à mesure de la première période, on voit une équipe de petits diables rouges s’ébattre comme s’ils n’avaient jamais vu une VHS de Pelé étant enfants. Sans complexes, ils sortent eux-aussi les frappes de loin et les pelotes de laine, ne manquant pas d’un certain panache.

Au final, et c’est désolant de le dire, on souhaitait une première période tonitruante entre des requins et des perches, et l’on assiste a une rencontre où les petits poussins font jeu égal avec les chocobos. L’espérance arrive avec la seconde période de voir autre chose que ce 0-0 si décevant entre le Portugal et la Côte d’Ivoire.

Source :lequipe.fr

Une libération si mièvre.

Au retour des vestiaires, le match est toujours aussi statique et l’agence tous risques brésilienne craint vraiment l’accroc. Le verrou nord-coréen ne faiblit pas et les contre-attaques paraissent de plus en plus saignantes. On sent une équipe qui trouve peu à peu son football et, contre toute attente, ils nous vendent un rêve inattendu. Seulement, les Brésiliens se disent soudain que cette comédie a assez durée.

Après un beau décalage, Maicon nous gratifie d’un centre tir des plus inspirés. D’un extérieur du pied, le latéral de l’Inter trompe le gardien de la Corée du nord et libère un Brésil bien pâle.

Mais même a 1-0, l’équipe à la cote de 200 contre 1 ne faiblit pas. A l’image de plusieurs joueurs qui pleuraient en entendant leur hymne national, cette formation semble être très heureuse de jouer sur ce terrain, de fouler cette pelouse, de toucher ce ballon. Ils s’amusent et montre aux Brésiliens ce qui leur manque : le plaisir du jeu. Maicon pleurait aussi lors de son but mais il semblait se sauver d’un cataclysme, la peur au ventre.

Cette différence de plaisir dans le jeu se ressent dans la Seleçao version Dunga et dans ces instants reviennent en mémoire les reproches faits à cette équipe. Le 2-0 sur une superbe action entre Robinho et Elano ne retire rien à l’impression d’ensemble : ce Brésil est une ombre à leur tableau de chasse footballistique.

D’ailleurs, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs qui se sont sentis Nord-Coréens pendant un instant, cette petite nation va déjouer les pronostics. Ji Yun-nam réduit le score. Cha Jong-hyok botte un lointain coup franc depuis le coté droit. A l’entrée de la surface côté gauche, Jong Tae-se remise parfaitement de la tête pour son capitaine qui s’avance et trompe Julio César d’un tir à bout portant (2-1).

Les petits deviendront grands, et inversement.

Dans un énième match sans grand relief, le Brésil a réussi son entame mais en montrant un visage qui ne permet pas d’en faire un favori. Par contre, la Corée du nord pourrait créer la surprise si elle parvient à bousculer la Côte d’Ivoire et le Portugal. On espère que cette nation si bien cachée fasse surface à travers cette compétition mondiale.

Le Groupe G

Mardi 15 juin 2010

Côte d’Ivoire – Portugal (0-0) : résumé.

Brésil – Corée du Sud (2-1)

Le classement du groupe G

1 – Brésil, 3 pts (+1)

2 – Côte d’Ivoire, 1 pt (0)

2 – Portugal, 1 pt (0)

4 – Corée du Nord, 0 pt (-1)

Cherchez l’erreur

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 14 juin 2010

Des Bleus et des Sud-Américains…Ca vous rappelle rien ?

Dans la série « on ne change pas une équipe qui dort », je voudrais Marcello Lippi. Fidèle à son 4-3-3, le sélectionneur italien des Champions du Monde fait toujours autant confiance à Marchisio pour orienter le jeu et à Iaquinta pour jouer les ailiers. Il élimine ainsi Gattuso, seule réjouissance du 1-1 contre la Suisse et Di Natale, meilleur buteur de Série A. La défaite contre le Mexique 2-1 qui s’est jouée avec quasiment la même équipe revient dans les mémoires.
Les Paraguayens, eux, ont un autre poids dans leurs mémoires, celui de Cabanas, l’attaquant vedette blessé par balle à Mexico le 25 janvier 2010. Cette étoile manquante de la sélection donne un but à cette sélection paraguayenne : gagner pour lui. Sur le papier, Roque Santa Cruz est aussi absent pour laisser sa place a Valdez en pointe.

L’Italie prend un "cours-jeu"

La première demi-heure offre déjà une première information, et elle est de taille : l’Italie sait jouer au football. On l’avait trouvée fatiguée et impuissante dans ses matchs amicaux, la voilà qui fait le jeu et tente de construire. Elle prend le jeu à son compte mais n’arrive pas à se créer d’occasions. Iaquinta est fantomatique côté gauche, le trio du milieu ne sait pas comment mener l’équipe et seul Pepe se démène.
Le Paraguay se mure en défense, attendant l’occasion propice. Et celle-ci arrive à la 39ème minute sur une erreur d’appréciation de l’arbitre. Signalons au passage que si l’arbitrage était jusqu’ici irréprochable dans la répression, monsieur Archundia a été un modèle de laxisme. Ne sifflant que peu

Source :lequipe.fr

de fautes des deux côtés, il laisse les actions se dérouler et semble parfois oublier le retour à la faute. Ici, il siffle un coup franc inexistant, la balle arrive sur la tête d’Alcaraz qui marque entre Cannavaro et De Rossi.
Pour les Italiens, un coup de massue s’abat soudain, d’autant que les coups de pieds arrêtés étaient la chasse gardée des azzurri.
Côté paraguayen, on n’attendait pas mieux et le retour aux vestiaires se fait en douceur, avec un but d’avance.

Sans les gants

La deuxième mi-temps commence avec un deuil national : Buffon est remplacé par Marchetti. Par contre, Lippi a tiré les enseignements des différents matchs, dont cette mi-temps, et décide de repasser en 4-4-2. Pour autant, on ne voit toujours pas Gilardino et Iaquinta qui sont censés mettre des buts, ou au moins tirer. Les quelques joueurs qui tentent de trouver cette égalisation sont Montolivo et Pepe. A l’heure de jeu, le vent va tourner en faveur de la Squaddra, et surprendre Vilar qui évalue mal la trajectoire du corner de Pepe. La balle termine dans la course de De Rossi qui tacle

Source :lequipe.fr

pour l’égalisation. Les rentrées de Camoranesi et de Di Natale ne vont rien changer et Iaquinta, qui a fait 90 minutes de promenade, sort encore une fois grandi de ce match dont on se dit qu’il se serait mieux déroulé sans lui.
La fin du match se passe tranquillement, les Paraguayens attendant la fin tandis que les Italiens ne parviennent toujours pas à creuser l’écart.

Pour la suite, il faudra aux italiens une autre dose de volonté, des attaquants de pointe et peut-être un meneur en la personne de Pirlo, toujours blessé. On voit mal cette équipe aller au bout sans la chance, et celle-ci n’est pas pour l’instant au rendez-vous.
Le Paraguay s’en tire avec un nul et n’est pas mécontent. Cette équipe n’a toutefois rien montré de bien réjouissant et trouvera un bon test contre la Slovaquie, autre outsider du groupe.
Et encore merci à l’arbitre mexicain de ce match qui nous a gratifiés de la première erreur notable dans ce tournoi. Espérons que cela ne dure pas.

Groupe E : Oranje amère et sommeil levant

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 14 juin 2010

Les Pays-Bas passent à l’Oranje

Source :

Au coup d’envoi de ce match, on se dit que les adorateurs du stimorol tremblent déjà.

Devant eux se dresse cette flamme orange adepte du jeu total qui excite d’avance le monde du football. Malgré un Robben blessé, Bert Van Marwijk aligne un 4-2-4 alléchant mais avec une interrogation majeure. Si Kuyt est très à l’aise à droite et Van Persie à sa place en pointe, on se demande comment Wes Sneijder en 10 et Rafael « V2 » Van der Vaart ailier gauche vont coexister, les deux aimant mener le jeu.

Toute cette effervescence n’impressionne pas Martin « Bilbo » Olsen, le guide de cette sélection depuis dix ans. Il a très bien compris que pour calmer les ardeurs hollandaises, il fallait aligner une équipe rugueuse, des lignes solidement posées et quelques joueurs de flûte pour endormir le match. Exit les Tomasson et Gronkjaer qui accélèrent le jeu, seul Rommedahl aura ce rôle en 9 et demi virevoltant. Seul devant, l’albatros de Londres, Niklas Bendtner, aura la lourde tâche de conserver les ballons et de les faire fructifier autant que possible.
Une fois le sommeil orange trouvé, le technicien danois espère marquer un but et s’en tirer à bon compte.

Berceuse danoise…

Source :lequipe.fr

Pendant les quarante-cinq premières minutes, le plan de Bilbo le danois marche à merveille et sa défense centrale Agger – Kjaer protège le royaume. Même si le premier quart d’heure offre de belles envolées oranges, on sent les Danois bien en place et prêts à jouer le contre.

D’autant plus que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes hollandais. Comme prévu, Wes et V2 se marchent dessus, tentant l’un après l’autre de délivrer le pays à travers une frappe de perso pour V2 et deux coups francs tirés directement de 50 mètres pour Wes.

Les joueurs danois en profitent pour baisser progressivement le rythme, contrer les frappes, et attendre sereinement le moment opportun. Sans aucun doute, au fil des minutes, les Pays-Bas s’endorment. Alors, à chaque moment de flottement, les Danois jouent long, changent d’aile de droite à gauche, utilisent les centres et jouent sur Bendtner qui montre dans un style peu orthodoxe son talent de pivot. Toutefois, rien n’inquiète vraiment Stekelenburg et les frappes se font assez rares.

Dans le dernier quart d’heure, les Oranges se réveillent un peu et commencent à combiner. Kuyt puis Van Persie se procurent des occasions, sans déranger Sorensen, le portier danois.

Erreur fatale

La seconde période s’annonce sur le rythme d’un Derrick et on imagine bien Bilbo festoyer son 0-0, voire son hold-up.

Mais il ne faut que trente secondes aux Hollandais pour assister au premier but gag de ce mondial

Source :lequipe.fr

(hormis les erreurs de gardiens). Van Persie se retrouve côté gauche après une sortie fantasque de Sorensen et adresse un centre pour…Simon Poulsen qui d’une tête envoie le ballon dans le dos de son coéquipier Agger pour un « friendly fire » ou CSC.

On pensait les Oranje armés pour inscrire huit buts par match, ils se retrouvent dans l’obligation de laisser un Danois marquer. Van Persie va d’ailleurs déverser toute sa rage sur Kjaer en lui mettant une petite claque à l’aveugle, ce qui lui vaut un carton jaune distribué avec classe par Mr Lannoy, l’arbitre frenchie de cette Coupe du Monde.

Bilbo est pris à son propre piège et il n’est rien de plus difficile que transformer une équipe qui joue le contre en foudre de guerre. Les Danois vont donc se chanter des berceuses en attendant le prochain match. Et lorsque Bendtner, l’un des meilleurs Danois sur le terrain, sort pour laisser sa place à l’imposteur « David » Beckmann, plus rien ne se passera. Tomasson ne pointera pas le bout de son nez et seul Rommedahl redonnera espoir pour la qualification par son aisance et sa percussion.

Et les Oranje, me direz-vous ? Ils vont en profiter pour montrer un soupçon du jeu qui, lors de l’Euro 2008, fit pleurer Français et Italiens. A l’heure de jeu, sur un service de l’inévitable Van Persie, V2 tente un magnifique geste du gauche sorti par Sorensen. Le même V2 sort à son tour, remplacé par la révélation de ce match : Eljero Elia.

Au-delà de sa capacité à confectionner des pulls chaque fois qu’il touche le ballon, Elia fait preuve d’une intelligence de jeu digne d’un Robben sur le côté gauche. Plusieurs fois, il va créer le décalage, servant notamment Van Bommel qui voit sa frappe repoussée par Sorensen à la 72ème.

Source :lequipe.fr

Enfin, à cinq minutes de la fin, bien servi par Sneijder, il se retrouve face à Sorensen et frappe sur le poteau. Le ballon arrive alors dans les pieds du grand Kuyt qui marque.
Le Danemark aurait même pu subir une correction si Poulsen n’avait pas sauvé sur la ligne un ballon d’Afellay, rentré à la place de Van Persie.
Les Pays-Bas gagnent donc sans vraiment convaincre. Ils sortiront certainement leaders de ce groupe, d’autant que Robben, sur le retour, va régler ce différent tactique entre Wes et V2.
Le Danemark devra par contre se montrer plus incisif pour éviter une contre performance. Leur puissance offensive reste à prouver malgré un Bendtner volontaire et un Rommedahl inspiré.

Pendant ce temps-là…

Voici un petit aperçu du jeu des deux équipes qui se sont illustrées lors de ce second match du groupe E.

Cameroun : Capitaine abandonné

Samuel Eto’o, la star, et capitaine, de ces Lions indomptables, a dû se sentir bien seul dans ce curieux dispositif mis en place par Paul Le Guen. Placé en meneur de jeu excentré sur la droite, il n’a jamais pu

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avoir l’impact espéré par le monde du football.

Il est vrai qu’il joue à ce poste à l’Inter mais entouré de Pandev et Milito, non de Webo et Choupo. Parlons d’abord de la force offensive de ce Cameroun : incapable de créer du jeu, les trois éléments cités peinent à se comprendre et seul Eto’o apparaît telle une pièce d’or au milieu d’une piscine. Mais ils sont également peu épaulés par Enoh, Matip et Makoun, trois petits cochons pendus au gazon qui se tirent la queue mutuellement.Que ce soit défensivement ou offensivement, ils ont toujours agi à contretemps et rarement trouvé un éclair.

M’Bia aurait pu être une vraie source de satisfaction s’il n’était pas fautif sur le but japonais, oubliant la notion de marquage. Il se procure quand même la plus grosse occasion camerounaise du match d’une frappe sur la barre, quelques minutes avant la fin.
La défense centrale a été dépassée de même que le gardien, par tous les centres nippons (et il n’y eut que cela d’ailleurs). Il n’y a guère que l’arrière gauche Assou-Ekotto qui, tant par sa technique offensive que par ses interventions, s’est mis au niveau d’une Coupe du Monde.

Que retenir de ce match ? Un état d’urgence car le Danemark par sa solidité défensive et les Pays-Bas par cette folie qu’ils dégagent vont surclasser cette équipe…si elle ne se réveille pas.

Japon : Le docteur Kawashima a tout compris.

Le grand bravo d’aujourd’hui est déjà décerné à l’entraîneur nippon Okada-San. Les flottements de la

Source :lequipe.fr

défense du Cameroun, il les a vus et prédits dès le début du match.

Voilà pourquoi cette équipe japonaise usait et abusait de longs centres, fuyant même parfois le sens du jeu. Matsui a été notamment un distributeur modèle : un centre tir à la 16ème puis un centre à la 20ème qui inquiète Hamidou, le portier camerounais. Honda tente aussi de centrer à la 28ème minute, sans résultat. Entre tous ces centres, aucune occasion notable ni combinaison intéressante. Et dix minutes plus tard, Matsui centre, le ballon file au second poteau vers un Honda seul au monde qui marque le seul but de la rencontre.

Le reste du match est résumé ci-dessus et le Japon ne nous apprend rien d’extraordinaire étant donné la faiblesse de l’adversaire. A première vue, il sera difficile pour ces deux équipes d’aller chercher une seconde place mais si le Danemark continue de jouer la trotteuse, le Japon sera l’équipe la mieux placée pour créer la surprise.

Classement du groupe E :

1 – Pays-Bas, 3 pts (+2)
2 – Japon, 3 pts (+1)
3 – Cameroun, 0 pt (-1)
4 – Danemark, 0pt (-2)

L’Angleterre de Capello chope une Gangreene…

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 13 juin 2010

Deux équipes très attendues

La perfide Albion, menée par les piliers d’Europe Terry, Lampard, Gerrard et « Just Roo It » Rooney, jouait samedi soir le match le plus difficile du groupe face à une formation américaine qui arrivait en Afrique du Sud avec une finale de Coupe des Confédérations sous le bras.
Les deux équipes sont très attendues dans ce mondial, pour différentes raisons.

Source :lequipe.fr

L’Angleterre est maintenant entraînée par l’illustre coach italien Fabio Capello (debout sur la photo), vainqueur de la Ligue des Champions en 1994 avec le Milan AC. Toute une nation espère de lui qu’il discipline cette formation dont les doutes se sont accentués défensivement avec la blessure de Rio Ferdinand. Avec son entraîneur et l’effectif en place, l’Angleterre se sent pousser des ailes et doit réussir ce premier match pour confirmer son statut de tête de série.

L’équipe alignée comporte malgré tout quelques incertitudes, notamment King en défense qui n’est pas au mieux physiquement, Heskey qui fait figure de papy en attaque et surtout Milner dont on se demande ce qu’il fait sur le terrain.

La nation américaine a de son côté battu l’Espagne championne d’Europe en demi-finale de la Coupe des Confédérations 2009 et part avec un capital confiance certain. Emmenée par des cadres comme Donovan, Dempsey ou l’attaquant de Hull City, Altidore, cette équipe veut porter le rêve américain au terme de la compétition.

 
Les Anglais maîtrisent sans être Green !

Il n’a fallu que quatre minutes à l’Angleterre pour montrer l’étendue de son talent : face à une défense qui fredonne encore l’hymne américain, les techniciens britanniques se baladent et Heskey offre à Gerrard le premier but de la rencontre. Passive, voire distraite, l’Amérique plie d’entrée et on se dit que le match a déjà basculé.

Cependant Fabio Capello, en bon technicien transalpin, a bien formé ses joueurs à respecter cette règle d’or : conserver le score et former un bloc. Pendant une demi-heure, les Anglais imposent à leurs amis anglophones une bataille au milieu de terrain et un rideau bien fermé aux 18 mètres. Mais ces Anglais,

Source :lequipe.fr

contrairement aux Champions du Monde italiens qui ont usé et abusé de cette méthode, souffrent sur les coups de pied arrêtés et certaines phases de jeu où ils manquent d’agressivité. De plus, ils ne semblent pas si dangereux en contres malgré une défense assez passive en face (qui a tout de même pris 9 buts en 5 matchs de Coupe des Confédérations). Rooney (en blanc sur la photo) manque apparemment de mordant et déçoit, à l’image de Lennon et du méconnu Milner, remplacé à la demi-heure de jeu par Wright-Phillips. Néanmoins, ils contiennent des Américains volontaires à l’image d’Altidore et de Donovan qui tentent sans concrétiser.

Les Britanniques arrivent à préserver leurs cages inviolées jusqu’à cette fatidique trente-neuvième minute. Green, le gardien de West Ham, a entre les mains la lourde tâche de garder les buts du Royaume et s’en sort pour le moment assez bien. A ce moment précis arrive sur lui une frappe anodine de Dempsey. Green (à gauche sur la photo) croit la capter mais la balle fait « savonnette » et vient se loger à sa droite, dans ses filets. Le travail effectué par son équipe se trouve ainsi réduit à néant. Comme souvent, l’Albion manque de mains fermes et le souvenir de « Calamity James » plane encore dans les mémoires.

Source :football365.fr

Beaucoup diront qu’il ne faut pas blâmer le gardien anglais et ils auront raison sur deux points. D’une part parce que les Etats-Unis ne volent pas cette égalisation et d’autre part, ils ne la volent pas justement parce que l’Angleterre joue depuis son but un mauvais football italien. Plutôt que de pousser afin de marquer ce deuxième but, les coéquipiers de Gerrard se sont repliés, s’exposant à une égalisation comme celle-ci.

A la mi-temps, après un réveil vain sonné par Lennon juste après le but, l’Angleterre montre sa solidité tactique sur le terrain et son manque d’envie au score. Les Américains, eux, ne sont pas mécontents, bien au contraire.

 

Big Ben sonne à vide

 

Au retour des vestiaires, les Anglais le savent : ils doivent marquer pour bien démarrer cette compétition. Capello a sorti King pour faire jouer Carragher, un joueur plus mordant bien que peu fiable physiquement. De leur côté, les joueurs de soccer comptent bien jouer le contre et espérer un nouveau coup de pouce du destin.
Déployant tout l’éventail de leur jeu, les coéquipiers d’un Rooney bien pâle en première période tentent de bousculer l’empire à grands renforts de débordements, de centres, de frappes ou de balles en profondeur. « Roo » se réveille, multipliant les occasions sans jamais vraiment inquiéter Tim Howard, pourtant vieille connaissance du joueur de Manchester. Heskey, qui le connaît aussi, perd son face à face en début de seconde période. La grosse frappe de Lampard sera également de sortie mais une claquette d’Howard en viendra aisément à bout. Finalement, ce « kick and rush » ne trouve guère son efficacité et seule

Source :football365.fr

l’intelligence tactique de l’équipe est à souligner.

A l’inverse, les joueurs de Bob Bradley vont se créer l’occasion la plus franche de cette seconde période, malgré le caractère très brouillon de leurs phases de contre. A l’heure de jeu, sur une magnifique envolée, Altidore va manquer de peu le but, son tir étant détourné sur le poteau par un Green toujours aussi peu fiable. Pour le reste, comme je l’ai dit, les Américains manquent de spontanéité et ne parviennent pas à mener correctement leurs contres. Il faut dire qu’en face d’eux se dresse toujours ce même rideau d’intercepteurs dont Terry et Lampard sont les chevilles ouvrières. Carragher et Gerrard y vont de leurs fautes grossières qui leur valent d’être avertis et de calmer les quelques ardeurs adverses.

Les Etats-Unis se contentent finalement de ce match nul salutaire et peuvent aborder sereinement les deux autres matchs contre l’Algérie et la Slovénie.

Pour l’Albion, une autre affaire pointe le bout de son nez. En effet, s’ils souhaitent aller au bout de la compétition, les joueurs vont devoir montrer davantage de folie dans un monde ou maître Capello impose le catenaccio au pays des drops. Peut-être voulait-il réitérer la recette Lippi qui fit date en 2006. A t-il vraiment la sélection pour le faire ? Va t-il tenter de rendre son équipe plus offensive et intrépide ? En tout état de cause, il le faudrait. Le match contre l’Algérie, à l’appel du 18 juin, sera un véritable test.

Demain, ne ratez pas le second match du groupe C entre nos Algériens nationaux et une équipe slovène en devenir. Dernier conseil : en ces temps de Vuvuzelas acharnées, écoutez hydrophilement !

Les casques bleus vont en Afrique du Sud !

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 12 juin 2010

A l’inspection !

Après la défaite contre la Chine, nos chers casques bleus, toujours prêts à défendre sur n’importe quel terrain sans jamais réussir à attaquer, ont fait le chemin vers le Sud de l’Afrique pour affronter l’Uruguay.
Ce premier match devait être une rampe de lancement pour des joueurs en manque de confiance depuis les matchs de préparation. D’ailleurs, Raymond Domenech avait décidé de mettre sur le terrain la révélation de ces matchs amicaux : Abou Diaby. Il espérait que ce joueur saurait lancer l’assaut de l’équipe de France et surtout accélérer le jeu.

Par contre, il avait choisi de rester sur ce 4-3-3 peu révélateur d’un esprit d’équipe et continuait de faire jouer Anelka devant pour mettre la baguette entre les mains de Gourcuff. Cette solution de continuité pouvait-elle donner lieu à une victoire ? Après tout, on ne change pas une équipe qui dort…
Face à eux, la Céleste et sa double vitrine Forlan – Suarez, 52 buts à eux deux cette saison, soit autant que Ribery + Valbuena + Henry + Anelka…la liste est longue !
Pourtant, l’Uruguay se montrait sur le papier comme on l’imaginait, à savoir en 4-4-2…ou plutôt en 8-2. En résumé, 52 buts devant, mais surtout aucun derrière et le désert au milieu de terrain.
Les double vainqueurs de cette coupe du monde joueraient-ils le 0-0 ? Non, ils jouaient aussi les 52 buts…

Le calme avant…le calme.

Evidemment, on imaginait la France bousculée en début de match, comme contre la Tunisie ou le Costa Rica. Mais les Uruguayens, dès l’entame, semblent jouer le contre.
Les Français rentrent bien dans le match, montrent un certain entrain et prennent le jeu à leur compte, ce qui arrange donc la Céleste.
Mais déjà, à la 6ème minute, Govou refuse de tirer sur le centre de Ribéry. La France, pays des droits de l’homme, est fière de son ailier droit d’habitude si effacé et qui se montre si tôt.
Le premier quart d’heure permet aux Français de se roder sans opposition face à une Céleste sans conviction, cherchant le contre et surtout cherchant Forlan.

Durant toute la première période, l’Uruguay a penché à gauche sans jamais ni renverser le jeu, ni varier leur système. La faute d’abord à Gonzalez, le meneur de jeu, qui ne sait ouvrir qu’à gauche mais surtout à Forlan qui aimante les ballon mais qui joue davantage le rôle de meneur que d’avant-centre. Malgré une belle frappe au quart d’heure de jeu, il ne fera rien de bien étincelant. Que dire de Luis Suarez, la Chupacabra locale en manque d’apparition, qui a fait figure de fantôme sur le terrain ? Cela paraît évident assez vite : un nul vierge suffirait à Monsieur Tabarez, le sélectionneur de l’Uruguay.

Source :www.lequipe.fr

Visiblement, Raymond Domenech n’a pas compris tout de suite que son équipe avait signé un pacte de non-agression avec son adversaire. Enfin, devrais-je dire qu’au niveau des tirs, les joueurs se sont abstenus (un seul tir cadré sur 8 frappes en première période). Du côté des fautes, surtout celles pour stopper les contres adverses, les Bleus répondent présent. Evra puis Ribéry commettent des fautes « utiles » mais ignobles, sanctionnées d’un carton par l’excellent arbitre japonais, monsieur Nishimura. Sinon, l’organisation offensive reste toujours aussi stérile entre un Govou absent, un Ribéry flanqué d’œillères et un Gourcuff lent et imprécis. Seul Diaby tente par ses déboulés de bousculer cette équipe pour créer des espaces et ainsi servir un Anelka…qui décidément n’est pas l’avant-centre des Bleus mais son ailier droit. D’ailleurs, à la demi-heure de jeu, il prend un ballon destiné à Govou alors qu’il est hors-jeu contrairement au Lyonnais, bien lancé.
Avant la mi-temps, on croit voir l’ouverture du score sur un coup franc de Gourcuff qui part pleine lucarne mais tombe sur le magistral Muslera.

On ne parle pas de la défense car elle n’a jamais été sollicitée et on espère qu’en seconde période, les Bleus reviendront des vestiaires armés avec un général lucide.

No sport, no stress !

Malheureusement, rien ne change dans l’esprit du sélectionneur, même si un second attaquant (ou un attaquant de pointe) eut été un bon choix.
Les Célestins se rabattent dans leur camp en seconde période, laissant les Français sans opposition. Forlan tentera bien d’exploiter la lenteur défensive française en faisant un enchaînement contrôle-frappe en toute liberté, bien stoppé par un Lloris dont on parle peu mais qui est exemplaire.

Ce contexte laisse aux Bleus le soin de faire de grandes promenades latérales sur le gazon. Anelka jouant souvent ailier droit à la place d’un Govou qui attend de récupérer son siège sur le banc, ce problème de profondeur est logique.
Entre deux bourdonnements de cette moustiquaire qu’est l’Afrique du Sud, Toulalan en profite pour stopper un nouveau contre Uruguayen, héritant d’un carton jaune sans grande utilité.
Et lorsqu’ils tentent d’attaquer, les Français manquent d’inspiration et vont s’empaler dans l’axe alors que les ailes sont si souvent propices à des dédoublements, voire des centres. Décidément, à l’heure de jeu, on se dit que ce match ne nous apprendra rien.

Source :football365.fr

Ni la rentrée d’Henry, ni celle de Malouda, pourtant bien senties à la place d’Anelka et Gourcuff ne vont changer la donne. Pire encore : ce diable de Forlan va avoir l’occasion d’assassiner définitivement les Français sur un service de Suarez mais sa frappe à bout portant, en face d’un Lloris immobile, passe à côté.

Puis à la suite de deux cartons jaunes vient l’expulsion de Lodeiro, entré à la place de Gonzalez vingt minutes plus tôt. A ce moment, les Uruguayens se replient définitivement et on se dit que les Bleus doivent attaquer pour prendre cette première place et montrer leur domination. Mais rien ne se passe et ce dernier coup franc, tiré par Henry dans le mur, est déchirant.
Au final, on retrouve une équipe de France fidèle à elle-même qui ne sait ni vraiment défendre ni vraiment attaquer, passive et dépourvue de passion. Sans attaquant ni collectif, les Bleus doivent se reprendre et Raymond Domenech doit réfléchir à un moyen d’attaquer…peut-être un 4-4-2 ? On craint la défaite, voire le massacre face à une équipe plus forte.

Mais justement, les bleus ont-ils à craindre de ces deux autres adversaires ?

Dans ce match d’ouverture opposant un Mexique récent vainqueur des champions du monde Azzurri (2-1) et une Afrique du sud qui accueille la compétition, nous avons vu beaucoup de folie, de la fougue, un match disputé et une égalité, un match pas si nul finalement. Etat des lieux de ces deux formations.

Mexique :

Source :lequipe.fr

Visiblement stressée par l’enjeu de ce premier match, la formation de Javier Aguirre a tenté beaucoup de combinaisons devant, notamment grâce à Dos Santos et Vela (but refusé pour hors-jeu, 38ème), deux techniciens hors pair. Mais l’organisation d’ensemble peine à se mettre en place : trop d’imprécisions dans les passes, des combinaisons inachevées, beaucoup de pression et un attaquant, Franco, peu inspiré. Le milieu manque de liant entre Torrado et Juarez, deux joueurs assez lents, quelque peu en dedans.
Pourtant, les Bafana leur laissaient le champ libre, mais ils semblaient assez frileux et craignaient le contre. D’ailleurs, ce qui s’est passé montre qu’ils ont eu raison et met en lumière leurs lacunes défensives. Entre la charrue Rodriguez et le bœuf Osorio, on ne sait pas lequel mettre devant l’autre tellement ils peinent à s’entendre. Ils ne sont pas aidés par leur gardien Perez qui semble avoir tout le temps les mains brûlantes, ce qui l’empêche de capter le moindre ballon.

En résumé : Il ne faut pas laisser ces Mexicains, notamment les deux ailiers, trop prendre le jeu à leur compte car ils savent combiner et jouer rapidement. Ce serait une erreur de tenter un match en contre pour les Français qui, nous le savons, font figure de sécurité sociale dans ce mondial.

Afrique Du Sud :

Source :lequipe.fr

Quelle surprise ! ! ! Très tremblants en début de match ou ils ont frôlé la mort, les Bafana Bafana entraînés par le salutaire Brésilien Pareira ont montré une organisation solide derrière, sauf sur les coups de pieds arrêtés et sur certaines absences ponctuelles…qui leur coûtent tout de même un but. Ils ont également réalisé de très belles combinaisons devant avec des pépites qui n’ont pas froid aux yeux comme Shabalala et Mphela. Pienaar fait la liaison le plus souvent avec brio et ça tient au milieu.
Une équipe africaine qui joue le contre de cette manière, c’est assez rare !
De plus, ils osent les frappes de loin par Gaxa (81ème) par exemple. Décomplexée, fougueuse, cette équipe a tout pour plaire dans une Coupe du Monde. Kuhne semble impérial (superbe parade sur une frappe de Dos Santos à l’heure de jeu) et la charnière montre une certaine sérénité défensive. Et c’est finalement une défense trop sereine, ou trop confiante, qui encaisse ce but.
En résumé : contrairement aux mexicains, les autochtones vont jouer le contre, et ils savent le jouer en accélérant le jeu. Il ne faudra pas rater les occasions de tuer le match le plus vite possible.

Ce match mental, technique et tactique côté sud africain aurait peut-être dû pencher en faveur de l’un ou de l’autre mais l’immaturité et le manque d’expérience des Bafana a profité aux Mexicains qui méritent tout de même ce match nul (1-1).

Espérons que les Bleus se reprennent. Réponse le 17 Juin contre le Mexique.

Un petit message aux Marseillais qui s’inquiètent : vous avez le Chikungunya, nous avons les Vuvuzelas (et si vous regardez les matchs à la télévision, vous constatez que c’est excessivement énervant !).

Le Groupe A

En résumé, l’Afrique du Sud et le Mexique ont donc fait match nul, 1-1. De leur côté, les Français n’ont pas fait mieux contre l’Uruguay puisqu’ils n’ont réussi qu’à obtenir le 0-0.

Au classement,

1er – Afrique du Sud, 1 pt (0)

1er – Mexique, 1 pt (0)

3ème – France, 1 pt (0)

3ème – Uruguay, 1 pt (0)

Bayern-Lyon : une victoire dans le sang

Posted in Ligue des Champions par Steven Ayache sur 22 avril 2010

Un passé entre gloire et déboires

Source :tcl.fr/

« Ceux qui m’aiment prendront le bus » a dû dire Puel à ses joueurs. Le volcan islandais ayant inondé le ciel de cendres, les Lyonnais ont donc eu droit à l’air bus de circonstance, comme les Barcelonais pour rejoindre Milan. Mais les joueurs de Claude Puel préféraient parler avant le match d’expérience visant à souder le groupe. Ils voient le bon côté des choses, et ils ont d’autant plus raison qu’ils ont déjà battu le Bayern deux fois en Ligue des Champions (en 2001 à Gerland, en 2003 chez l’occupant).

Forts de ce passé, les coéquipiers de Sidney Govou espéraient bien réaliser la passe de trois. De son côté, Franck Ribéry craignait bien sûr la passe de trop, car une victoire de Lyon sur les terres germaniques compromettrait les chances de qualification. En tous cas, les rouges peuvent compter sur une équipe-type, à l’exception notable de Van Bommel, au grand plaisir des chevilles lyonnaises, toutes présentes. Côté Gones, la frayeur est jaune car sept joueurs sont sous le coup d’une suspension.

Stéphane M’Bia le Marseillais a cru bon, au lieu de suivre ce match, d’aller voir Rihanna en concert (quelle info signée laprovence.com !). Le match donnera-t-il un meilleur spectacle ?

Un choc des blocs

Le premier quart d’heure s’apparente à un round d’observation tant les deux équipes peinent à se livrer. Ici et là, on teste les rampes de lancement vers Ribéry et Robben dans le coin rouge, Ederson et Delgado dans le coin bleu. La spider caméra permet d’observer deux blocs en 4-5-1 (Muller jouant derrière Olic côté Bayern), très compacts qui ne veulent surtout pas se désunir.

Soudain, dès la treizième minute, on sent le bloc munichois plus haut et une équipe lyonnaise sur la descente. Cause de tout ce ravage : un corner rentrant de Ribéry d’abord, bien sorti par Lloris, puis un autre de Robben qui trouve « Schweiny » tout seul pour une tête à ras du poteau. Dès lors, les rouges vont donner la couleur de ce match, changeant d’aile comme dans un bucket. Les hommes de Puel, pris de peur, reculent et se tassent, ce qui ne déplaît pas au grand Francky. A la 18ème minute, il enclenche la première côté gauche, démarre Cris et frappe du droit mais le ballon dérape et passe à côté.

Les Gones avaient besoin de souffler, et la circonstance viendra les aider à la 22ème minute, lorsque Cris est bousculé par Muller après une frappe un peu trop emballée. Le petit arrêt fait remonter le bloc bleu qui redevient menaçant, grâce notamment à un Lisandro omniprésent en pivot et à un Ederson plein d’entrain. Le Brésilien va d’ailleurs sonner la charge avec un boulet de canon suite à un corner dégagé dans l’axe mais Demichelis fait mur. En tout cas, les Munichois sont moins menaçants et la nation tricolore commence à croire en son représentant.

Mauvaise fortune pour Ribéry, Bon cœur de Lyon

Source :lequipe.fr/

A la 35ème minute, selon nos confrères de Lequipe.fr, Franck Ribéry est assailli d’insultes par les supporters lyonnais qui le traitent de « pédophile » en référence à cette affaire de proxénétisme dans laquelle il a été cité comme simple témoin. En réponse, Ribéry préfère viser directement la cheville du pauvre Lisandro qui n’avait rien demandé. Mr Rosetti, l’arbitre italien de ce match, voit rouge à juste titre. Tout comme l’un des grands de ce sport qui le réclame au Real, Franck a cédé sous le poids des insultes et réduit son équipe à dix.

Dès lors, Lyon pousse sans trop se découvrir, attendant manifestement la mi-temps pour mettre le coup de grâce. Les hommes de Van Gaal se replient, attendant un orage qui ne viendra jamais. Seul le suédois Kallstrom inquiètera Nicky Butt sur une splendide frappe des 30 mètres que détourne le gardien du Bayern.
A la mi-temps donc, un Bayern réduit à dix et une équipe lyonnaise qui doit tout donner pour marquer ce but

Un retour étonnant.

Van Gaal fait sortir Olic pour le milieu ukrainien Tymoschuk, histoire de glisser à Claude Puel qu’il va jouer le 0-0. Mais étrangement, les Lyonnais sortent des vestiaires avec un arrière goût de bus très amer. Contre toute attente donc, les Bavarois attaquent, pilonnent même les Gones en jouant très haut et en servant systématiquement un Robben de plus en plus intenable. Ce sera d’abord une volée de Pranjic qui passe à côté, puis une occasion inratable de Muller, seul devant Lloris, qui préfère manger la pelouse avec son pointu. On se dit maintenant que seul Robben peut permettre à Munich de vibrer en infériorité numérique.

Trop d’allant pour Toulalan

Cette situation pouvait encore s’inverser et les Lyonnais espéraient d’ailleurs récupérer bientôt le ballon. Les rouges continuent de faire tourner la balle de droite à gauche et inversement pour énerver le chaland, qui dans le cas présent s’appelle Toulalan. En deux minutes, le défenseur de fortune, emblème lyonnais depuis le début de saison, va successivement se faire suspendre en prenant un jaune pour une faute sur Pranjic puis doubler son capital sortie en terminant le match aux vestiaires sur une charge trop appuyée. Compensation ou pas, il est certain que les deux fautes prises séparément valent chacune un jaune et que Toulalan, un peu fou, a considérablement affaibli son équipe, définitivement.

D’égal à égal, Lyon ne fait pas le poids.

Source :lequipe.fr/

Dès lors, le Bayern va progressivement faire monter le rideau rouge, circuler sur toute la largeur du terrain, condamnant les Gones à défendre avec Gonalons dans l’axe et Cissokho en martyr de Robben. Ce dernier va illuminer le match de sa patte gauche, d’abord sur une frappe à l’heure de jeu puis sur un centre à destination de Gomez qui préfère imiter le pélican sans forcer. Mais il n’a besoin de personne (si ce n’est le crane de Muller qui effleure le ballon) pour décocher cette superbe frappe dont il a le secret et tromper un Lloris à la rue sur l’appui opposé.

Van Gaal ne poussera pas son prodige et le fera d’ailleurs sortir en fin de match pour préserver un score qui va faire mal pour le retour à Gerland. Sans Ribéry, mais surtout sans un Toulalan indispensable aux Lyonnais pour se stabiliser, le match risque de paraître long, tant à Claude Puel qu’à l’international français devant sa télévision.

Arsenal noie le poisson

Posted in Ligue des Champions par Steven Ayache sur 1 avril 2010

La promenade des champions

Source :www.lequipe.fr/

En Ligue des Champions, jouer contre le Barça revient à défier Usain Bolt sur 100 mètres : dès le coup d’envoi, une curieuse impression de décalage se fait sentir.
Dès les premières minutes donc, c’est la formation catalane qui mène la danse balle au pied, faisant bouger les têtes de l’Emirates au rythme de leur Toché.
L’enchaînement des passes est fluide et rapide, le tout vers l’avant, ce qui surprend un bloc-équipe bien statique en face. En vérité, un seul homme se dresse contre l’armée blaugrana : Manuel Almunia, le portier d’Arsenal.
Dans le premier quart d’heure, les occasions pleuvent par Messi, Zlatan et Xavi, toutes sauvées par le gardien espagnol. Qui plus est, il a pu compter sur sa défense et notamment sur Clichy qui sauve sur la ligne un ballon de Busquets dès la 2ème minute ou encore sur Song et sa tête de fer.

Pose ton gun !

En défense chez les Gunners, Gallas est fébrile, Vermaelen pataud, et le milieu à cinq dirigé par un Fabregas moribond peine à construire vers un Bendtner qui défie, comme toujours, la vitesse du télégraphe.
Sortis de ce premier quart d’heure fatidique sans encaisser de but, les hommes d’Arsène Wenger s’en tirent déjà très bien. Malheureusement, et en dépit du mieux offensif enregistré dans la seconde partie de cette mi-temps, Arsenal perd deux de ses pièces maîtresses sur blessure : Arshavine et Gallas.

L’heure Z

C’est donc une défense inédite Song – Vermaelen qui se présente sur la pelouse pour entamer cette deuxième mi-temps, Arsène ayant préféré décaler Song plutôt que faire rentrer Sol Campbell. En une

Source :Topfoot.com

quinzaine de secondes, sur une belle action collective ponctuée par une ouverture lumineuse de Xavi, Zlatan prend de vitesse les deux boulets sans canon qui l’entourent et lobe un Almunia indécis sur sa sortie.
Après ce but, le Barça déroule et sur une action quasiment identique, Zlatan crucifie Almunia à l’heure de jeu.

Arsène prépare le poison

Arsenal montre là le visage d’un 4-5-1 sans âme, dénué de projection vers l’avant, qui aurait rappelé à Gallas de bons souvenirs s’il était resté sur la pelouse.

Source :www.lequipe.fr/

Mais sur le banc, Arsène se creuse la crinière grise et sort de son chapeau la fusée Walcott. En le faisant entrer à la place de Sagna, il prouve que lorsqu’on joue avec un dispositif défensif, il est bon en temps de crise de prendre des risques.
Trois minutes après son entrée, à la 69ème minute, il bénéficie d’une belle ouverture de Bendtner pour s’infiltrer dans la défense depuis son côté droit, mystifier le bloc de vitesse et trouer Victor Valdes.

« I’m not god »

Le match aurait très bien pu en rester là, et de manière toute à fait justifiée. Cependant, Mr Busacca, arbitre de la rencontre et héros du film « Kill the Referee » (en français : Tuez l’arbitre) en a décidé autrement.
Sur une action anodine et totalement involontaire de Puyol qui, mettant un pied devant l’autre, prend celui de Fabregas, il siffle penalty. N’ayant nul peur du scandale, il décide d’expulser le capitaine de Barcelone, le privant ainsi du match retour tout comme Piqué (un carton jaune de trop).

Source :www.lequipe.fr/

Fabregas transforme le penalty et permet à son équipe de terminer ce match en héros presque vaincu. Triste sacrifice pour le prodige espagnol qui, après ce penalty, se plaint d’une douleur fatale : il sera blessé jusqu’à la fin de la saison.

Le camp est à nous…

Pour ce match retour, Arsenal doit espérer bénéficier des défections du duo Piqué – Puyol mais devra se passer de Gallas et Fabregas. Encore faudra-t-il pour cette formation vaincre la pression du Camp Nou où les Barcelonais sont toujours impériaux et où ils joueront pour (peut-être) retrouver l’Inter d’Eto’o.

Marseille vend la peau du Lyon

Posted in Ligue 1 par Steven Ayache sur 22 mars 2010

Source : Lequipe.fr

Lettre à France

Lyon fait un match nul dans la douleur à Bernabeu la semaine dernière, Marseille a perdu contre Benfica à domicile jeudi, et ce sont ces deux Olympiques physiquement affaiblis par leur rythme saisonnier qui se présentent sur la pelouse du vélodrome.
Côté lyonnais, à part Gonalons et Kallstrom qui ont joué une mi-temps du glorieux huitième, Claude Puel a reconduit intégralement tous les joueurs présents à Madrid.
De son banc, Didier Deschamps, contraint à un turnover forcé en l’absence de Cheyrou, leur maître à jouer, mais aussi d’Abriel et de Koné, joue la carte fraîcheur : Kaboré, Ben Arfa et Valbuena sont comme neufs sur la pelouse.

L’enjeu de ce match est comme toujours crucial à ce stade de la saison : celui qui perd oublie le championnat. Cette fois, les Lyonnais sont davantage exposés par leur qualification en quarts de finale de C1 et une défaite réduirait résolument leur intérêt pour le championnat. Marseille, en revanche, n’a plus que cette carte à jouer mise à part la finale de la Coupe de la Ligue samedi prochain et doit se relancer.

Une mi-temps du dimanche

Malgré cette perspective, la première mi-temps montre deux équipes moribondes, dépourvues de lucidité tant offensive que défensive et incapables de construire.

Les Marseillais n’ont cessé de pilonner individuellement par Niang et Ben Arfa, Valbuena ne faisant que virevolter et tomber, nous agrémentant au passage de quelques coups-francs et corners, comme à son habitude, tirés sur le premier Lyonnais venu.

Les Gones font davantage preuve d’organisation collective en début de match et en récoltent d’ailleurs les fruits par Delgado, à la 12ème minute. Mais sa frappe vient taper l’équerre de Mandanda. Cependant, le jeu Lyonnais se désunit très vite et la défense menée par un Toulalan (cf. photo ci-dessus) plus insipide que jamais commence à accumuler les erreurs, rendant les ballons aux Marseillais qui ne savent pas quoi en faire.

Il faut dire que cette doublette Kaboré – Cissé semble sur la défensive et n’appuie pas les efforts de Lucho tandis que Ben Arfa, Valbuena et Niang attendent les ballons, chacun dans leurs coins.
Dans l’ensemble, cette chaotique première mi-temps laisse figurer un 0-0 peu glorieux dans un match où le contrecoup européen ternit l’enjeu national. Les Phocéens semblent prendre l’ascendant mais manquent de réalisme alors que les Gones s’essoufflent.

Source : Lequipe.fr

Et c’est le "qui perd gagne"

Le début de la seconde période voit renaître une équipe de Marseille plus compacte, plus collective, plus appliquée qui surprend un Olympique Lyonnais resté à l’arrêt de bus. Le coup de grâce moral est certainement cette frappe de Pjanic au retour des vestiaires qui ravira une fois de plus le Challenge Téléfoot en venant mourir sur la barre.

La chance est, pour une fois dans l’histoire de ce match des Olympiques, coté phocéen. La fraîcheur d’un homme comme Kaboré, pourtant peu habitué à briller sous le maillot bleu ciel, commence à se faire sentir. A la 50ème minute, il tente une première frappe hors de la surface qui passe à côté. Quelques minutes plus tard, c’est Niang qui profite d’une défaillance défensive de l’OL mais sa frappe enroulée passe à côté.

Marseille a définitivement pris l’ascendant mais manque d’impact physique et DD sent à ce moment le coaching juste : remplacer le petit vélo en roue libre par un bulldozer, ce qui donne Brandao à la place de Valbuena. Cissé et Kaboré montent d’un cran et pressent plus haut, les ailiers reviennent récupérer les ballons et repiquent dans l’axe. En somme, Lyon subit ce qui a fait sa force contre le Real : une envie de gagner supérieure à l’adversaire.
A vingt minutes de la fin, Kaboré efface Kallstrom et tire avant que la tenaille ne se referme. Son missile est dévié par Cris, lobe Lloris et termine sa course au milieu des filets. Ce but vient concrétiser la domination marseillaise et fait renaître un joueur tombé dans l’oubli de cet effectif pléthorique (cf. photo à gauche).

Ce but arrive a un très mauvais moment mais personne n’oublie la rage qui habite le Lyon blessé et celui des fins de match. Dix minutes plus tard, sur un coup franc de Kallstrom, Gomis profite d’une erreur de Diawara pour égaliser d’une tête placée.

Marseille devrait douter mais il n’en a pas le temps. Sur l’engagement, les Marseillais fomentent un coup dont l’exécuteur sera Taye Taiwo. Le canonnier est servi sur son aile gauche et profite d’une erreur de son vis-à-vis pour revenir dans l’axe et mystifier Lloris sur un tir du gauche côté opposé, poteau rentrant.

Source : Lequipe.fr

Décidément, ce dénouement a des accents de l’ère Lyonnaise, du temps ou les Gones savaient renverser un match et profiter du destin. Il semble que cette fois, les Olympiens ont su gagner le match qu’il fallait avec panache, envie mais aussi un peu de chance. La tête du jeune Belfodil passant au ras du poteau de Mandanda en fin de match ne permet pas à Lyon de revenir.

On fait le bilan…

Les Marseillais comptent un match en retard sur Montpellier et Auxerre et trois points de retard sur Bordeaux, eux aussi en quarts de finale de cette C1 aux allures de L1. Dans ce combat entre Lyon et Bordeaux en Ligue des Champions, un troisième larron pourrait aussi prendre un titre de champion mais en ligue 1 : il se nomme l’OM.
Ce match souligne peut-être une fois de plus la densité physique et l’effectif qu’il faut pour tenir une double épopée C1 – L1 et explique l’émergence d’équipes exclusivement centrées sur le championnat comme Auxerre ou Montpellier. Est-ce que, à force de vouloir être un grand d’Europe, Lyon ne va pas finir par tout perdre ?

Lyon sort de sa cage

 

La bande à Källström a fini par avoir raison de la bande à Ronaldo (Source : Foot365)

Une mi temps, deux lettres et un numéro

 

Le début du match voit débuter une équipe du Real conforme à sa communication, à savoir suffisante avec quelques erreurs défensives, des gestes techniques d’école, un train de sénateur et des balles perdues. Une équipe du Real déjà fragile mais en face, il y a une formation lyonnaise molle qui joue un 0-0 de Ligue 1 sans pressing, sans mordant et très basse sur le terrain.

Au milieu de ce jardin tranquille jaillit un homme venu d’une autre planète.

Une accélération en tout début de match où il traverse toute la largeur du terrain, puis une trajectoire d’étoile filante sur une passe de Guti, suivie d’une frappe qui transperce Lloris : vous connaissez son nom, vous connaissez son numéro, CR9, Cristiano Ronaldo. En un éclair, il dépose Cris et marque ce but qui rassure d’entrée le Real Madrid à la 6ème minute. La vista de Guti a figé un Olympique Lyonnais décidément timide.

Sur l’ensemble de la première mi-temps, CR9, tel une porsche Carrera sur une route nationale survole le tapis vert à chaque prise de balle, s’illustrant tant individuellement que collectivement avec des passes à une touche de balle lumineuses. D’ailleurs, le Real semble prendre le pli de son catalyseur et fait tourner le ballon face à des Lyonnais qui ont pourtant des occasions de contre mais ne les exploitent pas.

Le problème des Gones réside dans leur insistance à vouloir chercher la profondeur, notamment vers Lisandro et Govou, souvent hors-jeu. L’aisance des Madrilènes fait d’ailleurs perdre son sang froid à Cris qui frôle le carton rouge sur un tacle assassin envers Kaka.

 

Un poteau pour le maudit

 

Même si les Madrilènes ont dominé cette première période, ils repartent au vestiaire avec l’amer sentiment du travail mal fait. En effet, à la 25ème minute, alors que Bernabeu flamboie et attend ce deuxième but salutaire, Gonzalo Higuain, celui qui fuit tous les grands matches du Real depuis qu’il en porte le maillot (un unique but en C1 depuis le début de la saison) se présente seul face à Lloris, le dribble et place un plat du pied…sur le poteau gauche du gardien des Bleus. Deux minutes plus tard, sur une belle action combinée Cristiano – Kaka, le même Higuain place un bon ballon sorti par un Lloris impérial.

Cette action est par ailleurs l’un des seuls faits d’armes de Kaka dans cette première mi-temps ou il se montre sous un jour assez sombre. En vérité, seuls CR9, Guti et Sergio Ramos méritent mention tant les Madrilènes dominent cette première période sans forcer mais sans impressionner non plus. Le Real ne mène surtout que d’un but et laisse aux Lyonnais la chance de revenir, et l’espoir de se qualifier car pour eux, un but suffit.

 

Puel lâche le Lyon

 

Au retour des joueurs, l’entraîneur Lyonnais crée la surprise en sortant Makoun (absent) et Boumsong (blessé) pour faire rentrer Gonalons et Kallstrom. Ce vent de fraîcheur arrive a point nommé alors qu’en ce

début de deuxième mi-temps, les Galactiques ne semblent plus graviter du tout. Toulalan est passé dans l’axe de la défense, rôle qui lui va bien mieux, et laisse un Gonalons plus vif et percutant semer la zizanie dans le cœur blanc de Bernabeu.

C’est d’ailleurs ce jeune gone fougueux qui offre la première grosse occasion du match à son équipe mais sa tête passe au-dessus dans le flottement d’une défense amorphe. Quelques minutes plus tard, l’autre entrant, Kallstrom, perfore côté gauche et sert Govou qui dévisse une frappe du gauche devant le but ouvert. Ensuite, Lisandro prend son tour avec une magnifique frappe de loin qui oblige Casillas a un double direct.

Le ton de cette seconde mi-temps est donnée : le Real souffre et les « lyons » rugissent.

 

Manuel sait faire un bon café…

 

Pendant ce temps là, côté Madrid, à part Cristiano Ronaldo resté sur sa planète pour jouer au football, tous les Madrilènes semblent apeurés, perdus dans cette fosse aux lions. Dans le désordre : Lassana Diarra peine à conduire le ballon, Higuain joue les Belphégor tandis que Guti s’épuise lentement, la palme revenant à Kaka qui, tel Cendrillon a minuit, a soudain vu son ballon d’or se changer en plomb.

Devant ce curieux spectacle qui laisse logiquement préfigurer un but lyonnais, un homme regarde le péplum sans bouger : il s’appelle Manuel Pellegrini. Guti revient de blessure, Kaka semble groggy et Higuain errant, ce qui laisse notre cafetier du soir pantois. Tout juste a t-il l’idée d’envoyer Raul haranguer la foule entre deux foulées, histoire de voir si le mythe n’a pas perdu de sa superbe. On oublierait presque qu’à l’heure de jeu, V2V (traduisez Van Der Vaart) est rentré à la place de Granero.

 

La griffe bosniaque

 

Lyon déroule donc, fait tourner le ballon devant un Real qui s’appuie inlassablement sur CR9, le seul vrai Galactique présent sur le terrain. Comme quoi, davantage que le talent, c’est le collectif qui a changé de côté dans cette seconde mi-temps. Les Gones sont plus insaisissables au milieu de terrain avec cette doublette Gonalons – Kallstrom agrémentée d’un Pjanic qui fait vibrer les supporters à chaque coup franc. Sur les ailes, Govou et Delgado travaillent énormément, tant défensivement que de l’avant et prennent le pas sur Sergio Ramos et Arbeloa. Lisandro, bien qu’esseulé, comprend qu’au lieu de la profondeur, il faut servir de levier.

Et à la 75ème minute, sur un travail en fixation de l’Argentin, le jeune Bosniaque Pjanic scelle le destin des Galactiques par un enchaînement contrôle puis frappe qui mystifie Casillas.

 

Armageddon pour le Real, gloire à Lyon

 

A la vue de ce but tant attendu, Pellegrini fait entrer Raul à la place de Kaka dans un match ou un homme brille par son absence : Karim Benzema. La fin du match est pitoyable pour un Real qui ne parvient même pas à inscrire un second but, et tient son match nul par miracle tant Lisandro nous gratifie d’une blague en fin de match sur un face à face avec Casillas, mettant le ballon dix mètres à côté.

Pour les Galactiques, c’est la fin d’un rêve : une équipe de grands joueurs, un budget faramineux et un échec en huitièmes de finale de la Ligue des Champions (le sixième d’affilée). Le Real s’incline et avec lui le football champagne, paillettes et gros sous qui semble également poindre son nez du côté de Manchester City.

De leur côté, les hommes de Claude Puel passent enfin cette cage des huitièmes de finale qui les emprisonnaient depuis trois ans et évincent l’un des candidats au titre, qui reste, lui, maudit.

Que retenir de ce match si ce n’est la force collective des Lyonnais, leur combativité tant mentale que physique, leur opportunisme et l’intelligence tactique d’un coach.

Est-ce que ce sera suffisant face à Chelsea ou contre Barcelone ? Tout comme Monaco en 2004, l’avenir sourit à Lyon qui pourrait retrouver sur sa route Manchester, vainqueur 4-0 du Milan AC, le Bayern de Ribéry, Arsenal et sa légion française…ou peut-être Bordeaux pour un duel de L1 que personne ne souhaite mais qui serait inédit dans l’histoire de la Champion’s League.

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