La Tribune du Sport


OM – Arsenal : trop de déchet technique

Source : France Info

Source : France Info

Tactiquement, Marseille avait misé sur ses latéraux en attaque et sur son carré magique en défense. L’OM a ainsi bousculé Arsenal au Vélodrome pour cette première journée de Ligue des Champions du groupe F mais s’est incliné à cause de trop nombreuses erreurs techniques (1-2).

 

Ils se sont relayés pour rappeler l’importance des « détails » à ce niveau. Qu’il s’agisse du Marseillais Mathieu Valbuena, de son capitaine Steve Mandanda ou même du manager d’Arsenal, Arsène Wenger.

 

Alors quels sont ces fichus petits riens qui font qu’un club français s’est encore incliné, à domicile, face aux Gunners en Ligue des Champions ? Une 6ème défaite depuis la saison 2000-2001 pour les équipes tricolores. A chaque fois avec un but d’écart.

 

Source : Fox Sports

Source : Fox Sports

Le manque de justesse technique

 

Grâce à un dispositif en 4-2-3-1 très clairement porté sur les flancs (25 centres pour l’OM contre 10 pour Arsenal), Marseille a pourtant dominé outrageusement le club londonien une bonne partie du match. Une très belle générosité malheureusement gâchée par l’approximation dans l’exécution du tout dernier geste.

 

Les Phocéens ressasseront par exemple cette tête, magnifique, d’André Ayew, très légèrement trop croisée sur un centre de Payet (21e).

 

Ou bien ce moment où André-Pierre Gignac claque avec son crâne un ballon provenu d’un corner de la droite avec violence… mais au-dessus (40e).

 

Ou encore, et c’est certainement l’occasion que regrettera le plus l’OM, cette récupération haute de Romao, ce centre qui aboutit sur Rod Fanni. Contrôle parfait du latéral droit français mais sa reprise, puissante, est elle aussi trop croisée (47e).

 

L’ultime regret revient à Gignac lorsqu’un centre de Payet (again !) provoqua une terrible mésentente entre le central Mertesacker et le portier Szczesny. Le ballon leur fila au-dessus de la tête mais Dédé n’en profita pas, battu par un Gibbs bien plus déterminé. C’est le latéral gauche des Gunners qui s’imposa, dans le duel aérien, devant l’ancien toulousain sur sa ligne (60e).

 

Source : Sport24

Source : Sport24

Quatre occasions très chaudes. Pas de but. C’est trop à ce niveau. Beaucoup trop. Marseille avait pourtant fait le bon choix tactique sur le plan offensif et je vous avoue que cela m’a surpris. De prime abord, une charnière Koscielny-Mertesacker (1m85, 1m96) me semble difficile à bouger sur des centres. Eh bien, pas du tout. Ce fut très difficile pour le cœur de la ligne arrière londonienne tout au long du match devant l’activité de Valbuena (99 ballons joués) et les innombrables centres de Payet, A. Ayew, etc.

 

La limite du 4-2-3-1 si les latéraux ne sont pas plus adroits

 

Choisir le 4-2-3-1 comme système permettant de jouer clairement sur les ailes en attaque et de se montrer très solide, dans l’axe, sur les phases défensives, pourquoi pas ? Mais il y a eu une double-limite. La première tient à la technique de Morel et Fanni. Si les deux hommes ne comptent pas leurs efforts, ils sont limités dans le duel. Ils éprouvent bien des difficultés à effacer leur vis-à-vis pour se faciliter le moment du centre. Je pense surtout à Fanni en ce sens (19e, 24e par exemple) mais même Morel qui s’est parfois retrouvé en difficultés face à Sagna (32e).

 

Deuxième limite, la fatigue éprouvée par les deux joueurs en question sur qui le schéma reposait plus que jamais. L’autre jour, je crois que c’est Josip Skoblar qui disait dans L’Equipe que les latéraux sont les joueurs emblématiques du football moderne. Ils doivent savoir tout faire : défendre, se placer, être endurants, centrer, frapper, faire des transversales, anticiper…

 

Si Fanni s’en est sorti de manière assez fluide. Morel a eu quant à lui une partition défensive très difficile à jouer. Rien qu’en première période, il aura été pris trois fois en défaut, dès la 6e minute, Walcott le devance mais Mandanda s’interpose parfaitement bien. Deux fois, ensuite, Sagna, n’aura aucun mal à le déposer avant de centrer. En 2e période, Walcott partira dans le dos de l’ancien Lorientais une première fois sans conséquence (56e).

 

Source : Goal.com

Source : Goal.com

En revanche, la 5ème erreur de Morel aura raison du courage de ses partenaires. Un centre de Gibbs, particulièrement loupé, rebondit juste devant l’infortuné latéral gauche… Du coup, Morel tente de prendre le ballon de la tête. Ledit ballon ricoche sur le haut de son crâne et se transforme en passe décisive pour Walcott qui rodait derrière. Reprise de volée imparable, Mandanda impuissant. 1-0 (65e).

 

Ramsey n’attendait que la sortie d’Imbula

 

Ce qui est rageant, c’est que la première heure de jeu n’avait offert qu’une seule belle situation aux Gunners quand Gibbs avait sollicité le une-deux avec Özil. Talonnade du milieu de la Nationalmannschaft pour le latéral gauche dont la frappe dans la lucarne opposée fit briller Mandanda (53e).

 

Un Arsenal méconnaissable en somme. Ceci à cause d’une remarquable organisation tactique côté marseillais. Un 4-2-3-1, mué en 4-5-1 en défense. Seul Gignac restant devant, Valbuena servant de piston au pressing là où le ballon se trouvait. Un 4-5-1 avec une très belle identité du carré défensif constituée de la charnière centrale Nkoulou-Lucas Mendes et du duo de milieux juste devant Romao-Imbula. Ce carré a contenu à merveille l’animation du quintet d’Arsenal Wilshere-Özil-Ramsey-Walcott avec Giroud devant. Deux rideaux bien denses, bien disciplinés qui ont mis au supplice une équipe pourtant réputée pour son jeu de passes rapides et verticales.

 

Source : Metro.co.uk

Source : Metro.co.uk

Aaron Ramsey est, avec Olivier Giroud, l’homme en forme du début de saison du côté d’Arsenal (5 buts en 7 matchs toutes compétitions confondues). Or c’est précisément Imbula qui l’avait muselé pendant près de 80 minutes. Sorti à la 79e minute (pour un joueur offensif, Thauvin), le meilleur joueur de la Ligue 2 l’an passé a ainsi laissé Romao seul dans les mailles de la redoutable créativité des milieux gunners. Cinq minutes plus tard, Ramsey faussait compagnie à Romao malgré une charge appuyée du milieu international togolais. Nkoulou arrivait trop tardivement et son tacle ne faisait que dévier la frappe du Gallois, la rendant impossible à stopper pour Mandanda, 2-0 (84e).

 

Disons clairement aussi, pour dédouaner Elie Baup au demeurant brillant dans ses choix sur le reste de la tactique, que les joueurs phocéens avaient fourni beaucoup, beaucoup d’efforts lors des 60 premières minutes. Ils ont baissé d’intensité, Imbula est sorti et ils en ont encaissé un deuxième.

 

Le pénalty de Jordan Ayew (1-2, 90+3e), obtenu grâce à l’immense abnégation et qualité de son frère ne fera qu’attiser les regrets d’un OM entreprenant mais trop imprécis dans ce fameux dernier geste. Comme à Toulouse en championnat samedi finalement. Ces fameux « petits détails » qui séparent une équipe régulièrement en Ligue des Champions d’une équipe qui n’a pas manqué les huitièmes de finale de cette même compétition depuis dix ans.

 

Roland RICHARD

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