La Tribune du Sport


Pourquoi le verrou géorgien n’a pas sauté

Ribéry dégoûté face à la Géorgie

Source : Metronews.fr

La France a décroché un nul (0-0) en Géorgie dans le cadre des qualifications pour le Mondial 2014. Un match marqué par la vacuité des Bleus dans le jeu en première période et par un coup de rein tricolore brisé par le portier géorgien en fin de match.

Enfin un centre splendide. Un centre à la hauteur de nos attentes. 91e minute, Mathieu Valbuena adresse un caviar à Olivier Giroud. La tête de l’avant-centre d’Arsenal est parfaite. Mais l’arrêt de George Loria magnifique. Le portier géorgien se couche parfaitement sur sa ligne… Et sur le corner qui suit, Loria va jusqu’à écœurer l’équipe de France lorsqu’il écarte une nouvelle tête, cette fois signée Bakary Sagna.

Un arrêt qui m’a rappelé cette phrase de Pelé au sujet d’un Brésil-Angleterre de 1970 : « J’ai marqué un but, mais (Gordon) Banks l’a arrêté », alors qu’il venait tout juste de piquer sa tête et que le portier britannique avait exécuté l’un des plus célèbres arrêts de l’histoire du football.

Georgia's Guram Kashia chases France's Mathieu Valbuena during their 2014 World Cup qualifying soccer match at the Boris Paichadze National Stadium in Tbilisi

Source : LeFigaro.fr

Bon, ok, Loria n’a pas l’élégance de Banks. Mais tout de même. Ces deux parades spectaculaires dans les arrêts de jeu ont scellé le score d’une rencontre marquée par l’imprécision des Bleus (0-0).

Reprenons Mathieu Valbuena, à l’origine du centre pour Giroud dont on parlait plus haut. Dans un système en 4-4-2 en ligne, le feu follet marseillais a eu toutes les peines du monde à se trouver en première période :

Benzema – Giroud

Ribéry – Guilavogui – Sissoko – Valbuena

Evra – Abidal – Koscielny – Sagna

Lloris (C)

Un peu perdu, le meneur habituel de l’équipe de France a manqué ses centres (comme à la 20e), ses coups-francs centres (33e, 38e) et son unique frappe (33e). Peut-être Valbuena est-il tout simplement émoussé : l’enchaînement des matchs (son 6e comme titulaire depuis le 11 août, club et sélection confondus) fait suite à une longue préparation d’un mois marquée par six matchs amicaux. Bref, Valbuena a tout loupé en première période et même jusqu’à l’heure de jeu.

Mais il faut bien le dire, dans ce 4-4-2 en ligne, l’équipe de France a eu les pires difficultés à évoluer. En premier lieu parce que Benzema et Giroud ont bien du mal à jouer ensemble. C’est un euphémisme (je n’ai pas la stat du nombre de ballons joués ensemble, mais ça n’est pas gras). Tout le contraire du duo Benzema-Ribéry, à l’origine de la première action chaude française du match, ponctuée d’une frappe à côté du Bavarois (12e).

Sissoko GéorgieEn second lieu, les absences conjuguées de Pogba, Matuidi, Cabaye et Kondogbia (blessé de dernière minute) ont grandement pénalisé les Bleus. On peut même ajouter celle, certes moins surprenante, de l’éternel forfait, Abou Diaby. La France a donc souffert pour perforer le rideau géorgien. Le magpie Moussa Sissoko (n°18 et remplaçant de Kondogbia) est une belle sentinelle devant la défense mais il ne faut pas lui demander de faire une passe verticale de vingt mètres. Et même les relances en hauteur… Sa première tentative à destination de Giroud intervint bien tard (67e) et termina… en sortie de but.

Avec ces trois éléments (l’absence d’entente Benzema/Giroud, la méforme de Valbuena et l’absence d’un vrai créateur dans l’axe au côté de Guilavogui), la France a donc trainé sa peine en première période. Sauf à la 28e minute. Lorsque Benzema se retrouvait seul devant Loria et lui tirait dessus (28e).

Un 4-4-2 totalement inefficace en raison de centres ratés

Si l’on prend la base du 4-4-2 en ligne, il a normalement pour objectif d’étirer le bloc défensif adverse. Idéal donc face à une équipe regroupée dans sa moitié de terrain comme le fut le Géorgie. Le manque de verticalité (patent en dépit de quelques tentatives de Guilavogui) devait donc être comblé par la percussion des ailes. Valbuena perdu, le flanc droit a été principalement occupé par Sagna dont les centres furent tous manqués (2e, 10e, 23e). A gauche, c’était à Ribéry de faire le boulot. Mais là aussi, l’enchaînement des matchs a semblé peser sur le meilleur joueur européen de l’année, pas mauvais en première période mais fantomatique en seconde.

Benzema sort à l'heure de jeu face à la Géorgie

Source : Eurosport.fr

A l’issue de la première période, les Géorgiens se sont mis à croire à leur bonne étoile. Et il s’en fallut d’un cheveu, ou plutôt d’une main ferme de Lloris, puis d’un poteau, que Tornike Okriashvili n’ouvre le score (49e).

L’équipe de France mit près de dix minutes à retrouver ses esprits en deuxième période avec un nouveau centre manqué de Valbuena (56e). Nouvel échec juste avant une jolie passe expédiée dans la surface… avec seul Giroud présent dans les 16 mètres pour courir après le ballon (56e).

Un énième essai raté de Valbuena me fit rire jaune (57e) avant que le premier centre français atteigne enfin sa cible à l’heure de jeu ! C’est peu pour un 4-4-2. Sagna délivrait un bijou pour Benzema mais le Madrilène manquait complètement sa tête. C’en était fini de lui. Après 61 minutes sur le terrain et 1216 minutes de jeu sans marquer, le Madrilène alla s’installer sur le banc au profit de Gignac, actif mais un peu brouillon le reste de la rencontre.

A ce moment du match, la France prit peu à peu la mesure de son adversaire (enfin !). Mais Valbuena cafouillait (68e), Evra loupait son tir de l’extérieur (70e) et Giroud tirait bien à côté (75e). Un peu de frustration, d’énervement. Deschamps tenta le tout pour le tout, peut-être un peu tard (78e), en faisant rentrer Nasri (à la place de Guilavogui). Il passa ainsi les Bleus en 4-1-4-1 avec Giroud seul en pointe, Gignac à droite, Valbuena-Nasri dans l’axe, Ribéry à gauche et Sissoko seul derrière.

Giroud à genoux Géorgie France

Source : Eurosport.fr

En quinze minutes, la France allait alors se procurer quatre occasions franches. Ribéry d’abord pour un éclair dans le désert mais sa frappe du gauche était en plein sur Loria (84e). Koscielny de la tête, ensuite, sur un coup-franc léché de Nasri mais à côté (87e) avant les deux têtes en fin de match repoussées par le dernier rempart géorgien, devenu forteresse infranchissable dans un stade surchauffé.

L’Espagne n’avait réussi à faire tomber les Géorgiens qu’à la 86e minute. Pas la France qui repart de Tbilissi avec un nouveau match sans victoire, le 5e de suite ! 5e match consécutif sans marquer le moindre but. Mardi, il faudra gagner en Biélorussie, le dernier du groupe, non plus pour espérer décrocher la première place, promise à l’Espagne (victorieuse en Finlande 2-0 hier soir), mais pour essayer de faire partie des meilleurs deuxièmes de groupe et espérer les barrages, devenus brusquement un soupçon plus incertains.

Publicités

Une Réponse to 'Pourquoi le verrou géorgien n’a pas sauté'

Subscribe to comments with RSS ou TrackBack to 'Pourquoi le verrou géorgien n’a pas sauté'.


  1. […] Pourquoi le verrou géorgien n’a pas sauté […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :