La Tribune du Sport


Manchester-Arsenal (2-1) : différence de concentration et donc de constance

Van Persie ne célèbre pas son but (Source : TeamTalk)

Les Red Devils se sont imposés 2-1 à Old Trafford face à des Gunners plombés par les errances de leur charnière centrale (10ème journée).

 

Van Persie assomme ses anciens partenaires

 

Manchester United-Arsenal, c’était bien sûr les retrouvailles de Robin Van Persie avec ses anciens coéquipiers londoniens. Transféré à l’été chez les Red Devils (pour plus de 30 millions d’euros), l’international néerlandais n’a d’ailleurs pas tardé à se mettre en avant. Comme le week-end passé à Stamford Bridge face à Chelsea où sa frappe sur le poteau avait été finalement détournée dans les buts de Cech par Luiz dès la 4e minute, Van Persie ouvre cette fois le score une minute plus tôt sur une cagade de Thomas Vermaelen… Le défenseur central belge s’emmêle les pinceaux sur un centre de Rafael et repousse sur Van Persie qui frappe sans contrôle du droit à l’entrée de la surface… 8ème but pour lui et 1-0 pour Manchester.

 

Au-delà du but mancunien, c’est la structure même du but qui m’intéresse ici. Comme la semaine passée, Manchester (en 4-4-2 en ligne) a construit ses actions selon deux schémas. Face à une équipe en 4-3-3 (et donc regroupée dans l’axe) le premier de ses deux schémas, naturel, a consisté à utiliser les ailes. Le second, constitutif de l’identité mancunienne (utilisé pour le reste du match) était de chercher Rooney, principalement dans l’axe, pour s’en servir comme orientateur du jeu.

 

Je dis naturel pour l’utilisation des côtés car les ailiers (ici Podolski et Ramsey) ont rarement l’envie de fournir les efforts défensifs nécessaires à l’équilibre du schéma. Ou du moins peuvent-ils être pris en défaut de manque de concentration en début de rencontre. Ce fut le cas ici. On peut donc fustiger une certaine naïveté chez les Gunners d’Arsenal qui se sont faits surprendre de la même manière que Chelsea, sur le côté droit, dès le début du match. Mais à la différence des Blues, Arsenal n’a pas plié deux fois en moins d’un quart d’heure.

 

Un pressing remarquable mais finalement inutile

 

L’orage des dix premières minutes passé, les Gunners ont progressivement mis en place leur schéma de récupération, redoutablement efficace et extrêmement usant pour United. Leur 4-3-3 ne comptait aucun vrai milieu défensif (Arteta en position de sentinelle est un milieu polyvalent), c’est donc un pressing de tous les instants qu’Arsène Wenger avait choisi de mettre en place. Un pressing destiné à contrarier la mise en place du jeu mancunien fait de redoublements de passes (avec pour pierre angulaire Wayne Rooney en position de neuf et demi).

 

Arteta à lutte avec Rooney (Source : Dailymail)

Mais malgré la qualité de ce pressing avec des lignes très resserrées et un bloc évoluant très haut, ce sont bien les Red Devils qui se sont procurés les meilleures occasions dans ce match. Notamment grâce à la fluidité de leur collectif, grâce au duo Rooney/Van Persie capable de décrocher au milieu de terrain pour se projeter ensuite devant le but mais aussi à la faveur d’une remarquable aisance technique. Je pense notamment à cette action de Cleverley parti comme une flèche sur l’aile droite dans le dos du premier rideau (35e) après une série de passes incroyables dans un tout petit périmètre.

 

Le match s’est globalement équilibré malgré tout après le premier but jusqu’à cette action d’Ashley Young dont le centre côté gauche atterrissait sur la main de Santi Cazorla. Pénalty… manqué par Rooney (45+1e).

 

De l’autre côté, seul Olivier Giroud à la réception d’un corner de Cazorla aurait pu réellement faire mal aux Mancuniens. Mais c’est de l’épaule et non de la tête que l’ex-Montpelliérain frappait à côté (39e).

 

Les errances de l’arrière-garde sont bien la seule constante de cet Arsenal

 

Au retour des vestiaires, nouveau manque de concentration hallucinant et nouvelle bourde monumentale de Vermaelen qui laisse filer Van Persie dans son dos… l’international néerlandais adresse un caviar de l’extérieur du gauche à Luis Antonio Valencia plein axe mais l’Equatorien manque totalement sa frappe (46e)…

 

Van Persie taclé par Podolski (Source : Dailymail)

A la rue dans l’engagement en ce début de deuxième période, Arsenal est tout près de voir Manchester faire le break mais Mickaël Carrick conclut une série d’occasions rouges d’une frappe lointaine non-cadrée (47e)…

 

Bien décidés à ne pas être seulement les faire-valoir des hommes de Ferguson, les Gunners se réveillent enfin, mettent du rythme et proposent des solutions au porteur de balle comme sur cet appel dans la profondeur côté gauche du latéral André Santos… Malheureusement pour Arsenal, le Brésilien manque totalement son centre (56e). C’est l’occasion de dire que l’absence de Kieran Gibbs au poste de latéral gauche s’est fait cruellement sentir, et ce dans tous les compartiments du jeu. Santos n’a pas réussi grand-chose face à Manchester.

 

Je m’arrête un instant sur la faculté qu’Arsenal a eu d’être tout au bord du précipice pratiquement toute la rencontre et en même temps de régulièrement faire mal à son adversaire. C’est d’ailleurs une singularité des joueurs d’Arsène Wenger : un manque de rigueur défensive allié à une remarquable faculté à générer des situations dangereuses offensivement. Tout cela doublé de cet orgueil débordant qui fait que les joueurs de Wenger continuent de jouer et d’attaquer comme s’ils évoluaient à l’Emirates à chaque match.

 

La défense de Manchester (12ème d’Angleterre avec 14 buts encaissés) est d’ailleurs toute proche de donner raison aux Londoniens lorsque Giroud trouve le temps, à six mètres des buts de De Gea, de se retourner pour frapper en pivot (54e).

 

Evra devance Vermaelen (Source : Dailymail)

Mais les Red Devils le savent. Ils ne peuvent pas se permettre de dominer en faisant le jeu face à une équipe de nouveau efficace au pressing. Ils procèdent donc par contres, profitant de la léthargie de la charnière Vermaelen-Mertesaker… Une lenteur mise en exergue par une énorme occasion de Van Persie (en position de hors-jeu) trouvé dans le dos de la défense. Sa frappe du gauche est repoussée par Manone en corner (66e)… et c’est sur ce corner que Rooney combine avec Young pour finalement expédier un bijou, entre Mertesaker et Vermaelen, à destination de Patrice Evra… Le Français marque à nouveau de la tête après sa réalisation face à Newcastle (le 7 octobre dernier)…

 

Là encore, la passivité de la charnière centrale d’Arsenal (fragile depuis des années) est indigne d’un match de ce niveau… Car les deux hommes ont laissé le capitaine de Manchester entre eux mais aussi… Van Persie (cf. photo ci-dessus), 2-0 (67e).

 

A dix, les Gunners se montrent enfin concentrés et rigoureux

 

De compliquée, la mission devient impossible avec l’expulsion de Jack Wilshere pour deux cartons jaunes reçus stupidement à deux minutes d’intervalle (69e et 70e). Paradoxalement, c’est à ce moment-là qu’Arsenal a retrouvé sa pleine rigueur au plan défensif, traduite par une belle coordination entre les premier et deuxième rideaux. Cette mécanique enfin huilée met d’ailleurs Van Persie et Anderson hors-jeu lors de leurs buts respectifs (77e et 80e).

 

Arsène Wenger (Source : Bleacherreport)

Mais si la victoire de Manchester United est finalement logique (nettement plus d’occasions franches et une équipe nettement moins souvent mise en défaut défensivement), Arsène Wenger doit s’interroger sur ce qu’il peut faire pour rehausser le niveau de son équipe régulièrement battue (et parfois humiliée) au cours de ces crunchs avec les membres du Big Four.

 

Clairement, la solution passera par l’achat d’un libéro de très haut niveau. Si Per Mertesacker est clairement le stoppeur qu’il fallait aux Gunners, Vermaelen n’a jamais eu le niveau sur la distance (c’est-à-dire sur une saison) depuis son arrivée à l’été 2009. Koscielny est encore trop inconstant et même sanction/jugement pour Djourou… Gagner ou tenir un score pour Arsenal dans ce genre de rencontres dépend (beaucoup) trop de la bonne forme du jour de sa charnière centrale. C’est anormal à ce niveau d’exigence…

 

Heureusement, Santi Cazorla brille de mille feux offensivement (il est un peu le pendant de Rooney côté mancunien). Son 3ème but de la saison en toute fin de match (90+5e) vient donc récompenser son incroyable volume de jeu (son abattage défensif et sa créativité en attaque).

 

United s’impose 2-1 en impressionnant surtout par son adaptabilité au schéma adverse. Ce Manchester aura d’autant plus d’avenir lorsqu’il pourra recomposer sa charnière Ferdinand-Vidic (le Serbe reviendra de blessure en fin d’année). Mais il a déjà le mérite de gagner des matchs décisifs pour le titre (Chelsea la semaine passée, Arsenal ce week-end). Ainsi, les Red Devils restent sur 4 victoires de rang en championnat quand Arsenal n’a gagné que deux de ses six dernières rencontres en Premier League. Un écart de constance qui se répercute au classement où Man U compte neuf longueurs d’avance sur les Gunners après seulement dix journées de championnat…

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