La Tribune du Sport


Victoire par panne d’essence

Posted in Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache sur 29 juin 2010

La première fois peut faire mal…

Source :orange.fr

Ce match est marqué par un événement historique qui risque de glacer les deux formations : jamais le Paraguay ni le Japon n’ont atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde. On s’attend donc à deux équipes prudentes et appliquées qui se contenteront davantage d’un 0-0 que d’une défaite.

Et pourtant, pour ce match à très gros enjeu, le coach paraguayen a réservé à ses adversaires une surprise tactique assez osée : un 4-3-3 très offensif avec Santa Cruz et Benitez sur les côtés, Barrios pointant dans l’axe. En l’absence de Contreras, suspendu, Gerardo Martino fait confiance a Ortigaza pour stabiliser le milieu de terrain.

Nullement impressionné par l’idée d’une qualification, il compte donc bousculer d’entrée cette formation nippone d’ordinaire très en place et procédant en contres. Takeshi Okada a d’ailleurs renouvelé le onze de départ des groupes et se prépare à un nouveau match sur le même schéma. Les Japonais ne semblent pas avoir peur d’attendre le bon moment pour marquer.

Pronostic de l’inspecteur Derrick : 0-0 et épisode dans la foulée par lassitude.

Honda contre Vega

Le premier quart d’heure ne fait nullement mentir ce constat tactique et ressemble à un combat du nouveau Street Fighter entre celui qui se protège et celui qui teste ses coups…rien de bien alléchant.

Comme ils l’avaient fait en groupe, les Japonais laissent d’abord les reines du match à l’équipe adverse, histoire de tester les forces en présence. De leurs côtés, les joueurs paraguayens découvrent ce nouveau système et revoient leurs automatismes.

Source :lequipe.fr

Une fois ce premier quart d’heure de rodage passé, les rouges et blancs passent enfin à l’attaque par Barrios. Servi dos au but à l’entrée de la surface côté gauche, il dépose Nakazawa d’un contrôle orienté et frappe à bout portant sur Kawashima qui repousse le ballon.

Dans la foulée, le Japon par l’intermédiaire de Matsui envoie un missile sol-air aux vingt-cinq mètres qui s’écrase sur la barre d’un Vilar quasiment lobé. L’occasion est belle mais elle montre également les difficultés qu’ont les Japonais à entrer dans la surface adverse…ce qui ne les a jamais empêchés de gagner.

Le rythme s’intensifie mais ce tir de semonce nippon a montré aux Sud-Américains qu’ils devaient se méfier. De fait, ils prennent leur temps et gardent la possession de balle, évitant ainsi de concéder un coup franc meurtrier.

Les Japonais, de leur côté, feraient mieux d’éviter les corners, chasse gardée du grand (par la taille) Santa Cruz. La preuve à la 28ème minute où il s’illustre du pied droit après un second centre de Morel, mais tire à côté.

Dans le dernier quart d’heure, et puisque le Paraguay ne semble pas si dangereux, le Japon se découvre. Honda commence son travail de pointe mouvante et les ailes se déploient. Le talent à la teinture rousse et au nom de moto (ce qui fait bien rire TF1) déclenche sa première frappe à la 40ème minute mais celle-ci passe très près du but de Vilar.

Endo aura deux coups-francs dans ce labs de temps, mais ils ne donneront rien de bien probant, à chaque fois repoussés par la garde rouge et blanche.

Un double Tetris !

En deuxième mi-temps, la défense japonaise commence à se distendre face à l’écartèlement du jeu paraguayen. Mais ils se fatiguent à force de ne pas trouver la faille et doutent au fil du temps. Les Japonais continuent d’attendre, sûrement dans le but de

Source : RMC.fr

fatiguer les adversaires. Takeshi Okada dévoile peu à peu sa stratégie : emmener le Paraguay vers un long voyage. Les deux équipes s’illustrent sur corner (Riveros 59ème, Tanaka 62ème) mais ne parviennent pas à marquer.

Au fur et à mesure, les organismes fatiguent et les Paraguayens semblent logiquement les plus touchés. Ils multiplient les coups-francs dans la boite depuis le rond central et ne construisent plus que par vagues creuses.

Malheureusement, les Nippons paraissent eux aussi éprouvés et ne trouvent plus les gestes justes dans leurs actions.

Par intervalle, les deux équipes avancent comme des carrés de Tetris mais ne trouvent pas les bons emplacements pour combiner, s’entrechoquant à grands renforts de fautes.

A la 80ème, ça sent déjà les tirs aux buts. Okada n’a fait qu’un changement, Martino en a fait deux, se tournant encore et toujours vers l’offensive avec l’arrivée de Baretto à la place d’Ortigaza. Quant au coach japonais, il ne tarde pas à faire rentrer Nakamura à la place de Abe pour imiter son homologue.

Source :orange.fr

Le reste du match se déroulera prudemment, les deux équipes ne voulant pas perdre l’occasion de marquer l’histoire sur une erreur.

Nous n’avons donc pas grand-chose à se mettre sous la dent des deux côtés et d’ailleurs les commentateurs eux-mêmes ont du mal à enflammer ce match qui s’arrête dans l’indécision générale.

Pendant ce temps-là, notre ami Horst Tappert tente d’appeler France Télévisions pour signaler qu’il est prêt à prendre le relais…mais sans succès.

A l’usure du cuir…et de la télévision.

Le Japon lance la deuxième phase de son plan : accélérer le jeu dès le début de la prolongation. Cependant, on sent bien que les deux formations perdent en intensité et en précision, tant sur le plan défensif qu’offensif. Le Japon se trouve d’ailleurs pris à son propre piège et recule.

Les attaques paraguayennes sont toutefois molles et confuses, à l’image de la tête de Barrios à la 94ème, du duel perdu par Valdez contre Kawashima à la 96ème et ce but tout fait à la 100ème où tous les attaquants guaranis se tiennent par la main dans la surface avant de mettre un high kick au ballon, qui passe lamentablement au-dessus.

Seul danger provoqué par les Nippons, un coup franc croisé de Honda presque coupé par Nakazawa à la 98ème.

A la 105ème, Okada fait son troisième changement pour apporter un peu plus de jus devant : Tamada remplace Okubo.

Quelques minutes plus tard, Mr De Bleeckere commet sa première faute d’appréciation lorsqu’il n’accorde pas un coup-franc aux Japonais à l’entrée de la surface pour un tacle assassin, préférant même retourner sa décision en faveur des Paraguayens au lieu de revenir à la première faute. A cette minute, cette décision prend un caractère crucial. En effet, les coups de pieds arrêtés restent les seules solutions pour marquer tant la construction de jeu piétine des deux côtés.

Mais les Japonais ont quelques friandises dans leurs paniers, ils manquent de tuer le match sur un centre d’Okazaki qui efface Vilar…mais ne trouve personne.

Malgré quelques occasions, cette deuxième période ouvre la voie à la première séance de tirs aux buts de cette Coupe du Monde 2010.

Adieu, monde cruel…

La séance de tirs aux buts se lance pour un moment historique :

Baretto place son tir dans le coin droit du but de Kawashima qui avait plongé du bon côté.

Endo prend à contre-pied Vilar sur son côté gauche.

Barrios met un beau plat du pied à ras du poteau de Kawashima qui effleure pourtant le ballon.

Hasebe met un joli tir en force côté droit, juste au-dessus de Vilar.

Riveros prend à contre-pied Kawashima qui plonge du mauvais côté pour la première fois.

Komano prend deux pas d’élan pour frapper la balle en pleine transversale. Avantage au Paraguay !

Source :lequipe.fr

Nelson Valdez permet à son équipe de faire le break en menant 4 à 2.

Honda place la balle au centre de la cage et offre un sursis à ses coéquipiers.

Cardozo tire sans pression et trompe Kawashima pour la victoire du Paraguay qui accède aux quarts de finale.

Le Japon quitte cette Coupe du Monde, tout comme la Corée du Sud, mais peut être fier de son parcours.

Le Paraguay a donc marqué cette histoire et rejoint l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay. L’équipe pourra retrouver Contreras mais elle ne se réjouit pas pour autant.

La finale de 2006 s’était terminée aux tirs aux buts, tout comme le huitième de finale entre l’Ukraine et la Suisse. En quarts de finale, l’Ukraine s’était inclinée contre l’Italie championne du monde 3-0. On peut dire que ce destin ne favorise pas le Paraguay qui marque l’histoire mais sort également marqué physiquement par la confrontation. A l’inverse, l’Espagne et le Portugal espéreront marcher sur les pas de la Squadra version 2006.

Source :orange.fr

Nous vous disons donc à ce soir sur la Tribune du Sport, en espérant que l’inspecteur n’ait pas d’autres enquêtes à faire !

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